MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 
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Une page d’un livre 17 octobre, 2012

Classé dans : MOMENT DE VIE — michelehardenne @ 7:00
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Une page d’un livre.
 
Christine venait de fermer la porte.
 
Elle avait tiré les trois verrous, poussé du pied un carton remplit de vaisselle qui était au centre du couloir, et jeté sa veste sur le dessus de l’unique fauteuil du petit salon.
 
Sa mère avait vécu dans cet appartement, et maintenant cela faisait un an qu’elle l’avait quitté pour une maison de retraite.
 
Christine et sa sœur s’étaient promises de le nettoyer, de refaire les couleurs sur les murs et de mettre en location, cet héritage familial.
 
Le peu qu’elles en auraient, compléterait la maigre allocation que percevait leur mère.
 
Mais, il y avait tellement à faire pour le rendre libre d’occupation, que les deux femmes ne savaient pas par où commencer. Il fallait qu’elles se débarrasse du mobilier, de la vaisselle, des vêtements, qu’elles jettent les tapis, qu’elles le vident complètement de tout ce qui avait rempli la vie de leur maman. Elle ne reviendrait plus vivre dans cet endroit, et puis sa maladie avait du lui faire oublier tout ce qu’elle y avait vécu.
 
Ce mois-là, leur mère avait été hospitalisée. La première facture relative aux soins qu’elle avait reçus ne pouvait être couverte par l’assurance, et après le paiement de la pension de la maison de retraite, les deux sœurs devaient y aller de leur poche.
 
Marine, l’ainée, était en instance de divorce, ses deux enfants adolescents lui avaient été confiés. Elle s’était inscrite dans une agence pour obtenir un emploi pour des travaux de secrétariat, mais à quarante-six ans, elle avait peu d’espoir d’être sollicitée. Elle ne percevait qu’une rente versée par son mari, pour elle et l’éducation des gamins.
 
Christine avait un bon emploi, cela faisait vingt-cinq ans qu’elle travaillait comme caissière dans un hypermarché. Elle s’y était présentée pour un travail d’étudiant et n’est plus retournée à l’école. Elle s’était installée chez Jean un jour d’été, elle venait d’avoir vingt ans, et y était restée jusqu’à la semaine passée.
 
Si, elle n’avait pas dû raccompagner sa collègue, elle n’aurait jamais aperçu la voiture de Jean dans une allée de graviers menant à une villa.
 
Il lui avait dit qu’il s’absenterait trois jours, qu’il devait se rendre en Allemagne. Jean est autocariste et il était fréquent qu’il parte à l’étranger.
 
Elle apprit de sa collègue, que la voiture appartenait au nouveau compagnon de sa voisine, qu’ils cohabitaient depuis plus de trois mois, et qu’étant représentant en produits pharmaceutiques , il n’était pas souvent là.
Dès qu’elle fut rentrée chez elle, elle prit son portable et appela Jean, il décrocha :
 
-         Bonjour ma puce, un problème ?
-         Où es-tu ?
-         Je suis à Cologne, et je serai de retour demain vers vingt et une heures, tu as une drôle de voix, ça va ?
-         Jean, je viens de voir ta voiture !
 
Il raccrocha, ce fut la dernière fois qu’elle entendit sa voix.
 
Marine lui proposa de venir s’installer quelques jours chez elle.
Christine prit une valise qu’elle remplit d’un peu de linge et de son nécessaire de toilette.
Elle passa la nuit chez sa sœur, elles discutèrent de leurs amours, de leur avenir, de leur maman et de sa fin de vie.
 
Le lendemain, elle prévint son employeur, qu’elle avait des jours de récupération en attente et que pour des raisons familiales elle prendrait une semaine de congés.
 
Elle se rendit chez Jean, emballa son linge, chargea dans la voiture des cartons de livres, et récupéra quelques petits bibelots. Le mobilier, la vaisselle et le contenu des armoires pouvaient toujours se remplacer, elle ne voulait pas s’en encombrer, ils étaient chargés de trop de souvenirs. Elle jeta un dernier regard dans les grandes pièces, puis ferma la porte sans se retourner.
 
Elle avait les clés de l’appartement et s’était mise d’accord avec sa sœur pour s’y installer, en versant une part de loyer.
 
Depuis qu’elle y était, elle l’avait vidé, et n’ avait conservé qu’un vieux fauteuil de style Voltaire, dans lequel elle avait si souvent vu sa mère s’y reposer.
 
Comme pour sa sœur et pour sa mère, Christine tournait une page du livre de sa vie, il lui restait à en écrire la suite !
 
M.H. (Michèle Hardenne)

17/10/2012

 

 
 

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