MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 
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Le voisin 10 juin, 2012

Classé dans : MOMENT DE VIE — michelehardenne @ 12:56

Le voisin dans MOMENT DE VIE place_10

Le voisin.

Il est dans sa voiture, le feu venait de passer au rouge.

Il est presque dix-sept heures et le soleil est encore généreux.

La vitre légèrement descendue de son côté, apporte un léger courant d’air dans l’habitacle.

Un cabriolet est juste devant lui. La musique va un peu fort, et deux jeunes filles en tenue légère se sont arrêtées sur le trottoir et sourient béatement aux trois jeunes hommes qui les invitent dans le véhicule.

Il serre les mâchoires tout en serrant le volant. Le feu est au vert.

Il klaxonne.

Le chauffeur du véhicule décapoté se retourne et lui montre son majeur droit. Les autres occupants éclatent de rire en le regardant.

« Pauvres abrutis » marmonne-t-il, en jetant un rapide coup d’œil  aux chiffres numériques de l’heure s’affichant au tableau de bord.

Il lui reste moins de dix minutes pour arriver dans sa résidence et occuper la seule place de parking gratuite appartenant à l’immeuble.

Avant, il ne s’en souciait pas. Il se l’était appropriée et aucun de ses voisins n’auraient voulu avoir à lui expliquer que l’emplacement devait rester libre pour les services d’urgence, et qu’un panneau indiquait qu’il était disponible aux personnes handicapées.

Depuis deux ans qu’il occupait le même appartement, il ne connaissait aucun de ses voisins pouvant occuper à titre privilégié, ce petit rectangle tracé à la peinture blanche sur le béton.

Pourtant, la semaine dernière, lorsqu’il revint de son travail, un véhicule rouge venait de s’y stationner.

Une jeune femme, munie de béquilles, ouvrit son coffre et en sortit un fauteuil roulant.

Il était embêté. Sans doute était-elle en visite ?

Il quitta le parking de la résidence et alla garer son véhicule dans une rue voisine. Il s’était mis à pleuvoir.

Rentré chez lui, de sa fenêtre, il guétta la voiture. Dès qu’elle s’en irait, il y mettrait la sienne.

Il était plus de deux heures du matin, lorsqu’il se mit au lit.

Sa nuit fut agitée. Il y avait une nouvelle locataire dans l’immeuble, mais il y résidait depuis plus longtemps qu’elle.

Il n’avait pas envie de la rencontrer, et puis que lui dirait-il ?

Non, il fallait qu’il y soit le premier, avant elle.

Le lendemain, il était en congé. Il avait quelques jours à récupérer.

Il se leva de bonne heure et se mit à la fenêtre.

La jeune femme quittait la résidence.

Il passa un survêtement, et se pressa d’y mettre sa voiture.

La locataire revint vers dix-sept heure quinze. Il l’avait entendue arriver. Elle s’arrêta, puis fit deux fois le tour de la résidence et finit par se garer ailleurs.

Il la vit revenir dix minutes plus tard. Elle semblait avoir des difficultés pour manœuvrer son fauteuil roulant.

Elle passa près de sa voiture, sortit de son sac un papier et un stylo et glissa le petit mot sur le pare-brise arrière.

Il attendit qu’elle disparaisse et alla chercher le billet.

« bonjour, si vous ne voulez pas de mon handicap, pourriez-vous me laisser cette place de parking ? Merci d’avance. Appartement 108 C ».

En voilà une qui a de l’humour, pensa-t-il !

Il chiffonna le papier et le jeta au sol.

Durant toute la semaine, il avait observé et noté les déplacements de sa voisine.

Il venait d’entrer dans le parking de la résidence, une voiture rouge occupait l’emplacement.

En revenant chez lui à pied, tout en pestant, il passa près du véhicule et pu lire sur la vitre arrière, un mot sur lequel était écrit au rouge à lèvres : « qui va à la chasse, perd sa place ».

 

M.H.(Michèle Hardenne).

 

 
 

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