MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 
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Un au revoir pour un beau jour 22 décembre, 2011

Classé dans : MOMENT DE VIE — michelehardenne @ 0:04

 

Un au revoir pour un beau jour dans MOMENT DE VIE retrai10

Un au revoir pour un beau jour.

C’était son dernier jour de travail.

Cela faisait des années qu’il se réjouissait  de mettre une dernière fois sa salopette, de déposer son casque dans l’armoire du vestiaire, et d’inviter ceux qu’il avait côtoyés chaque matin, jusqu’à très tard le soir, à prendre le « pot » de départ.

Ce vingt-quatre décembre, il aurait pu ne pas se rendre à l’usine et aller rejoindre Emilie.

« C’est un jour important, pour toi, vas-y et ne te fais pas de soucis, tout ira bien, je t’appellerais, et puis le médecin m’a annoncé que ce serait pour ce soir », lui dit son épouse en lui tendant une boîte hermétique et un thermos de café.

Cela faisait plus de quarante ans qu’ils étaient mariés, et qu’elle lui préparait son déjeuner et ce fameux café, dont il invitait ses collègues à partager la première tasse de la journée.

Georges était entré à l’usine, pour y être tourneur, comme son père.

L’atelier était son second foyer et ses collègues étaient ses amis, son autre famille. Ils se connaissaient depuis tant d’années, avaient partagé de si beaux moments de vie, que se dire « au revoir » était pour Georges, l’équivalent d’un adieu.

Alors qu’il caressait son tour, après l’avoir nettoyé et graissé, un employé qui se trouvait dans une cage de verre, lui fit signe de se présenter au bureau.

Georges regarda sa montre, il avait encore une heure de travail, avant d’aller prendre une douche et  vider son armoire.

L’employé  tenait un téléphone en main.

Sous le regard surpris de ses compères, Georges grimpa les escaliers de fer qui menaient au bureau de verre. Il entra et prit le téléphone, le rendit à l’employé, puis sortit en s’essuyant les yeux du revers de la manche de son bleu de travail.

Félix et Robert, à peine un peu plus jeune que lui, l’attendaient au pied de l’escalier.

«Et alors, ça y est, tu as eu le grand chef au téléphone, il t’a remercié pour tes bons et loyaux services ? », l’interrogea Félix.

Georges regarda le haut plafond de l’atelier, puis tout en levant les bras, il s’écria :

« Je suis grand-père, alors les gars, je suis désolé de vous annoncer que demain, je ne pourrais pas venir travailler, ni après-demain. J’ai un nouveau métier, je vais enseigner ! ».

 

M.H. (Michèle Hardenne)

 

 
 

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