MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 
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Dans la cour de récré. 21 septembre, 2011

Classé dans : CONTE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 11:35

 Dans la cour de récré. dans CONTE praau10

Dans la cour de récré.

La haute grille est ouverte, il l’a franchi, tête baissée, corps voûté par le lourd cartable qu’il porte sur le dos.

Au fond d’une cour carrée, il y a un préau avec un banc, il le voit, il s’y dirige en marchant sur les dalles de béton.

Il les compte dans sa tête, sur la quarantième il marque un arrêt.

Il est devant un marronnier et il doit le contourner.

Il s’est levé tôt et semble être le premier.

Une large feuille vient se poser sur son épaule.

Il lève les yeux et il l’aperçoit.

Des petits yeux noirs et luisants le fixent.

Tous deux restent immobiles.

Le grand oiseau noir se met à sautiller sur les branches et se rapproche de Pierre.

Pierre se met à reculer et se pose sur la trente-neuvième dalle.

L’oiseau ouvre ses ailes et semble s’étirer comme s’il venait de sortir d’un sommeil, puis il se frotte le bec sur le tronc de l’arbre centenaire.

Pierre se met à sourire et plus la jolie fente sur son visage s’élargit, plus l’oiseau se cogne le bec sur l’arbre.

Dans la cour, le son s’amplifie et se fait musical et rythmé.

Pierre fait glisser son cartable, le dépose sur le sol, l’ouvre et en sort une petite boîte dans laquelle se trouve son déjeuner.

Il arrache d’une de ses tartines, la croûte qu’il ne mangera pas et la tend vers l’oiseau.

Doucement, Pierre, le morceau de pain tenu du bout des doigts, s’assied sur le sol froid, posant son dos contre le tronc et il se met à l’appeler.

La musique cesse et un corps luisant bleu foncé vient se poser à ses côtés.

Pierre arrache des morceaux de la croûte et les lance à l’oiseau qui habilement de son bec acéré s’en saisit.

L’enfant a le regard brillant, il lui parle doucement.

Ils sont tellement proches, qu’il pourrait presque lui caresser le plumage.

Des rires d’enfants font sursauter l’oiseau, qui en prenant le dernier croûton s’envole se réfugier dans le marronnier au feuillage encore épais et qui commence à prendre des teintes rousses.

Pierre se relève, jette un dernier regard dans l’arbre et laisse s’échapper un petit rire.

L’oiseau en sifflant incline la tête.

Au moment, où l’enfant remet son cartable sur son dos, une grande plume noire vient se poser à ses pieds.

Pierre la ramasse et l’enfouit dans la poche de son blouson.

Cette plume, il la taillera et la trempera dans une encre au couleur de l’oiseau et il sait déjà qu’il l’utilisera pour écrire les mots qu’il apprendra à l’école, où il vient de faire sa rentrée.

M.H. 

 

 
 

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