MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 
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Le soldat et la danseuse. 19 juillet, 2011

Classé dans : CONTE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 7:42

 Le soldat et la danseuse. dans CONTE 1_200810

Le soldat et la danseuse.

Dans le tiroir d’une vieille armoire, oublié dans le recoin du grenier, j’ai trouvé un écrin de velours aux couleurs délavées.

Cette petite boîte à bijoux, je l’ai découverte en voulant faire du rangement et utiliser l’espace de la penderie pour y mettre les vêtements que j’avais portés la saison passée.

Le tiroir n’avait pas été facile à ouvrir ; le bois en était déformé, depuis le temps qu’il était resté fermé et c’est en passant la main dans le fond de ce caisson, que mes doigts rencontrèrent la boîte en carton recouverte d’un tissu qui avait dû être rouge vif, il y a bien des années.

Assise en tailleur sur le plancher, l’écrin entre les mains, je soufflais dessus soulevant un nuage d’une fine poussière qui se mit à danser dans un rayon de lumière, filtré par la tabatière.

Je souriais et une foule de souvenirs me revinrent à l’esprit.

Je me voyais, dans ma chambre d’enfant, je devais avoir sept ou huit ans, assise sur mon lit et je jouais «  à la danseuse et au soldat ».

Ma petite ballerine, je l’avais découpée dans un papier « steinsbach », sur lequel je l’avais dessinée.

J’avais collé sur sa silhouette de papier un petit morceau de soie bleue ciel, récupéré d’une vieille robe à maman, en guise de corsage et un morceau de tulle provenant de vieux voilages était devenu un gracieux tutu.

Quant au soldat, je l’avais pris parmi une série de « petits hommes » que mon frère collectionnait et qu’il laissait sur une étagère au-dessus de son lit.

Il en avait tellement, qu’un de plus ou un de moins ne se voyait même pas.

Ce soldat de plomb m’avait plu, il avait l’air si malheureux avec son képi tordu et comme il ne possédait qu’une jambe, il ne pouvait rester debout sur l’étagère et devait s’appuyer contre un modèle réduit de voiture métallisée pour rester digne et fier.

Je l’avais vu comme un danseur d’opéra et pour ma danseuse « étoile », il lui fallait un cavalier particulier !

Des journées entières, je les ai faits danser et la petite boîte à bijoux était leur foyer, la nuit, je les y couchais.

En ouvrant l’écrin, une larme me glissa sur la joue, mon couple de danseur y était toujours.

Ils avaient un peu perdu de leur jolie couleur, mais ils étaient toujours côte à côte et en regardant le petit soldat et la petite danseuse de plus près, je remarquais qu’ils souriaient et que leurs mains s’étaient unies.

M.H. 

 

 
 

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