MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 
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Les dames de compagnie 31 janvier, 2013

Classé dans : MOMENT DE VIE — michelehardenne @ 7:00

Les dames de compagnie dans MOMENT DE VIE bars10

Des dames de compagnie.

 

Elle vient de se lever, les lampadaires de la rue sont déjà éclairés.

Elle travaille de nuit, il va être temps pour elle de se préparer.

Dans un verre, il reste un fond de whisky, elle allume la dernière cigarette et jette son paquet dans l’évier rempli de vaisselle.

Elle soulève la  jalousie, il pleut, les voitures roulent au ralenti, tandis que les passant courent se réfugier dans la bouche du métro.

C’est là, qu’elle commence son boulot.

Elle ouvre sa penderie, sa main fait glisser les uns après les autres les vêtements suspendus sur des cintres, elle hésite et finit par sortir une robe en similicuir noir.

Elle enfile une paire de bas nylon dont les pointes sont trouées, avec des cuissardes en skaï verni, la filante qui venait de lui remonter jusqu’au-dessus du genou droit ne se verrait pas.

Un peu de blush, un trait d’eye-liner sur le dessus de ses paupières devenues lourdes, du mascara pour épaissir ses cils qui se raréfient, un épais rouge sur ses lèvres amincies, quelques gouttes d’un parfum bon marché et la voilà prête à passer sa perruque en cheveux naturels blonds, frisés et mi- longs.

Elle se regarde une dernière fois dans la glace, passe une veste en fourrure synthétique imitant le léopard, et quitte son deux pièces.

Deux femmes l’attendent  sous l’auvent d’une librairie, devant l’entrée qui mène à la gare de métro.

Elles se connaissent depuis une trentaine d’années, elles avaient arpenté tous les trottoirs de la ville, puis elles s’étaient retrouvées derrière des vitrines.

Elles se sont mariées à une époque de leur vie, ont eu des enfants, et puis un jour, tout a basculé, et elles ont repris leur premier métier.

Maintenant, elles sont serveuses dans des bars en dehors de la ville, le long d’une nationale.

Une voiture vient les chercher, les conduit sur leur lieu de travail et passe les reprendre en début de matinée.

Elles ne vendent plus leur corps, il a déjà tant donné, mais elles restent des femmes de la nuit qui prennent encore le temps d’écouter ceux qui cherchent de la compagnie.

 

M.H. (Michèle Hardenne)

31/01/2013

 

 
 

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