MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 
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Les filles de Minahytu : la légende. 20 juin, 2011

Classé dans : RECITS - EXTRAITS — michelehardenne @ 20:41

Les filles de Minahytu : la légende. dans RECITS - EXTRAITS bigban10 

Minahytu : la légende

… 

Son histoire, transmise de génération en génération, racontait que Minahytu provenait d’une contrée en aval du Nil.

Son peuple cultivait la terre.

Le sol était fertile, grâce aux nombreuses nappes aquifères qu’il contenait et aux apports de sédiments du fleuve.

Il y avait quatre saisons: quand la première saison commençait, son peuple labourait la terre, la deuxième il semait, la troisième il récoltait, la quatrième il nettoyait et préparait la terre pour la saison suivante.

Ce peuple adorait le Soleil.

Il lui  offrait une partie des récoltes lors de la première et de la quatrième saison, afin qu’il puisse faire profiter de ses bienfaits les autres parties du monde.

Pour eux, le monde continuait de l’autre côté des montagnes, des forêts.

Lorsque le Soleil se montrait moins souvent ou, lorsqu’il partageait sa lumière et sa chaleur avec les autres parties du monde, les arbres de la forêt, qui comme les gens transpiraient, séchaient moins vite.

Le Soleil n’aspirait plus d’un seul coup l’eau que contenait leur corps fibreux.

L’eau les quittait lentement et mettait plus de temps pour le rejoindre. 

Cette eau prenait la forme d’une grosse masse compacte, et avant de le nourrir, retombait sous forme de gouttelettes et retournait à la terre.

Le Soleil les faisait profiter d’un cycle, pour les quatre saisons. 

La contrée était une vallée qui bénéficiait d’une nature luxuriante, il y avait de petits lacs, de vertes pâtures, où les bêtes de somme, les chèvres et les vaches pouvaient paître.

Il y avait aussi des forêts de cèdres, de chênes, de platanes et d’arbres plus hauts encore aux feuillages plus denses et dont son peuple utilisait le bois pour construire l’habitat, pour se chauffer et fabriquer les outils agricoles.

Il y avait de vastes plaines, qu’il cultivait pour se nourrir.

Son peuple ne consommait pas de viande.

Et pendant des millénaires, ce peuple pacifiste, qui restait dans la vallée, déposait les produits de ses récoltes au  Soleil qui leur offrait un cycle, et puis un autre.

Il n’y avait pas de hiérarchie, ce peuple était uni; ils travaillaient ensemble, mangeaient ensemble, les aînés conseillaient les plus jeunes et transmettaient leur savoir, les plus jeunes les aidaient.

La jalousie, la convoitise n’existaient pas.

Ce peuple vivait en osmose avec la nature et les animaux qui prospéraient dans la vallée, chacun donnant à l’autre ses richesses.

Un jour, lors d’une troisième saison, des hommes venus de l’autre partie du monde, descendirent dans la vallée et emmenèrent tous les jeunes , abandonnant les aînés et les nouveau-nés “filles”, ne laissant qu’un bébé garçon.

Ils n’opposèrent aucune résistance.

Les hommes entraînèrent les jeunes gens en amont du Nil.

Après des jours et des nuits de marche, ils arrivèrent dans une vallée où ne régnait que la sécheresse.

Pas de forêt, pas de pâtures à l’herbe verte et grasse, pas de lacs, le sol n’était que terre poudreuse, sèche et brûlante.

Ces hommes ne bénéficiaient d’aucun cycle, ils maudissaient le “soleil Bienfaiteur”, ne lui faisaient aucune offrande, allant jusqu’à le provoquer.

Certains s’attribuèrent des pouvoirs, prétendant être les fils du Soleil .

Le Soleil fut plus généreux que jamais.

Il ne disparaissait plus, ne cédait plus sa place à la nuit et de ses rayons brûlants et destructeurs, les irradia jusqu’a les faire disparaître.

Le peuple de la vallée fut le seurl épargné, mais ne se réduisant qu’à quelques vieillards et des nouveau-nés  ne put perpétuer le cycle.

Il ne savait plus respecter les saisons : la terre n’était plus labourée, il n’y avait plus eu de semis, ni de moissons et plus d’offrandes au Soleil.

Les aînés gardaient espoir et continuaient leur enseignement des traditions dans l’art ancestral de l’agriculture, à ce peuple réduit à une dizaine de fillettes et un seul garçon. 

N’ayant plus de récolte de fruits, de légumes, de céréales, desquels une partie était offerte au soleil pendant la première et quatrième saison, le cycle fut interrompu.

La forêt tomba malade, les terres et les lacs devinrent secs.

Les jeunes filles se rendaient au fleuve, plusieurs fois par jours, pour ramener l’eau boueuse qui servait à abreuver le petit cheptel de vaches et de chèvres.

Les bêtes leur fournissaient du lait, dont elles faisaient du fromage, qui était leur seule nourriture.

Les animaux se nourrissaient des quelques herbes rares et fragiles, qui perçaient la croûte de terre aride et de vieux bois secs provenant de la forêt.

Les animaux tombèrent malades, ils mirent bas des êtres difformes et stériles.

Leur lait, devenu rare, était empoisonné.

Les anciens s’éteignirent, ce peuple était voué à son extinction.

Il ne resta plus que quatre survivants : un jeune garçon et trois jeunes filles, dont Minahytu.

Elle était la plus âgée.

Comme signe de reconnaissance en tant qu’ « aînée » responsable de son peuple, elle portait à l’annulaire droit, un anneau de métal.

Le Soleil , comme chaque matin s’apprêtait à se lever.

Minahytu, dès qu’elle aperçut ses premières lueurs, courut à travers les plaines désertifiées, traversa la forêt de bois mort et grimpa sur la plus haute montagne qui n’était plus qu’un énorme rocher.

À perte de vue, l’autre partie du monde n’était qu’une mer de sable.

Le Soleil avait faim, il avait aspiré toute trace de vie.

Elle se dressa sur le rocher, torse nu, et s’adressa à lui.

Elle voulait qu’il accepte son corps en compensation des dons que son peuple n’avait pas pu perpétuer.

Elle lui lança son anneau, gardant à son doigt une trace bleutée, pour lui montrer qu’elle renonçait à sa vie d’humaine.

Elle le suppliait de lui accorder un cycle, un seul, afin que la vie puisse revenir dans la vallée.

Une lumière blanche, aveuglante, plus forte que jamais envahit le ciel.

La jeune fille du haut du rocher était prête à s’offrir en sacrifice, elle allait sauter et se jeter dans la mer de sable, lorsqu’une boule de feu vint percuter le rocher, la projetant très loin en arrière.

Le rocher éclata, se fendit en son centre et de sa bouche, il recracha des milliers de cailloux incandescents.

Un des cailloux vint toucher le sein gauche de la jeune fille et y laissa une trace noire, un cercle parfait représentant un « Soleil ».

Il l’avait acceptée en offrande puis il disparut faisant place à la nuit.

Des morceaux de la lumière blanche tombèrent avec fracas sur le sable, épargnant la vallée.

Le sable s’enflamma, de l’eau tomba du ciel, éteignit l’incendie et la mer de sable devint un océan. 

M.H.

 

 
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Un petit bonheur.

Classé dans : POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 9:26

Un petit bonheur. dans POESIES, TEXTES images26Un petit bonheur.

Notre rendez-vous matinal est un vrai bonheur, te l’ai-je déjà dit ?

Je travaille en regardant l’horloge qui s’affiche dans le coin droit de mon écran, il va être dix heures.

Je surveille le coin gauche et je vois le petit oiseau virtuel qui bat des ailes pour m’annoncer que j’ai « un message ».

Je clique sur l’oiseau qui se repose sur sa branche et je te lis : « bonjour, un café ?

Je ne résiste pas l’envie de te répondre: « crème-deux sucres, merci !

Et puis, tu me souhaites une bonne journée, de ne pas me tuer au travail et tu finis par « à ce soir ».

Et le soir, mon regard fixé sur l’horloge, j’attends avec impatience le 22:00 qui va s’afficher.

Tu es mon  » ami virtuel « et ce petit bonheur quotidien me fait vraiment du bien, te l’ai-je déjà dit ?

 M.H.

 

 
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L’homme « tomate ».

Classé dans : POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 7:04

 L'homme

L’homme « tomate  ».

Sur la route de mes rêves cette nuit, j’ai rencontré un petit homme sur un vélo.

Il était habillé de rouge et portait un casque de cycliste avec des petites ailes.

Je marchais à mon allure habituelle, il était à mes côtés et ne parvenait pas à me dépasser.

Les roues de son vélo tournaient grâce aux battements des ailes de son drôle de couvre-chef.

Il portait au poignet gauche, une énorme montre qui faisait également office de sonnette et qu’ il n’arrêtait pas de  consulter.

Un « dring dring » s’échappa de l’étrange accessoire, l’homme me montra de son index le ciel puis sortit, d’un sac qui était accroché sur le guidon, un gigantesque parapluie.

Je me mis à rire, j’étais dans mon monde imaginaire et dans mes rêves, il ne pleut jamais !

C’est alors qu’une pluie de papillons bleus se mit à tomber, ils virevoltaient tout autour de nous, nous chatouillant le nez, se prenant dans mes cheveux et les mêlant en tous sens.

L’homme « tomate », à cause de la couleur de ses vêtements et de son petit corps dodu, m’invita à me mettre à l’abri sous le parapluie.

Une fois dessous, je fus prise d’une drôle de sensation, mes pieds ne touchaient plus le sol, un vent frais aux odeurs de guimauve me soulevait, ma robe tout en se gonflant prenait les couleurs de l’arc-en-ciel, je m’élevais .

Je m’étais accrochée au bras de mon nouvel ami, qui n’avait pas quitté son vélo, et me laissait guidée.

Je me sentais merveilleusement légère et je voyais des champs de fleurs rapetisser, la pluie était devenue un nuage et il s’éloignait de nous, quand soudain j’entendis : »il pleuvra toute la journée », « oui, mais ils sont si jolis » répondis-je.

Un rire me fit ouvrir les yeux, le ciel bleu avait fait place à un plafond crème, ma robe de nuit était plaquée sur mon corps, l’homme au parapluie était un grand gaillard qui faisait son noeud de cravate et je n’avais plus six ans .

M.H.

 

 
 

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