MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 

Amnésie. 23 mars, 2012

Classé dans : MOMENT DE VIE — michelehardenne @ 11:00

Amnésie. dans MOMENT DE VIE amnasi10

Amnésie 

Eric venait de se réveiller, ses côtes étaient douloureuses et sa jambe droite semblait lui peser des tonnes.

Une femme toute vêtue de blanc, venait d’entrer dans la petite chambre, elle se dirigea vers la fenêtre, leva le store et prit une grande inspiration d’air frais.

« La journée sera splendide, le printemps est vraiment là », dit-elle en lui souriant.

Elle s’approcha d’Eric, l’aida à se redresser en lui glissant un épais oreiller dans le dos, et un autre derrière la nuque.

« J’ai une bonne nouvelle à vous annoncer, cet après-midi vous pourrez vous doucher », lui lança-t-elle, en lui servant un verre d’eau.

Eric caressait sa jambe plâtrée. Elle le démangeait de plus en plus. Il avait bien essayé de se gratter la cuisse avec une revue qu’il avait enroulée, mais l’interstice était étroit.

Il passa la main sur son crâne duveteux, en s’arrêtant sur la cicatrice qu’il avait sur le front.

Eric était arrivé, en ambulance. Plus d’un mois s’était écoulé depuis son hospitalisation.

Il lui avait fallu plusieurs jours pour se souvenir des circonstances de l’accident.

Nuit après nuit, il se voyait au volant de sa voiture, et puis, il y a eu cette moto. Il l’avait aperçue dans le rétroviseur, elle avait accéléré pour le dépasser, il y avait ce grand virage, et le camion qui venait en face.

Trois jours s’étaient passés, le chirurgien l’avait appelé par son nom. Il avait dû le trouver dans son portefeuille, où il rangeait sa carte d’identité.

Lorsqu’Eric ouvrit les yeux, il avait la tête et le torse couverts de bandage, un plâtre lui immobilisant la jambe jusqu’à la cuisse, ne laissant apparaître que le violet de ses orteils.

La prononciation de son nom, à cet instant, lui parut étrange.

Avec le temps, sa mémoire se reconstruisit, des noms, des endroits, des rires d’enfants, des goûters d’anniversaires, des vacances en bord de mer, une jolie femme qu’il embrassait tendrement, toutes ces images s’animaient à nouveau au rythme de son cœur qui battait de plus en plus fort dans sa poitrine.

Eric revenait à la vie, mais il restait bien seul.

Pendant son séjour à l’hôpital, il n’avait eu que la visite du personnel médical.

Que devenaient tous ces souvenirs, les avaient-ils rêvés ?

Dans le tiroir de la table de nuit se trouvait quelques-unes de ses affaires : une montre, une paire de lunettes, un portefeuille, et un téléphone portable.

Il consulta le répertoire qui ne contenait que quelques noms.

L’hôpital avait dû les appeler, mais personne n’était venu à son chevet.

Eric n’avait rien oublié, si ce n’est d’aimer !

 

M.H.(Michèle Hardenne)

 

4 Commentaires

  1.  
    FANETTE
    FANETTE écrit:

    Coucou Michèle
    bin voilà je suis en vrac chez moi alors je passe chez vos d’abord :lo:
    Je viens de me lever et la tradition étant chez moi de faire les blogs en prenant mes deux bols de café je n’y déroge pas
    le soleil brille en Normandie super
    bonne journée
    bisous

    ****
    Bonjour Fanette,

    Je me suis levée tôt, le soleil était là souriant,
    comme un matin de printemps.
    J’ai participé à une conférence professionnelle
    et j’ai passé ce samedi dans les caves d’un hôtel.
    Parti, le soleil, fini l’après-midi !

    Gros bisous.
    ****

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  2.  
    FANETTE
    FANETTE écrit:

    Coucou Michèle
    Hé oui on s’aperçoit souvent quand c’est trop tard qu’aimer est une grande et belle chose
    Et voilà comment on se retrouve seul après
    bonne et douce soirée
    bisous

    ***
    Bonsoir Fanette,

    c’est en ayant cette pensée que j’ai écrit mon texte !

    Gros bisous et belle soirée.

    ****

    Dernière publication sur FANETTE : lll

  3.  
    paulstendhal
    paulstendhal écrit:

    Bonsoir Michèle,

    Il m’en souvient, mais ce n’est pas d’avoir aimé, que notre Eric est devenu amnésique, mais je crois, que c’est de ne l’avoir pas été !
    Merci Michèle, pour ce très beau texte, tout en douceur !

    Tendres bises.

    Paul Stendhal

    ***
    Bonsoir Paul,

    Aimer et être aimé, tout le problème est là !

    tendres bises

    ****

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  4.  
    ALAIN
    ALAIN écrit:

    Malheureusement, il arrive souvent que les accidentés soient oubliés par leurs proches surtout quand leur état est critique !!!
    ARSENE GRISALI

    ****
    Bonjour Alain-Arsène,

    Être hospitalisé est une dure épreuve tant pour celui qui se trouve sur un lit blanc, que pour les proches.
    Mais lorsque l’on s’est volontairement coupé d’une vie sociale et familiale, alors les « choses de la vie » prennent toute leur importance. On pense à son animal qui va être seul dans la maison, au courrier qui ne sera pas ramassé, à la fenêtre que l’on a pas fermé…et qui sera prévenu de cette absence.

    Bises et à bientôt.

    ****

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