MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 

Iris Blanche, extrait. 20 janvier, 2013

Classé dans : RECITS - EXTRAITS — michelehardenne @ 8:08

« En quoi va consister mon travail ? l’interrogea-t-elle en enlevant son manteau et en le glissant sur le dossier de la dernière chaise qu’elle avait tirée de l’autre côté du bureau ».

—    Moins de bureau, plus de terrain. Les limiers nous fournissent les notes et nous composons la musique. Votre dossier, concernant Bart et Pravodic, sera les notes. Vous avez une intuition qui fait défaut aux agents qui ont opéré sur ce terrain, rien qu’à voir les rapports et feuillets, vous ne vous êtes pas conduite en fonctionnaire, mais en enquêtrice. Les questions que vous vous posez n’ont pas de réponses dans les constatations faites par nos agents de terrain. Lorsque Darcy m’a contacté hier, pour me demander une copie du procès-verbal de l’agent Perini, vous avez dégoupillé une grenade. Le premier témoin assermenté est la première serrure que l’on force dès que l’on commence une enquête et dans ce dossier les portes étaient fermées et les constats se sont contentés d’observations faites dans des trous de serrure.

—    Vous m’aviez dit que reconnaître une faute professionnelle de ma part aurait incité le juge à faire rouvrir le dossier Pravodic ?

—    Notre juge n’est en place que depuis six mois. Il envisage son avenir en politique, sénateur ou gouverneur pour commencer. Sa réussite dépendra de son habilité à juger. Il doit faire ses erreurs de jeunesse, mais je préfère qu’il les fasse avec des enquêtes dans lesquelles je ne m’implique pas.

—    En quoi cette affaire vous implique-t-elle ?

—    Je suis procureur et j’assure la défense des droits de Jonathan.

—    C’est vous qui avez fait condamner cette jeune femme ?

—    Oui, l’accusation de non-assistance se basait sur des faits. Elle n’a pas fait appel aux secours ou à la police, alors qu’il était chez elle. Les radios du thorax de Bart montraient trois côtes cassées, dont une flottante. Son thorax était soutenu avec une attelle de fortune, ce qui lui a sauvé la vie, car ses poumons en cas de changement de position ou de déplacements auraient été perforés par les côtes cassées.

—    Vous êtes en train de me dire qu’elle lui a apporté assistance !

—    Seul un médecin expérimenté aurait pu lui placer cette attelle, nous l’avons interrogée sur l’aide éventuel d’un tiers, mais elle a refusé de répondre.

—    Peut-être qu’elle possède une formation de médecin, l’a-t-on vérifiée ?

—    Nous attendons toujours confirmation de son identité.

—    Irina Pravodic ne serait pas son vrai nom ?

—    Nous avons fait les tests ADN, nous n’aurons des résultats que d’ici quatre semaines, sauf…

—    Si elle nous le dit spontanément.

—    Prenez votre manteau, nous allons officialiser votre entrée en fonction.

 

 

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