MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 
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Le champ d’orties. 30 janvier, 2011

Classé dans : DESSINS FUSAIN,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 16:23

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Le champ d’orties 

Un jour que je me promenais à la campagne, j’aperçus dans une prairie un magnifique cheval.

L’étalon avait fière allure ; sa crinière dans les tons de miel prenait les reflets du soleil, sa robe couleur chocolat mettait en valeur les formes musclées de sa croupe et de son flan.

Sur ses longues jambes l’animal s’approcha de la barrière où je me tenais. Il avait l’air d’un géant.

Je lui tendis la main, histoire de faire connaissance, il s’en approcha et son naseau humide et froid la toucha.  Puis, il pencha sa grosse tête et me laissa la caresser.

Les cheveux, qu’il avait devant les yeux, étaient aussi doux que la soie, et au fur et à mesure de mes caresses, il étirait son cou aussi long qu’il le pouvait s’approchant suffisamment de moi pour que je lui donne un baiser.

Je saisissais son visage entre les mains, nos regards se croisaient et sans dire un mot, nous partagions nos émotions.

Chaque fois que je prenais cette petite route, sur le chemin de nulle part, mon ami me reconnaissait et près de la barrière il m’attendait.

Pendant des mois, nous nous rencontrions à l’abri du regard d’oiseaux indiscrets. Sans paroles nous discutions et nous nous comprenions, je lui parlais de ma vie, il me donnait des leçons et je le quittais en déposant sur ses naseaux un tendre baiser.

Et puis, un jour, alors que je m’approchais de lui, mon ami se mit à ruer, il semblait en colère et ne me laissait plus poser mes mains sur la barrière.

Mes visites étaient sans doute trop nombreuses, ou peut-être en avait-il d’autres, de nouveaux amis qui venaient le voir et ma compagnie ne l’intéressait plus.

La dernière fois, je l’ai quitté malheureuse.

Le beau cheval n’est plus dans la prairie, sans doute en a t-il trouvé une autre où l’herbe est plus verte et plus tendre.

La prairie où je vais encore me promener est devenue un champ d’orties, parfois j’y vois l’ombre de mon ami, il me manque…mais chacun poursuit sa vie. 

M.H. 

 

 
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Extrait d’Iris Blanche: suspicion.

Classé dans : RECITS - EXTRAITS — michelehardenne @ 10:32

… 

Ce mercredi, Marc avait été appelé à cinq heures du matin. Une prostituée du centre-ville avait abattu son client. Il sauta du lit, passa à la salle de bains, enfila un jeans et un pull à col roulé.

        Une affaire classique, je te ramène les croissants ! Lui avait-il dit en l’embrassant sur le front.

        J’y compte bien ! Lui avait-elle répondu en remontant la couette sur sa tête.

Iris s’était levée vers la demi de six heures. De la fenêtre de la cuisine, elle regardait le jardin sous son épais manteau de neige blanche. Elle se remplit une tasse de café et se rendit dans le salon. 

De la baie vitrée, elle apercevait sa petite Toyota couverte de neige.

Les voitures qui remontaient la rue semblaient faire du surplace. 

Elle commençait son service à huit heures. Le commissariat se trouvait dans le quartier nord de la ville. Sur route dégagée, elle mettait moins d’un quart d’heure pour s’y rendre. 

Là, il allait falloir déneiger sa voiture. 

Elle allait se rendre à la salle de bains, lorsque son regard s’arrêta sur la table de la salle à manger.

        Marc, où as-tu la tête ?

Le GSM de Marc vibrait sur la petite table. Iris le prit en main, il y avait un message.

Instinctivement, elle appuya sur la touche de lecture du message : « On se voit à midi, je t’aime ».

Iris se laissa tomber sur le canapé et relut le message.

Il était anonyme, seul le numéro permettrait d’identifier le correspondant. Elle consulta le journal des appelants. Le numéro apparut six fois. Elle en consulta le détail : « Chez « Vilvaldi » à vingt heures, je t’aime ».

Le message datait d’hier, mardi.

Marc était rentré vers dix-sept heures et après s’être changé, était reparti vers dix-neuf heures trente ; un homme s’était noyé dans sa baignoire.

Il avait rejoint Iris dans son lit, vers la demi d’une heure.

Le message de lundi lui fit monter les larmes aux yeux : « J’ai adoré notre premier week-end, je t’aime ».

Marc s’était rendu chez Alain, son collègue et copain d’enfance. Il lui avait dit qu’ils iraient faire du ski de fond tant qu’il y avait encore de la poudreuse.

Iris détestait la neige, le froid.

Elle se rappelait si bien ce qu’il lui avait dit ce soir là :

        Nous aurons notre prochain week-end, juste toi et moi, au soleil. Depuis le départ de Jeanne et des enfants, Alain ne va pas bien. Pour son anniversaire, je lui ai fait la surprise, j’ai réservé une nuitée dans une petite auberge, histoire qu’on se retrouve entre hommes.

        Tu as bien fait, il n’est pas de très bonne compagnie ton copain ces temps-ci. Mercredi, il a failli me percuter dans le couloir, il ne s’est même pas excusé.

Iris lui avait préparé sa valise et y avait ajouté une bouteille de whisky qu’elle avait emballée en y mettant une petite carte à l’attention d’Alain :                                               

« La vie commence à quarante ans ! Bonne renaissance ! »

Elle essuya ses larmes du revers de la blouse de son pyjama et lança le portable de Marc de toutes ses forces sur le carrelage.

L’appareil dans une dernière agonie émit un nouveau tremblement. Iris, dans un coup de pied rageur, l’envoya finir sa vie sous le buffet. 

 

 
 

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