MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 
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Marine et une amitié d’été. 22 juillet, 2011

Classé dans : CONTE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 15:13

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Marine et une amitié d’été.

Ce mois de juillet avait si bien commencé.

Marine était assise sur une souche d’arbre qui avait dû être crachée par la mer récemment ; le bois en était poreux et encore humide.

Elle aimait venir s’asseoir en bord de mer, laissant le vent lui emmêler les cheveux, le sable lui fouetter doucement le visage et l’air… cet air si rafraichissant, riche en sel et aux fortes odeurs iodées qui la grisait, lui apportant tant de sérénité.

Elle avait foulé pour la première fois cette plage au sable blanc et fin, au début de l’été et elle aimait tant venir s’y promener.

Ce jour-là, le soleil en était à son midi et sa générosité était telle que le sable en était bouillant.

Marine avait emporté son déjeuner qui se composait: d’un pain fourré garni d’une feuille de salade, de quelques rondelles de tomates, d’une tranche de fromage, et elle comptait se trouver un emplacement agréable pour improviser un pique-nique en bord de mer.

La plage était recouverte de parasols multicolores, des vacanciers avait pris d’assaut le moindre centimètre carré de sable pour être les plus proches de l’eau salée.

Marine dût longer la plage pour finalement trouver une petite crique désertée, entourée de rochers escarpés, contre lesquels venaient s’échouer les vagues.

Il restait un peu de sable au sec, protégé des embruns par un rocher plus massif qui déposait sur la petite surface une zone d’ombre.

Assise à même le sable, elle mangeait tout en regardant un ciel lavande sans nuage.

Soudain, une silhouette se dessina sur le sable, Marine se retourna et vit un goéland d’une taille impressionnante.

L’oiseau la fixait de ses yeux jaunes et brillants.

La fillette prit un morceau de pain et le lui tendit, il allongea le cou et s’en saisit.

La moitié de la mie fut ainsi partagée, puis le goéland s’inclina, ouvrit ses larges ailes et s’envola.

Chaque jour, Marine se rendait dans la petite baie et son ami ailé l’y attendait.

Elle lui faisait la conversation, partageait de la nourriture qu’elle prenait en plus grande quantité et passait en sa compagnie un peu de l’été.

Mais la chaleur des premières semaines avait été chassée par une nuit d’orage ; le temps s’était rafraîchit, le soleil se faisait discret et la plage fut abandonnée.

Pour rien au monde, Marine n’aurait manqué le rendez-vous quotidien avec son nouvel ami.

Vêtue de vêtements plus chauds, elle se rendit sur la plage et vit, dans le ciel plombé de gris, son ami qui dansait avec les vagues d’une mer plus houleuse.

Elle le salua et d’un grand coup d’aile, il vint se poser sur le sable à ses côtés.

Marine lui lança quelques morceaux de pain, mais ceux-ci furent emportés par la mer.

Le goéland prit alors son envol, monta dans le ciel, fit un demi-tour et plongea dans l’océan pour en extraire les quignons avant même qu’ils ne soient engloutis, puis il venait rejoindre la petite fille qui tout en riant le félicitait et le caressait.

En bord de mer, les nuages gris ne s’installent pas, le vent y est roi et il se plait à les chasser vers la terre.

C’est ainsi que le lendemain, le soleil fit son retour et la plage retrouva toute son animation, ses bruits, ses odeurs d’huile parfumée qui se mélangeait à l’air marin.

Marine retourna à la crique et se mit à observer le ciel, à nouveau azuré, à la recherche de son ami.

Elle l’attendit, jusqu’à ce que le soleil descende sur la montagne, mais cette fois-là, elle ne le vit pas.

Deux, puis trois jours passèrent.

C’était son dernier jour de vacances d’été et comme à son habitude, avec un déjeuner pour deux, Marine se dirigea vers la baie dans l’espoir qu’il serait au rendez-vous et c’est alors qu’elle l’aperçut.

Une petite fille lui lançait des morceaux de poissons, provenant d’un reste de repas.

Le goéland lui lança un regard, puis il se mit à rire.

Marine ouvrit son sac, en sortit un morceau de pain qu’elle lui montra.

Mais l’oiseau se mit à rire de plus belle, tout en se régalant des morceaux de poissons que lui jetait l’enfant.

Marine vit alors à proximité une souche d’arbre, elle s’y assit et regarda l’oiseau s’amuser d’une nouvelle amie qui lui présentait une nourriture plus appétissante que celle qu’elle pouvait lui offrir.

Le goéland ne la regardait plus, elle était devenue invisible.

Marine prit le pain, le découpa en petits morceaux et le jeta à ses pieds.

Les doigts de la mer se traînèrent sur le sable et emportèrent cette amitié éphémère qui disparut du ciel et de la terre.

Il était une fin d’un mois de juillet où une petite fille comprit que l’amitié, la vraie, devait durer plus d’un été.

M.H. 

 

 
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Pensée du jour…22 juillet

Classé dans : PENSEE DU JOUR — michelehardenne @ 6:48

Pensée du jour...22 juillet dans PENSEE DU JOUR images14Je t’envoie par ces ondes toutes les plus belles couleurs de la vie pour qu’elles se mélangent dans une palette de gaieté et dessinent sur cette toile, un sourire d’amitié !

M.H.

 

 
 

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