MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 

Le Pech et l’olivier. 29 août, 2011

Classé dans : CONTE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 8:35

 Le Pech et l'olivier. dans CONTE p1170110

L’olivier.

Le pech, en cette chaude saison, était le premier à bénéficier des rayons du soleil qui dès son lever le baignait de belles couleurs dans les tons orangés.

Cette montagne était caressée par quatre vents et l’herbe qui en recouvrait le sol aride était couchée et jaunie.

Il était difficile d’accéder à ce petit plateau ; il fallait traverser la plaine, quitter la route de béton et s’engager dans des chemins de rocailles.

De nombreux sentiers menaient aux vignobles situés sur des coteaux pleinement exposés et, les ceps tordus, coiffés d’un feuillage riche de vert qui protégeaient les fruits qui commençaient à être mûrs, dans un alignement parfait, invitaient à être traversés.

Après avoir escaladé quelques roches agressives de par leurs côtés escarpés, il fallait ensuite s’enfoncer dans une forêt de cyprès de Montpellier, où le vent n’y était pas invité, se laisser enivrer par les fortes odeurs d’épices qui s’en dégageaient et parcourir des kilomètres dans une nature où aucun chemin n’était balisé.

Martin y avait été amené au début de l’été et pour lui cet endroit avait tout du goût du paradis.

Il s’y était fait rapidement une amie : Mélusine, une palombe au plumage clair de lune, qui prenait plaisir à venir se poser sur l’unique olivier, qui avait poussé en plein centre du plateau et qui fournissait à Martin un peu d’ombre lorsque le soleil, ayant dépassé le zénith, se faisait brûlant.

Pendant que Martin se nourrissait des herbes sèches, participant ainsi à limiter un risque d’incendie dans ce site protégé, Mélusine lui tenait compagnie.

Elle demeurait muette et c’était en s’empiffrant d’herbes craquantes que l’âne lui contait son histoire d’avant, tandis qu’elle l’écoutait.

Martin était heureux et sa joie s’exprimait de bien des façons : il gambadait en sautant au-dessus de jeunes plants de lavande sauvage, donnait à sa voix des intonations théâtrales et surtout se mettait à composer pour son amie ailée de jolis poèmes qui lui étaient inspirés par le souffle des quatre vents.

Mélusine n’était pas sa seule auditrice, parfois des cigales se mettaient à applaudir à la fin d’une stance ou d’un sonnet et des libellules posées sur quelques baies sauvages, tout en battant des ailes, exprimaient leur contentement.

La palombe était séduite et conquise par cet âne poète qui mettait tout son cœur à narrer les sentiments les plus beaux dont il se sentait envahi et qu’il avait tant de bonheur à partager avec son amie.

Dans son envolée poétique, Martin invita Mélusine à partager une valse de mots, puis une autre, tant et si bien  qu’il en était arrivé à ne plus se nourrir.

Le décor du plateau changea, la nature qui s’offrait aux rayons ardents du soleil prenait de plus en plus des reflets d’or.

Les herbes devinrent chaque jour plus hautes et plus sèches, fournissant un abri de fortune pour les insectes qui venaient agrandir l’auditoire de l’âne poète.

Le vent du Sud avait colporté les mots qui chantaient, en une douce mélodie, la beauté sauvage de la montagne, le vent de l’Est avait emporté ceux relatifs aux odeurs de la garrigue, le vent de l’Ouest s’était nourri de ceux qui portent l’espoir et enfin le vent du Nord en avait caressé les plus tendres.

Quant aux mots d’amour, Mélusine les avait saisis et conservés sous son aile gauche, Martin les lui avait offerts comme un bouquet de fleurs aux milles senteurs.

Mais ce jour-là, les nuages se disputaient le ciel et le soleil ne s’était pas montré.

Mélusine avait rejoint son ami et s’était posée comme à l’accoutumée sur l’olivier.

Pendant que Martin lui récitait une de ses compositions, un grondement se fit entendre au loin, suivit par un éclat de lumière qui telle une flèche tirée du ciel, s’abattit sur l’olivier qui se fendit en deux.

Mélusine qui n’avait encore émis aucun son, laissa subitement s’échapper un sifflement tellement strident que les vents qui s’étaient apaisés se mirent à souffler avec force, attisant la lueur de l’éclat et transformant l’olivier en un arbre incandescent.

Martin plongea dans les flammes à l’appel de son amie et c’est ainsi, que depuis plusieurs années, dès les premiers rayons du soleil sur le pech, il est possible de voir une créature d’éther, née de la fusion  d’un âne et d’une palombe, s’accrocher à la chevelure des quatre vents, et d’entendre ces mots qui chantent la beauté de la montagne, de respirer ceux aux senteurs de garrigue et de retrouver le cœur plein d’espoir, une âme de poète.

M .H. 

 

2 Commentaires

  1.  
    FANETTE
    FANETTE écrit:

    Hoooooooo Joli conte, serait ce le début d’unn nouveau livre ????
    Bonne journée
    bisous

    ****
    coucou ma Fanette,

    je pense que je vais éditer un livre sur les petits contes et fables que j’ai écrits, je dois rencontrer en novembre une jeune aquarelliste de mon village qui aimerait participer à son illustration.
    Que de projets…que de projets !
    Je ne manquerai pas de tenir au courant tous les amis qui se sont fidélisés à mes écrits et qu’affectueusement je remercie.

    Plein de gros bisous, mon amie ;)
    ***

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  2.  
    paulstendhal
    paulstendhal écrit:

    Bonjour Michèle,

    Un joli conte bien émouvant, si bien narré, un bel hommage à la nature, celle qui nous entoure, et des celle des sentiments, et l’ombre planante de Cupidon et de Psyché !
    Bravo, Michèle, c’est vraiment magnifique !

    Sincèrement.

    Paul
    ***

    Bonjour Paul,

    merci pour ce joli commentaire, il est vrai que le « Pech  » où pousse l’olivier à de quoi inspirer peintre, photographe, poète et écrivain…tous les amoureux d’une nature qui pousse en toute liberté et qui est protégée.

    Tendre bise.

    ****

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