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Une promenade en forêt. 30 septembre, 2011

Une promenade en forêt
La chaleur s’était installée depuis plusieurs semaines.
Le petit ruisseau, qui aurait dû se dessiner au centre de la clairière, n’était plus qu’un sentier dont la terre argileuse se craquelait et, seules, quelques grosses pierres y exposaient leur ventre coloré.
De l’aube jusqu’au petit matin, la vie dans la forêt s’animait et mille chants l’égayait.
Le lever du jour, était le moment préféré de la petite famille pour quitter le nid, construit dans un des plus vieux arbres de la forêt, afin d’aller ramasser quelques faines, noisettes, glands et diverses graines d’épicéas et de sapins.
Ce matin là, dès que le petit dernier eut quitté le houppier, le ciel se mit à s’assombrir et les oiseaux s’arrêtèrent de chanter.
La forêt se taisait.
La mère se dressa sur ses pattes arrière et tout en poussant de petits cris, elle invita les trois écureuillons à se hâter de la suivre, jusqu’au prochain arbre, où devait être rangée la réserve de provisions.
Les petits, les bras chargés de victuailles, avaient bien du mal à avancer.
Le vent venait de se lever, les fourmis en files organisées s’activaient à se glisser sous les rochers, les lièvres regagnaient leurs terriers.
Tandis que les oiseaux se regroupaient sur les cimes des arbres, prêts à s’envoler, un sifflement strident se glissa entre les plus hautes branches, avertissant le monde de la forêt d’un danger imminent.
L’arbre n’était plus très loin, juste à quelques mètres du ruisseau, de l’autre côté, sur la berge d’en face.
Tous les écureuillons avaient une si lourde charge à transporter, qu’ils ne pouvaient se mouvoir comme à leur habitude, en bondissant.
Ils devaient tenir fermement la nourriture entre leurs pattes de devant et se déplacer en trottinant.
Ils étaient arrivés devant le ruisseau.
Le ciel gronda et les nuages en habit de nuit se mirent à pleurer à grosses gouttes.
Un des trois petits et la mère avaient eu le temps de traverser le fossé et de se mettre à l’abri au creux de l’arbre, laissant deux de ses frères sur la rive opposée.
Le petit dernier qui transportait quelques noix, les laissa s’échapper et elles allèrent se fracasser contre un énorme rocher.
Les gouttes de pluie étaient si grosses, qu’elles éclataient sur le sol et il ne fallut pas longtemps pour que le large sillon devienne une flaque boueuse, puis une marre brunâtre pour redevenir un ruisseau qui rapidement commença à déborder.
Un des deux écureuils prit une branche sur la tête, il s’écroula sur la berge et lâcha les graines qu’il tenait contre son ventre pour les protéger de l’eau.
Le plus jeune ramassa un bout de bois et s’en servi pour attraper deux coquilles de noix qui flottaient et qui se laissaient entraîner par les flots.
Il aida son frère à se relever et lui couvrit la tête d’une des coques.
Les casques, ainsi improvisés, les protégeaient à la fois de la pluie et des branches qui frôlaient leurs petites têtes.
Il leur était impossible de traverser le ruisseau, mais alléger de leurs lourdes provisions, ils grimpèrent le long du tronc d’un arbre et d’un bond parvinrent sur l’autre berge.
Un promeneur qui passait par cet endroit, aperçut deux écureuils volants casqués et trouva que la nature avait bien des leçons à nous donner.
Ainsi, lorsque nous sortons sous la pluie, en forêt, pensons à nous couvrir !
M.H.

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