MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 

Les lignes du destin (suite 2) 10 janvier, 2011

Classé dans : LES LIGNES DU DESTIN,RECITS - EXTRAITS — michelehardenne @ 12:00

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Ce regard gris que j’avais croisé dans cette rue Des petits carreaux à Paris, il m’apparait dès que je ferme les yeux.

Mon esprit me rend fidèlement les traits du visage de cette femme, sa voix est restée dans ma mémoire aussi douce et claire que lorsque je l’ai rencontrée.

Je n’ai rien oublié, tout ce qu’elle  m’a dit sur moi est toujours présent en moi.

Mes notes prises en soirée et transcrites sur mon pc ne reprenaient que les grandes lignes de ma journée.

Mais les détails, mes yeux les ont absorbés, mon esprit les a assimilés et, c’est nuit après nuit, que je revis notre rencontre.

Je la revois me regarder lorsque j’arrive dans cette petite rue, elle donnait l’impression que nous étions deux vieilles copines qui allions nous retrouver.

J’ai d’abord pensé que son regard  et son sourire s’adressaient à une personne qui me suivait et en me tournant légèrement, je vis que je marchais en contre courant par rapport aux autres passants.

Arrivée à sa hauteur, celle aux cheveux blonds m’adressa un sourire et me stoppa dans ma marche.

C’est alors que Magda me sortit les mains que j’avais dans les poches de mon manteau et qu’elle les serra entre les siennes.

Je m’attendais à ce que ces femmes me réclament de l’argent.

Depuis que j’étais à Paris, tellement de miséreux me sollicitaient pour avoir une petite pièce  soit pour se payer un repas, ou une boisson chaude, ou « un logement de fortune « pour la nuit.

Comme tous les gens que je croisais,  j’enfouissais ma tête dans les épaules  et n’osant les regarder en face je poursuivais mon chemin.

Mais, je me suis laissée toucher par cette femme  et  je  l’ai fixée sans détourner mon regard du sien.

Ses mains qui prenait les miennes, au travers de mes gants, j’en sentais la chaleur.

- » Je vois la paix revenir dans ton coeur…

Cette première phrase me donna l’envie de sourire, elles devaient probablement toutes commencer de la même façon.

Une femme seule marchant au centre d’une rue piétonnière, ne s’intéressant pas aux commerces situés sur sa droite et sa gauche et regardant le haut des bâtiments à la recherche d’une quelconque plaque indiquant où elle se trouvait, devait paraître suspecte, être une proie facile.

Puis, Magda me parla de mon fils, elle avait une chance sur trois de ne pas se tromper; j’aurais pu ne pas avoir d’enfants, ou peut-être  en avoir plusieurs dont une fille mais j’ai bien un  garçon unique et elle avait insisté sur « ton fils ».

Elle ne me posait pas de questions, je n’émettais aucun son, seul quelques muscles de mon visage remuaient au fur et à mesure qu’elle me parlait.

Ensuite, elle en vint à me lire les lignes de la main.

J’étais en confiance, je vivais une nouvelle expérience humaine.

Cette femme attisait autant ma curiosité, qu’elle me fascinait.

 D’une part, de par l’activité qu’elle menait dans la rue – elle n’avait pas l’air d’une mendiante mais plutôt d’une mère de famille, la cinquantaine qui aurait pu distribuer des prospectus, ou d’une de ces rabatteuses que l’on peut trouver devant certains commerces ou restaurants – que par les phrases qu’elles débitaient de sa voix douce aux intonations régulières avec ce petit accent chantant.

Je la laissais me caresser la paume de la main gauche avec l’index de sa main gauche, à l’ongle soigné et verni et auquel elle portait une large alliance qui avait dû être trop grande pour son annulaire. Sa main droite servait de support à la mienne.

Elle me parlait de la ligne de vie, qui pour moi n’était jamais qu’un pli au centre de ma main.

-  » Tu ne dois plus t’inquiéter, ta ligne de vie est longue, elle a été interrompue, là tu vois, ta maladie ne reviendra pas, plus comme ça,  si elle doit revenir ton corps est préparé et ce n’est pas elle que tu dois craindre…mais maintenant tout va bien, tu connaîtras tes petits-enfants… ».

Magda avait relevé la tête et ses yeux se mirent à nouveau à sonder les miens, non pas comme si elle cherchait une approbation de ma part dans ses dires, mais comme si elle voulait que ses paroles entrent par mon regard.

Rien que d’y repenser , là maintenant,  je souris.

Je ne lui ai rien dit, mais Magda n’avait pas tort dans sa lecture de ma main, je suis allée à Paris parce que je savais que des rêves que je n’ai pas  pu faire à un moment de ma vie,  je pouvais maintenant les réaliser sans crainte.

Oui, je vais bien et j’aime la vie !

(à suivre)

 

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