MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 

Natacha et la girafe 24 février, 2014

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 13:07

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Natacha et la girafe

Il était une fois, une petite fille qui naquit dans une fleur..

A la fin d’un été, la fleur perdit ses pétales et la demoiselle se trouva sans abri. Ces amis voulaient l’accueillir, mais aucune de leur demeure ne lui offrait autant de confort que le cœur de la fleur.

Monsieur et Madame Fourmi lui avaient proposé une de leurs chambres, ils en possédaient plus de dix, elles étaient confortables, bien chauffées durant les nuits froides et fraîches de la journée, mais n’offraient aucune lumière.

Les abeilles l’invitèrent à prendre une loge dans la ruche, où elle pouvait à volonté goûter au miel, mais les bourdonnements incessant l’empêchaient de dormir.

Natacha aurait aimé retrouver une fleur, suffisamment large que pour s’y reposer, une de celles qui ne se referme pas à la tombée du jour, une de celle dont la tige serait suffisamment haute que pour s’approcher des étoiles les nuits où le ciel serait baigné par la clarté d’une lune bien ronde.

Un papillon lui proposa de l’emmener sur la plus haute branche d’un arbre, là où les feuilles lui offriraient un ombrage quand le soleil serait à son zénith, là où elle aurait une vue jusqu’à l’horizon.

Natacha se laissa emporter sur ses ailes et fut déposée sur une feuille.

La nuit venue, elle était si proche des étoiles qu’elle pouvait les entendre parler entre elles.

Le lendemain matin, la branche fut secouée, une des feuilles fut avalée, puis une autre. Une grande bouche se régalait de les mâcher. De grands yeux s’étaient approchés du nid douillet et la fixaient.

-       Bouge-toi de mon déjeuner ! Lui dit l’animal.

-       C’est ici que j’habite, lui répondit Natacha.

-       Tu es nouvelle dans le quartier, les feuilles de cet arbre sont mes préférées, goûteuses à souhait et à la bonne hauteur, alors trouve-toi un autre endroit !

-       Je n’en ai pas ! répondit-elle en baissant les yeux et en laissant s’écouler une larme.

-       Voilà qui est fort embêtant, je ne me nourris que de végétaux et de ceux-ci de préférence. Pourquoi ne vas-tu pas t’installer sur une des herbes, ou une fleur, de ce côté-là ils en poussent de superbes ?

-       Elles sont trop nombreuses et cachent le ciel ! Et puis, elles sont déjà toutes occupées.Pourquoi ne les manges-tu pas ?

-       Je reconnais ma foi qu’elles ont l’air appétissant, mais regarde-moi, la longueur de mes jambes et celle de mon cou ne me le permettent pas !

Natacha se pencha et se mit à sourire.

-       Tout ce que je souhaite c’est de trouver un endroit pour passer la nuit et si possible le plus près des étoiles. Si tu acceptes que je m’installe sur le sommet de ta tête, la cime de cet arbre sera à toi.

-       Mais qui feras-tu de la journée, mon pelage me protège du soleil, mais toi, tu y cuiras !

-       Le jour, je me glisserai dans une de tes oreilles où je te promets que tu ne m’entendras pas.

La girafe hésita, puis accepta.

Natacha et la girafe devinrent amies en se tenant compagnie.

De la journée, l’une broutait, l’autre s’endormant au creux d’une oreille se protégeant d’un soleil brûlant et la nuit…Toutes deux pouvaient entendre les étoiles et leur parler.

M.H. (Michèle Hardenne)

24/02/2014

 

 

Le roi sapin 10 novembre, 2013

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 11:55

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Le roi sapin.

 

Léa avait passé une mauvaise nuit, la pluie n’avait cessé de frapper à la fenêtre de sa chambre mansardée, le vent se disputait, il hurlait dans le conduit de la cheminée, semblant vouloir qu’elle le laisse entrer.

Enfouie sous un épais édredon, la petite fille tremblait, les mains plaquées contre ses oreilles, en balbutiant, elle récitait des tables de multiplication.

La tempête qui sévissait avait eu raison des fils qui amenaient l’électricité dans la maison située à l’orée de la forêt.

Dès son réveil, la petite fille se rendit à la fenêtre et constata la tristesse que la nuit avait déposée aux alentours ; les arbres avaient dû être bien secoués pour abandonner leurs feuilles aux couleurs automnales, certains avaient même été amputés et d’autres étêtés.

Ceux qui avaient résisté, agitaient leurs branches dénudées, comme pour chasser ce vent moqueur.

La pluie s’était faite plus douce en ce début de matinée, et lavait les arbres de ce qu’ils leur restaient.

Léa voulait aller les consoler, elle se vêtit d’un imperméable et se rendit dans la forêt.

Elle caressa certains troncs, essuyant de sa petite main quelques larmes qui ruisselaient.

L’endroit était devenu silencieux, plus aucun bruit ne s’en échappait, le vent s’en était allé, probablement se quereller ailleurs.

« Mais où sont donc passés les oiseaux, les écureuils, les blaireaux, et tous les animaux, ont-ils pu se mettre  l’abri ? », demanda la petite fille en s’adressant au ciel.

« Ceux qui n’ont pas de tanières, ou d’abris au sol, sont ici ! », lui répondit un arbre caché derrière un gros chêne.

Léa s’avança vers la voix.

Au centre d’une clairière se dressait un sapin majestueux. Le vert de son feuillage était étincelant, couvert de milliers de perles d’eau.

La fillette s’en approcha, le toucha et se piqua.

« Voici la raison qui font que mes sujets, préfèrent de loin venir sous ma couverture épineuse. Son épaisseur les protège et le vent ne me fait pas peur, s’il me frotte, il se pique! », dit fièrement l’arbre.

« Vos sujets ? », demanda-t-elle surprise.

«  Mademoiselle, sachez que de cette forêt, j’en suis le roi, et c’est un privilège que veiller sur ses habitants ! ».

La pluie cessa et les branches du sapin s’écartèrent pour laisser apparaître des familles d’animaux n’ayant aucun autre arbre pour s’abriter, tout le temps qu’allait durer la saison la plus froide de l’année.

La gamine rentra chez elle, monta dans sa chambre, s’installa devant la fenêtre et salua en faisant une révérence, ce sapin roi qui protégerait tous les hôtes de ce bois !

 

M.H.(Michèle Hardenne)

10/11/2013

 

 

Le monstre au placard ! 30 mai, 2013

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 13:07

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Le monstre au placard.

 

Mélanie avait du mal à s’endormir.

Tous les livres qui étaient rangés dans le placard de sa chambre, elle les avait déjà  lus et relus.

Cela faisait plusieurs années qu’elle les avait reçus,  et maintenant ces lectures ne la transportaient plus dans ses rêves, ils convenaient mieux à une petite fille.

Mélanie venait d’avoir treize ans et les aventures de lutins, les histoires de princesse et de marraines fées ne l’intéressaient plus.

Elle aurait aimé avoir ce livre, dont toutes les copines de classe n’arrêtaient pas de parler : un beau et jeune vampire amoureux d’une adolescente,  qui comme elle vivait avec son père loin de la grande ville.

Son père lui avait promis qu’elle pourrait renouveler toute sa bibliothèque, lors de la foire aux livres d’occasion, qui aurait lieu dans le quartier, mais elle devait encore attendre deux mois.

Mélanie ouvrit la porte du placard, prit un carton et se mit à y glisser une à une les histoires qu’elle connaissait par cœur.

Elle utilisa la première étagère pour y ranger quelques affaires qui trainaient sur la table qui lui servait de bureau, puis retira une valise de dessous son lit, pour en ôter des vêtements qui n’avaient pas encore trouvé leur place dans la petite chambre que son père lui avait aménagée.

Sous la pile de linge, elle découvrit un livre à la couverture craquelée et aux pages jaunies. Elle se souvenait qu’elle l’avait emprunté à la bibliothèque de son ancienne école et qu’elle avait oublié de le restituer. Maintenant qu’elle avait déménagé, le livre ne lui serait plus réclamé.

Elle se glissa sous les draps et avec précaution ouvrit le précieux carnet.  L’édition était ancienne et le contenu était principalement composé de  poésie.

Elle lut le premier texte et se mit à sourire. C’était la première fois, qu’elle s’intéressait à ce genre littéraire.

Le poème était écrit avec de jolies rimes et auraient pu être chantées.  Son auteur contait sa rencontre avec une belle et jeune demoiselle,  les mots se voulaient tendres, simples, comme le sont les premières amours.

Bien que le langage fût d’époque, Mélanie  se plaisait à imaginer le poète déclarant sa flamme sous le balcon d’une jouvencelle.

Elle referma le livre et le glissa sous sa taie d’oreiller.

Elle ferma les yeux, puis entendit une douce voix, celle d’un homme. Elle se voyait sur le bord de la fenêtre, au premier étage de la maison, lui agenouillé au pied  du chèvrefeuille qui couvrait une partie de la façade.  Elle ne distinguait pas son visage, mais elle le voyait tenir le recueil de poésie qu’elle avait commencé à lire.

Sa voix était mélodieuse et  sa diction impeccable. Il  parlait en vers, à voix haute en soulignant éloquemment le sens par l’intonation. Il s’adressait à elle et lui chantait l’amour.

Le printemps se terminait et la foire aux livres venait de s’installer sur la place du village.

Mélanie y passa une grande partie d’un après-midi et son père la laissa remplir un cabas d’autant de volumes qu’il put en contenir. Chez un des marchands, elle trouva les deux premiers tomes de la série tant appréciées par ses camarades d’école.

Rentrée à la maison, Elle fila dans sa chambre, rangea huit livres sur la plus haute étagère de son placard et déposa un neuvième sur  son bureau.

Elle se mit au lit rapidement, redressa son oreiller, dirigea la petite lampe posée sur la table de nuit vers la tête du lit et se mit à lire le roman tant espéré jusqu’à ce que ses paupières se fassent lourdes.

Elle s’imaginait dans une clairière, où le soleil se déposait sur le corps d’un jeune homme à peine plus âgé qu’elle, dévoilant ainsi sa nature extraordinaire. Il l’effrayait mais l’attirait. Elle s’était rapprochée de lui lorsqu’une voix se mit à lui chanter une ballade.

Son oreiller s’agita, elle se réveilla. Elle glissa sa main sous la taie et se fit mordre par le livre qui y était glissé.

En le retirant, il se mit à l’insulter, se moqua d’elle, la voix n’était plus celle d’un poète romantique. Les mots  qui s’en échappaient, étaient acerbes, lui reprochant d’être délaissés pour une lecture fantastique qui n’avait rien de poétique. Le livre devenait odieux !

Elle avait beau lui dire, qu’elle l’avait lu et qu’elle le connaissait, qu’elle l’avait apprécié de l’hiver au printemps, mais qu’elle voulait découvrir d’autres histoires, voyager vers d’autres mondes, et le livre se mit à hurler plus fort qu’elle.

Elle le ferma et l’envoya au fond du placard, où les maux du poète n’eurent plus pour compagnie que ceux de princesses qui furent heureuses et eurent beaucoup d’enfants !

 

M.H. (Michèle Hardenne)

 

30/05/2013

 

 

Les trois ânes 21 avril, 2013

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 7:13

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Les trois ânes.

Trois ânes dans un pré discutaient sur la qualité de l’herbe qu’ils broutaient.

L’un, à la robe chocolat, la trouvait fade et fort humide, l’autre au poil gris aurait préféré qu’elle soit plus grasse et fleurie, le troisième, un rouquin,  la mâchait longuement en fermant les yeux et semblait en apprécier la texture, le goût et l’odeur.

Les deux ânes le poussèrent pour goûter cette herbe qui semblait lui procurer tant de plaisir.

Après en avoir ingurgité plusieurs touffes, le premier fit  la grimace, le deuxième l’avala en dressant les oreilles et la queue ne la trouvant pas différente de celle qu’il avait déjà consommée, et ils se tournèrent vers le troisième qui semblait davantage heureux en broutant celle sur laquelle il posait ses sabots.

L’âne roux gambadait dans la prairie, et où qu’il aille les deux autres le suivaient, ne comprenant toujours pas le plaisir qu’il avait à se nourrir de cette herbe.

Finalement, hilare, il expliqua à ses deux compagnons, qu’il suffisait de regarder autour d’eux et qu’ils comprendraient que le bonheur était dans ce pré.

Les deux ânes remarquèrent alors, que la parcelle qu’ils occupaient, était la seule à être verte, les autres terres de la campagne venant d’être labourées pour recevoir les semences de blé !

 

M.H. (Michèle Hardenne)

21/04/2014

 

 

Le faucon et la tourterelle (à suivre) 11 mars, 2013

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 0:36

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Le faucon et la tourterelle (à suivre)

 

Un bruit sec contre le carreau, une envolée de plumes et puis un cri perçant.

J’ai d’abord pensé qu’il s’agissait d’un chat qui attaquait un oiseau, mais lorsque j’ouvris la porte, j’aperçus un petit faucon accroché au dos d’une tourterelle.

L’oiseau ne fut pas surpris de ma présence, je me mis à taper dans les mains.

D’un rapide battement d’ailes, il s’envola avec  coincé dans ses serres sa proie, resta un moment  immobile à quelques mètres de hauteur, puis la lâcha et disparut.

Je ramassai l’oiseau, dont le cœur battait  à toute vitesse.

Le dessus de son corps n’avait plus de plumes et la chair était à vif.

Rentrée à la maison, je l’ai posé sur une serviette et je lui ai nettoyé ses plaies, à l’eau.

Il se laissa faire, puis lorsque je voulus le remettre dans le jardin, il se laissa tomber sur le sol.

Je n’avais pas le cœur à l’abandonner, alors je l’ai installé dans une petite caisse, avec un grillage sur le dessus, et  je le garderai cette nuit au chaud, dans une pièce où les chats n’entreront pas.

Demain, sera un autre jour, et après-demain, peut-être que cette jolie tourterelle, à nouveau, s’envolera.

 

M.H. (Michèle Hardenne)

11/03/2013

 

 

Le grand homme blanc 8 février, 2013

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 6:36

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Le grand homme blanc

 

Je le vois au fond du jardin,

Me faisant un signe de la main 

Il dansait dans le vent d’hiver

 

Derrière les carreaux

Je me tenais bien au chaud

La neige recouvrait la terre

 

Il était vêtu d’un blanc manteau

Et retenait son chapeau

Je l’invitai dans ma chaumière

 

Il se mit  à rire et refusa

Il aimait la neige et le froid,

Et préférait se cacher de la lumière.

 

Il savait que s’il venait se réchauffer,

Son corps disparaîtrait

Comme dans la chanson de Prévert.

 

M.H. (Michèle Hardenne)

08/02/2013

L’hiver

Dans la nuit de l’hiver
Galope un grand homme blanc
Dans la nuit de l’hiver
Galope un grand homme blanc
C’est un bonhomme de neige

Avec une pipe en bois,
Un grand bonhomme de neige
Poursuivi par le froid.
Il arrive au village.
Voyant de la lumière
Le voilà rassuré.
Dans une petite maison
Il entre sans frapper ;
Et pour se réchauffer,
S’assoit sur le poêle rouge,
Et d’un coup disparaît.
Ne laissant que sa pipe
Au milieu d’une flaque d’eau,
Ne laissant que sa pipe,
Et puis son vieux chapeau.

Jacques Prévert

 

 

Bernard le roi du Tag 25 janvier, 2013

Classé dans : CE QUE J'AIME CHEZ VOUS,CONTE — michelehardenne @ 7:00

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Merci à Noiresouris pour son talent d’illustratrice, allez visiter son blog  

http://noiresouris.unblog.fr/

Bernard le roi du Tag.

Cette nuit-là, le vent de janvier s’était mis à souffler sur la ville.

La neige avait recouvert toutes les bouches d’égouts, et l’eau des rigoles longeant les trottoirs s’était transformée en une couche de glace épaisse.

Au petit matin, les rats qui vivaient dans des galeries urbaines étaient pris au piège.

Impossible pour eux de se glisser hors de leur nid et d’aller se ravitailler dans les poubelles débordantes des restes de nourriture de fêtes, qui se trouvaient placées devant les immeubles en ce jour de ramassage des ordures.

Sura, une petite souris, regardait les pas des passants par le soupirail de la cave d’un immeuble.

Elle attendait son ami Gaspard, un escargot qui occupait une jardinière d’intérieure posée dans le hall d’entrée de la grande maison de ville.

Après avoir passé la nuit, recroquevillé dans sa coquille, Gaspard avait pour habitude de faire une promenade matinale qui l’occupait une bonne partie de la journée.

D’abord, il se glissait hors de la jardinière qui ne contenait que les tiges sèches de ce qui fut un géranium, ensuite il parcourait une cinquantaine de centimètres pour arriver au pied de la grosse porte d’entrée en chêne, il devait en grimper encore une trentaine pour parvenir dans l’ouverture qui permettait de faire passer le courrier. La plaque métallique bouchant la fente de la boîte aux lettres oscillait facilement, Garpard n’avait plus qu’à rentrer dans sa coquille et se laisser rouler jusqu’au seuil, pour finalement atterrir sur un épais paillasson.

Sura savait qu’il sortait en entendant le cliquetis du battant métallique.

Gaspard arriva enfin jusqu’à l’entrée du soupirail. Sura se mit à rire lorsqu’elle le vit emmitouflé dans une écharpe verte ne laissant apparaître que ses yeux au bout de ses cornes, la moitié de son corps de limaçon restant bien au chaud au fond de sa coquille.

Il invita son amie à faire quelques glissades dans la rigole, puis ils décidèrent de faire un rat de neige.

Sura avait réussi à faire une énorme boule en ramassant  la neige le long d’un avaloir. Elle avait également trouvé un morceau de plastique rouge qui bouchait l’entrée de l’égout et qui ferait sûrement un joli sourire au rongeur de glace.

-     Ce n’est pas trop tôt ! lui dit une voix caverneuse, en laissant passer son museau hors de la grille.

Sura fit un bond en arrière en apercevant les griffes d’un rat qui dégageait la neige obstruant le trou.

-     Merci, mademoiselle, sans votre aide j’aurais fini comme ce rat ! dit-il en frottant son pelage gris et en montrant la forme faite de neige.

-     Je m’appelle Bernard et je suis un artiste d’égouts. L’art ne nourrit pas son rat, mais les poubelles de ce quartier sont les plus ragoutantes. Toutes les autres issues sont bloquées par le gel et la glace. C’est en exécutant une œuvre dans cette partie du sous-sol, que je vous ai entendus, vous et votre ami. En ôtant le morceau de plastique, j’ai senti l’air frais de la rue me picoter le museau. Vous m’avez sauvé la vie. J’aimerais vous inviter à partager mon repas et ainsi vous visiterez ma galerie !

Bernard leur demanda de les attendre, le temps qu’il aille faire le plein de provisions dans la poubelle se trouvant près du soupirail.

Les bras chargés de reste de laitue, de pelures de pommes de terre, de croûte de pain, il demanda à ses deux amis de le suivre.

Tous se glissèrent dans l’avaloir.

La lumière filtrée par la grille dégagée de neige éclairait  une salle dont les murs de briques étaient recouverts de dessins, représentant des rats musiciens, d’autres jongleurs, des petits rats danseurs et même des dresseurs de chats.

Pendant que Sura et Gaspard goûtaient au repas apporté par leur hôte, celui-ci se proposa de les croquer.

Sur un des murs gris, il dessina une maison avec deux fenêtres grandes ouvertes par lesquelles Sura et Gaspard se saluaient.

La lumière naturelle qui avait éclairé la petite salle fut remplacée par celle d’un lampadaire, provenant de la rue.

Les rires des trois amis alertèrent d’autres rats.

Ceux-ci profitèrent de l’ouverture du passage pour partir en quête de nourriture.

La nuit était tombée, Bernard en profita pour improviser un vernissage où il convia ses voisins rats et leur présenta ses nouveaux amis, un escargot et une souris.

Une nuit de janvier, sous un trottoir, alors que la neige tombait, dans un égout, une fête y était donnée.

 

M.H. (Michèle Hardenne)

25/01/2013

 

 

Un corps pour l’amour 13 janvier, 2013

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 11:37

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Un corps pour l’amour.

Dans un univers, comme des bulles de savon, flottait une dizaine de planètes, toutes plus rondes les unes que les autres.

Dans la nuit astrale, certaines étaient rouges, d’autres orangées, il y avait des bleues, des vertes, elles tournaient sur elle-même et parfois s’entouraient d’un anneau vaporeux.

Elles étaient habitées par des êtres aux formes plus différentes les unes que les autres.

Il y en avait qui n’étaient occupées que par des pieds, une autre n’était peuplée que de mains, ou d’yeux, d’oreilles, de nez, de bouches, de coeurs.

Ces planètes étaient éloignées les unes des autres, et les habitants de l’une ignoraient la présence des autres.

Sur la planète Pied, les « pieds » ne faisaient que de marcher, sur la Yeux, les yeux passaient leur vie à se regarder entre eux, sur Oreille, les oreilles étaient sourdes, sur Nez ils ne faisaient que de se renifler et sur Bouche, ils s’articulaient et émettaient des sons qu’ils ne pouvaient pas entendre. Coeur était habité par des formes inanimées.

Toutes ses planètes gravitaient autour d’une plus grosse et plus lumineuse.

Sa lumière était si intense qu’elle les éclairait toutes.

Mais cette planète qui n’était pas habitée, parce qu’elle était éternellement en feu et subissait dans son atmosphère des tempêtes.

Lors d’une effroyable irruption, des éclairs furent lancés et vinrent percuter les autres planètes qui éclatèrent les unes après les autres.

Réduites en poussière, leurs habitants errèrent dans l’espace, jusqu’à ce qu’ils découvrent une boule bleue qui semblait avoir été épargnée par ce terrible cataclysme.

Les survivants des planètes s’y installèrent. Les pieds firent la connaissance des mains, les yeux apprécièrent les nez, qui eux-mêmes cohabitaient pacifiquement avec les oreilles et les coeurs continuaient inanimés à y flotter.

Les années passèrent et les habitants donnèrent naissance à de nouveaux êtres qui possédaient deux yeux, deux oreilles, un nez, deux pieds, deux mains, un coeur, le tout en harmonie sur un corps dirigé par une tête.

Les yeux pouvaient se regarder, les nez se frotter, les mains se tendre, les oreilles pouvaient entendre les jolis sont émis par la bouche, qui elle-même pouvait embrasser et le coeur s’anima pour battre de plus belle dans ce corps qui l’accueillait.

Sur cette planète bleue, l’amour était né !

 

M.H. (Michèle Hardenne)

13/01/2013

 

 

Le petit roi d’une nuit 5 janvier, 2013

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 11:12

Le petit roi d'une nuit dans CONTE le_pet10

 

Le petit roi d’une nuit.

 

Il était une fois, un jeune garçon, assis sur un rocher, qui jetait des cailloux dans un étang.

A chaque lancer des petites pierres, il faisait un vœu.

Il attendait que le rond dans l’eau disparaisse, en espérant que son souhait allait se réaliser.

Après un dixième jeté, il glissa deux petits galets dans le fond de sa poche et rentra chez lui.

Le lendemain matin, sa mère confectionna  une galette composée de deux fines feuilles de pâte feuilletée. Dans un moule à tarte, elle étala la première feuille, la piqua avec une fourchette, puis la couvrit d’une préparation faite de sucre de poudre d’amande, d’un œuf, de beurre mou et d’extrait d’amande amère. Elle referma la galette avec la deuxième feuille de pâte qu’elle dora au jaune d’œuf, puis glissa le moule dans le four.

Le ciel était bas et gris, le petit garçon regardait la pluie qui mouillait les carreaux, tandis qu’une bonne odeur d’amande se répandait dans la maison.

La pluie tomba toute la journée et le gamin resta dans sa chambre.

Pour le repas du soir, sa maman découpa le gâteau en quatre parts égales : une pour son père, une pour son frère, une pour elle et une pour lui.

Lorsqu’il prit la première bouchée, il se mit à tousser puis recracha dans son assiette un morceau de la galette contenant une graine ayant la forme d’un haricot blanc.

Sa famille éclata de rire, sa maman lui posa alors sur la tête, une couronne qu’elle avait découpée dans du papier doré.

Le garçon, la portant fièrement, glissa la graine dans la poche de son pantalon.

Tôt le matin, il se rendit au fond du jardin. Il avait neigé toute la nuit et les bords de l’étang s’étaient recouverts d’une fine couche de glace. Seul le centre laissait apparaître une eau cristalline.

Assis sur le rocher, il puisa dans une poche trois petits cailloux dont l’un était nacré.

Il jeta le premier et souhaita que sa famille ait une bonne santé tout au long de l’année. La pierre tomba dans l’eau, sans faire aucun rond.

Il lança le second en faisant le vœu que chaque matin, la joie soit au rendez-vous dans son foyer, et le galet disparu au fond de l’étang.

Il regarda le dernier, le frotta et du bout des doigts le leva vers le ciel.

La graine étincelante, ressemblant à un diamant,  projetait ses lueurs dans les yeux du gamin.

Il hésita à la jeter à l’eau, elle était précieuse puisque de petit garçon, elle avait fait de lui, le roi d’une nuit.

Il la jeta en fermant les yeux et lorsqu’il les ouvrit, des ronds se dessinèrent à la surface de l’eau, puis disparurent sous une multitude de petites bulles.

Le petit garçon rentra chez lui avec le sourire, il savait qu’à partir de cet instant, ses vœux se réaliseraient.

Il avait simplement demandé à la graine d’exaucer ses deux premiers souhaits et elle les lui avait accordés !

 

M.H. (Michèle Hardenne)

05/01/2013

 

 

Kiny et Nadine 22 décembre, 2012

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 10:48

 

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Kiny et Nadine

Kiny, une souris blanche vivait dans une vieille penderie en chêne.

Elle y coulait des jours heureux en compagnie des jouets et peluches qu’y rangeait Nadine, une petite fille qu’elle avait rencontré un soir de Noël.

Ce soir là, il faisait très froid et la neige avait blanchi les toits.

Kiny avait quelques mois à peine, et habitait dans le grenier d’une belle demeure avec toute sa famille.

La pièce se trouvait au dessus de la chambre d’un enfant qui riait.

Par l’interstice des lattes du plancher, Kiny pouvait apercevoir et entendre, une vieille dame qui tout en bordant le lit, racontait à sa petite-fille que cette nuit, dès qu’elle s’endormirait, un homme à la barbe blanche et tout vêtu de rouge, se glisserait par la cheminée et viendrait déposer un cadeau au pied de l’arbre décoré dans le salon.

Nadine demanda à sa grand-mère, si le vieil homme était son papy qui descendrait du ciel en cette veillée de Noël.

La vieille dame se mit à rire et lui répondit que lorsqu’elle-même était petite, elle trouvait aussi à son lever en ce jour de fête, un paquet emballé dans du joli papier coloré, déposé près de la cheminée.

Le vieil homme ne passait qu’une fois par an et il n’aimait pas être dérangé.

Elle recommanda à Nadine, de rester au lit, et si elle faisait un joli rêve, il se promènerait dans le ciel sur un traîneau tiré par quatre rennes, il l’entendrait et la récompenserait.

Nadine n’arrivait pas à s’en dormir, elle guettait tous les bruits de la maison.

Dans le grenier, la famille de Kiny se préparait à dîner. Il faisait si froid que la maman souris, avait tricoté pour chacun de ses petits, avec des fils de laine qu’elle avait ramenés au nid, des pulls de toutes les couleurs, avec  la culotte et le bonnet assortis.

A table, la maman se rendit compte qu’elle avait oublié de ramener des grains de maïs qu’elle avait vus dans une assiette déposée sur le bord de la cuisne.

Kiny se proposa d’aller les chercher avec deux de ses frères.

Les souriceaux prirent le chemin des escaliers, mais Kiny connaissait un raccourci.

Elle passa par le conduit de la cheminée, et fut la première à arriver dans le salon qui se situait à côté de la cuisine. Au pied d’un arbre décoré, elle vit une série de boîtes recouvertes de papier argenté et doré, et portant de gros nœuds satinés.

Elle frottait ses poils enduits de suie, assise sur un énorme paquet entouré d’un ruban bleu, lorsque deux grands yeux verts la fixèrent.

« Ne part pas » chuchota Nadine, « regarde, j’ai aussi un cadeau pour toi ! ».

Elle tendit sa main qui s’ouvrit sur une petite perle nacrée,qu’elle déposa aux pattes de Kiny.

La souris prit le présent et s’enfuit par le chemin qu’elle avait pris.

Arrivée à table, elle déposa le grain blanc et brillant au milieu du repas.

Le papa de Kiny s’en saisit et le rangea dans un coffret qui devait en contenir une dizaine. Il lui donna une rondelle de métal en lui demandant d’aller la glisser doucement sous l’oreiller de la jeune fille, et raconta qu’il s’agissait d’une tradition, que sa famille respectait depuis des générations.

Le lendemain, la neige avait recouvert le paysage, la grand-mère de Nadine avait allumé un feu dans la cheminée.

Nadine était venue la rejoindre.

« Tu sais mamy, je sais qui a mis ces cadeaux » dit-elle en montrant du doigt le pied du sapin.

La grand-mère fut surprise.

« Ce n’est pas un vieil homme, mais une souris blanche qui portait un bonnet, une culotte et un pull rouge qui est passée par la cheminée,  et elle était très contente que je lui fasse, moi-aussi un cadeau » dit Nadine en souriant et en lui montrant une petite pièce de monnaie .

« Le père Noël doit avoir beaucoup de travail, et il a dû t’envoyer un de ses assistants, et il est très rare qu’un enfant puisse les apercevoir, ton rêve devait être extraordinaire ! »

« Oui, j’ai rêvé que ma sœur allait mieux, qu’elle sortirait de l’hôpital et que Papa et Maman serait là ce soir autour du repas ».

« Ma chérie, va vite te préparer, ils ne devraient plus tarder ! ».

 

M.H. (Michèle Hardenne)

22/12/2012

 

 

Une légende de l’arbre de Noël : 15 décembre, 2012

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 10:27

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Une légende de l’arbre de Noël :

Il était une fois, il y a très longtemps, une petite fille, qui devait aller chercher du bois pour allumer le feu dans la cheminée.

Ce jour-là, la nuit était venue plus tôt, et le vent glacial avait transformé la pluie hivernale en de jolis flocons qui commençaient à recouvrir le sol.

Elle entra dans la forêt, et se mit à remplir sa brouette de petites banches tombées au sol et recouvertes de neige.

L’empreinte de ses petits pas disparaissait au fur et à mesure qu’elle avançait.

Sa brouette pleine, elle décida de rentrer chez elle. Mais en ramassant le bois, elle s’était éloignée de la maison, et dans cette nuit d’hiver,  elle ne reconnaissait plus le paysage.

Les flocons étaient devenus de plus en plus denses.

N’ayant sur le dos qu’un manteau de laine et n’étant chaussée que de petits sabots, elle entendit  le hurlement d’un loup et prise de panique, elle alla se réfugier sous un sapin.

Elle serrait très fort ses genoux rapprochés de son corps, et ferma les yeux  jusqu’à ce que le cri de l’animal cessa.

Lorsqu’elle les ouvrit, elle aperçut au travers des branches du sapin, recouvertes de neige et de glace, le merveilleux spectacle que lui offrait un ciel chargé d’étoiles.

La neige avait cessé de tomber,  la lune éclairait la forêt. La petite fille reprit sa brouette, et  se dirigea vers le ruisseau transformé en ruban argenté.

Elle le longea un moment puis aperçut la vieille cabane du père Noël, un ermite qui y vivait depuis plusieurs années. Les toiles d’araignées qui couvraient les fenêtres étaient gelées et scintillaient comme des fils d’argent, des glaçons pendaient le long de la corniche.

Elle frappa à la porte et un vieil homme tout habillé de rouge, lui ouvrit.

La petite fille n’était plus perdue, elle retrouva rapidement le chemin de sa maison.

Elle raconta son histoire à ses frères et sœurs, qui pour l’illustrer, allèrent couper un petit sapin, et le couvrirent  de petites bougies allumées ressemblant aux étoiles qui brillaient dans le ciel, et de rubans argentés pour rappeler le ruisseau gelé et les toiles d’araignées scintillantes.

La maman glissa au pied de l’arbre décoré, des biscuits qu’elles avaient préparés, et c’est ainsi que dans chaque foyer, la veille du vingt-cinq décembre, on y trouve un arbre de Noël, du nom de l’homme qui permit à la petite fille de  retrouver sa famille.

 

M.H. (Michèle Hardenne)

15/12/2012

 

 

Les baisers d’Angélique 9 décembre, 2012

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 11:12

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Les baisers d’Angélique

 

Angélique était une petite fille qui vivait sur la Lune.

Elle y était arrivée, une veille de Noël.

Assise sur un rocher, elle regardait la Terre.

En ce 24 décembre, la planète où elle était née, n’avait jamais été aussi belle. Angélique y voyait une multitude de petits points, rendant cette boule la plus étincelante de toutes celles qu’elle pouvait apercevoir.

Elle se souvenait que quand elle y vivait, il y avait une tradition qui consistait à mettre des lumières multicolores sur les arbres des avenues, et de décorer les façades des maisons.

Chaque année à la même époque, ses parents, ses frères et sœurs ornaient un sapin placé dans un coin du salon, de mille bougies de couleurs et accrochaient aux branches de l’arbre roi, des tas de merveilles.

Elle se revoyait sur les genoux de son grand-père, qui restait assis dans un gros fauteuil, tout près du feu de la cheminée. Elle aurait tant voulu participer à la décoration du sapin, mais ses petites jambes ne pouvaient plus la porter, depuis qu’elle avait eu cette maladie.

Ce soir-là, elle avait eu une forte fièvre.

Elle disait à son grand-père, qu’elle voyait les elfes de papiers mâchés tourner autour de l’arbre, en jetant de la poudre d’or, et de petites fées dans des robes scintillantes qui agitaient leur baguette magique pour que les guirlandes argentées se mettent en place. Elle les regardait voler dans la pièce et les montrait au vieil homme, qui s’était assoupi.

Soudain, une des fées au visage de cristal et au corps de porcelaine, portant une robe de soie nacrée, s’approcha d’elle.

Elle secoua sa baguette, et transforma la longue chemise de coton blanc de la petite fille, en une robe de satin aux reflets de l’arc-en-ciel. Ses cheveux  bruns et emmêlés, devinrent brillants et la fée y déposa un diadème composé de petits diamants, les petits pieds glacés furent chaussés de ballerines en soie de la couleur d’une pleine lune.

De tout l’être d’Angélique émanait une belle lumière blanche qui se projetait dans la pièce, mais sa famille était trop occupée que pour la voir briller.

La fée lui tendit la main, l’invita à s’approcher du sapin et l’emmena sur la cime. Telle une étoile, Angélique y brillait de mille feux.

Lorsque la décoration fut terminée, tous se tournèrent vers le grand-père et la petite fille, endormis.

Angélique les appelait, elle agitait sa petite main pour leur signaler qu’elle était en haut du sapin, mais ils ne l’entendaient pas.

Soudain, le plus jeune de ses frères, se tourna vers l’arbre décoré  et remarqua que l’étoile qu’il venait de placer brillait plus intensément, et répandait sa belle lumière dans toute la pièce, alors que la guirlande n’avait pas été encore allumée.

La nuit venait de tomber, et les premiers flocons apparurent.

Angélique avait été emmenée vers les étoiles, et elle avait demandé à la fée de la déposer sur la Lune, pour qu’elle puisse veiller éternellement sur sa famille.

En cette vieille de Noël, une petite fille envoie ses baisers à la Terre, à tous ceux qui lui sont si chers.

Ils prennent la forme de flocons de neige et dans chacun d’eux, Angélique y met beaucoup d’amour en souhaitant à tous de vivre ensemble, heureux et en paix.

 

M.H. (Michèle Hardenne)

09/12/2012

 

 

Un jouet de Saint-Nicolas 5 décembre, 2012

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 7:00

Un jouet de Saint-Nicolas dans CONTE camion10

Un jouet de Saint-Nicolas

-       Dis Mamy, Maman elle va revenir bientôt ?

-       Ne t’inquiète pas Éric, elle est juste partie faire quelques courses ! Elle sera là dans cinq minutes.

-       Tu me l’as déjà dit, avant que je ne mange la soupe !

Gilberte avait recueilli sa fille et son petit-fils.

Hélène, après son divorce, s’était installée dans un appartement , proche de l’école de son petit garçon.

Après avoir perdu son travail d’ouvrière à l’usine, les allocations qu’elle percevait ne suffisaient plus à payer les factures, elle avait revendu sa voiture, puis ses meubles, et depuis trois mois habitait chez sa mère.

Éric allait avoir 7 ans, la semaine prochaine.

Ce début d’après-midi, Hélène s’était présentée dans une agence d’intérimaires, qui recherchait une technicienne de surface pour un travail de nuit dans des bureaux. Elle avait été convoquée pour un entretien d’embauche.

Elle avait téléphoné pour annoncer fièrement à sa mère, qu’elle commencerait son nouveau travail dès lundi.

Elle lui demanda de reprendre Éric, dès la sortie de la classe à 15 h 30, qu’elle irait faire quelques achats avant de rentrer.

Il allait être 18 h et Gilberte commençait à s’inquiéter.

Elle avait laissé quelques messages sur le portable de sa fille, mais sans aucune réponse.

Éric avait sorti son plumier de son cartable et assis sur une chaise rehaussée de deux coussins, il allait se mettre à faire ses devoirs.

-       Mamy, il commence à faire noir, elle est où ma maman ?

-      Ne t’inquiète pas mon bouchon, elle a probablement raté son bus, et puis avec les fêtes qui approchent, il doit certainement y avoir beaucoup de monde dans les magasins.

Gilberte avait installé sa chaise devant la fenêtre de la cuisine qui donnait sur l’entrée de l’immeuble.

La pluie avait fait place à de petits flocons qui tombaient en tourbillonnant et qui tapissaient les trottoirs et la chaussée les rendant glissants. Elle guettait l’arrêt de bus qui était à une trentaine de mètres de l’immeuble. Dès qu’elle apercevrait Hélène, elle enfilerait son manteau et irait l’aider à porter ses paniers.

Les infos passaient à la télé et Éric avait depuis longtemps refermé ses cahiers. Il s’était assoupi dans le canapé.

Gilberte le recouvrit d’une épaisse couverture et rapprocha de son petit-fils l’unique radiateur à bain d’huile qui chauffait la pièce. Elle attendait le versement de sa retraite pour faire mettre un peu de mazout dans la citerne du chauffage central.

La petite aiguille de la pendule du salon allait se poser sur le 9.

La dame âgée regagna son poste d’observation, la neige avait recouvert tous les pas des gens qui quittaient ou revenaient dans l’immeuble. Elle laissa deux nouveaux messages sur le répondeur du portable de sa fille puis elle se décida à appeler la police.

Après plusieurs minutes d’attente, le Central lui conseilla d’appeler les hôpitaux. Gilberte lui signala qu’elle n’avait pas de bottin téléphonique, qu’elle gardait son petit-fils et qu’il lui était impossible de faire appel à un voisin. La voix masculine qui était au bout du fil prit ses coordonnées et lui promit de la rappeler.

Une demi-heure plus tard, Gilberte apprenait qu’Hélène avait été transportée aux urgences d’un hôpital.

Elle porta sa main à sa poitrine, sa respiration devenait difficile, des perles de sueurs couvraient son front.

-       Madame, vous allez bien ? insista l’homme.

Gilberte regardait son petit bonhomme qui s’était relevé et qui criait :

-       Mamy, tu ne vas pas mourir ! C’est Maman au téléphone ?

La grand-mère laissa glisser l’appareil de sa main et s’allongea sur le sol.

Éric prit un torchon de vaisselle, le rinça sous l’eau froide du robinet et le passa doucement sur le visage de la vieille dame, tout en lui tenant la main. Gilberte était pâle, on frappa à la porte. Éric, pensant qu’il s’agissait de sa maman, courut ouvrir.

-       Bonjour mon garçon, nous avons reçu un appel et…

Le pompier aperçut Gilberte sur le sol froid de la cuisine, il appela le médecin qui l’accompagnait.

-       Madame a fait un malaise, aidez-moi à l’installer dans le fauteuil.

Après quelques minutes, le visage de Gilberte reprit des couleurs. Éric était resté dans la cuisine avec un infirmier. Il regardait par la fenêtre les véhicules avec leur lampe rouge clignotante. Soudain, une voiture avec une lumière bleue sur le toit, se gara juste à l’entrée de l’immeuble. Éric vit en sortir sa maman, accompagnée par deux policiers. Elle avait le bras plâtré.

Tous les voisins étaient à leur fenêtre, sur leur balcon ou sur le palier. Hélène tête baissée traversait le couloir sans même oser les regarder.

Les yeux rougis, elle entra dans l’appartement et prit son petit garçon dans les bras.

-       Tu pleures parce que tu as mal?

-      Mon chéri, j’ai fait une grosse bêtise et je suis bien punie ! Va dans ta chambre, je vais venir t’y rejoindre.

Elle l’embrassa, Éric obéit.

Après avoir ausculté Gilberte, le médecin invita les pompiers à quitter l’appartement, signalant qu’elle était hors de danger. Dans la cuisine, Hélène assise à une table signait des documents que lui avait remis un des policiers.

Elle reconnaissait avoir enfoui sous son manteau, un camion de pompier qu’elle avait dérobé dans le rayon jouets du grand magasin. Elle avait été repérée par un des vigiles qui l’avait poursuivie dans le parking de la grande surface commerciale. Elle avait glissé sur le béton couvert de fine glace et s’était fracturé le poignet. Elle s’engageait à rembourser le jouet qui s’était cassé lors de sa chute.

-       Que va-t-il se passer maintenant ? demanda-t-elle au policier.

-      Il se peut que le magasin retire sa plainte, ou qu’il vous réclame de plus lourdes indemnités.

-      Mon fils aura 7 ans dans quelques jours et je ne pouvais pas lui offrir ce camion, il en avait fait la demande dans la lettre à Saint-Nicolas que j’ai déposé dans une urne, au magasin !

Les policiers quittèrent l’appartement.

Hélène calée sur la chaise de la cuisine se laissa aller à sangloter. Gilberte était venue la rejoindre, elle avait entendu le policier lire la déposition.

-       Je suis désolée, j’ai si honte d’en être arrivée là !

-       Tu as été suffisamment punie et pour le petit je suis sûre que sa lettre sera lue.

Quelques jours passèrent, Gilberte retira de la boîte aux lettres, un courrier adressé à Hélène. Il provenait de la police et lui signalait que la plainte avait été retirée et que les poursuites avaient été abandonnées du fait qu’il s’agissait d’une première infraction.

Une autre lettre était adressée à Éric, il était invité par le Directeur du magasin à se présenter le 6 décembre, jour de son anniversaire, pour recevoir du Grand Saint-Nicolas, le cadeau qui lui était réservé.

 

M.H. (Hardenne)

05/12/2012

 

 

Le gardien 31 octobre, 2012

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 10:32

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Le gardien

 

Ce matin, sur la plage, le petit homme dormait encore.

Sous sa couette de sable, il souriait en pensant à cette soirée unique qui lui donnerait vie humaine.

En cette veille de la Toussaint, la lune toute ronde apparut plus tôt que les autres fins de jours. Elle avait revêtu sa jolie robe rousse et étalait sa pâle lumière sur les flots en apparence apaisés.

Tout le monde sous-marin, s’était donné rendez-vous dans les abysses de l’océan, où un bal des vilains y serait donné.

Trois sirènes se disputaient des algues, l’une voulait en faire une coiffe, l’autre souhaitait en recouvrir ses écailles et la troisième les cueillait pour cacher en entier son corps mi- femme, mi-poisson.

Elles adoraient se déguiser en harpies et profiter du clair de lune, pour remonter à la surface de l’océan en quête d’un  bateau. Elles chevauchaient des dauphins portant une armure d’écailles d’huîtres, leur donnant l’apparence de dragons de mer.

Nombreux étaient les marins qui passaient par-dessus bord.

Voulant s’approcher des belles, les vagues les attrapaient et les offraient à ces demoiselles, qui les emportaient comme fiancés, pour les emmener au bal.

Mais le petit homme de sable, lui, n’y était pas invité, son corps ne supportait pas l’eau.

En cette nuit d’Halloween, il restera sur la plage, et veillera que la porte de l’océan reste fermée au monde de la terre, et qu’aucun humain ne s’approche du bord de mer.

Aidé du vent, il poussera d’effroyables cris, empêchant les ombres sous-marines de se joindre à celles d’outre-tombe.

Alors, ce soir, si vous rencontrez un homme arpentant de long en large une plage, et que les embruns sont phosphorescents, ne vous en approchez pas et rejoignez au plus vite votre monde bien vivant !

M.H. (Michèle Hardenne)

le 31/10/2012

 

 

L’imprudent 13 juillet, 2012

Classé dans : CONTE,MES ANIMAUX DE COMPAGNIE — michelehardenne @ 9:39

 

L'imprudent dans CONTE otis_111

Otis vous souhaite un bon vendredi 13

L’imprudent

Un chaton noir se promenait sur une corniche.

Il était passé par une des fenêtres sur le toit, de laquelle il apercevait le cerisier.

Un oiseau sur une des plus hautes branches se flattait d’être plus habile, il le sifflait de son chant narquois, l’incitant à l’attraper, s’il en était capable.

Le jeune chat hésita, il touchait à peine les feuilles de l’arbre.

Son camarade de jeu, se moquait bien de lui, en sautillant et en piaillant.

Une chatte venait de rentrer de sa promenade, lorsqu’elle entendit son petit miauler.

Elle l’appela, le chercha, puis le remarqua en équilibre sur le bord de la gouttière.

Elle aperçut également l’oiseau provocateur.

Le petit félidé, tout heureux de voir sa mère, repassa par la fenêtre et la retrouva au pied de l’arbre, où elle l’attendait en tenant entre ses pattes un oiseau qui semblait avoir perdu son sifflet.

La chatte laissa s’échapper l’oiseau, qui se jura que la prochaine fois, il utiliserait davantage ses ailes que son chant.

Le chaton avait encore beaucoup à apprendre, mais il n’était pas le seul à avoir reçu une leçon.

 

M.H. (Michèle Hardenne)

 

 

Léon, le rat de bibliothèque 25 juin, 2012

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 10:47

Léon, le rat de bibliothèque dans CONTE rat10

Léon, le rat de bibliothèque

La famille s’était installée dans le bâtiment, il y a bien longtemps.

Léon se souvient de ses jeunes années, quand lui et ses frères couraient dans les rayonnages, et après avoir effrayé quelques visiteurs, se réfugiaient dans les coins les plus reculés, où la lumière avait du mal à passer.

Il aimait grimper sur les étagères les plus hautes.

Elles étaient très poussiéreuses, mais il pouvait avoir une vue d’ensemble des tables, qui à une époque étaient couvertes de livres et encyclopédies consultés par une jeunesse avide de connaissances.

A la mort de ses parents, pris au piège dans les caves, le reste de sa famille avait déménagé. Ses sœurs étaient parties pour l’opéra, ses frères vers les égouts de la ville, et ses cousins et cousines à la campagne.

Léon se plaisait dans cette bibliothèque et puis, il n’y était pas seul, il avait une amie, Mademoiselle Angèle !

Il se souvenait d’elle, alors qu’elle était une toute jeune fille.

Elle portait des lunettes avec des verres grossissants, et une fin d’après-midi, alors qu’elle remontait des livres de poésie du dix-neuvième siècle sur la plus haute des étagères,  leur regard s’était croisé.

On ignore lequel des deux fut le plus apeuré.

Elle avait failli glisser de l’échelle bancale, et lui, il s’était coincé la queue entre « Les chants de Maldoror » et « L’après-midi d’un faune ». Lautréamont et Mallarmé n’étaient pas parmi ses auteurs favoris, il avait eu beaucoup de mal à les digérer.

Léon adorait les livres, surtout ceux avec des couvertures en cuir et fines dorures.

Angèle avait bien essayé de le faire fuir, en le poursuivant avec du Maupassant et du Flaubert. Elle avait même presque réussi à l’assommer avec un roman plus volumineux de Victor Hugo.

L’agilité de Léon avait eu raison des ressources littéraires d’Angèle.

Un soir, alors qu’elle rangeait les derniers livres qui trainaient sur une table, et tout en faisant de la place dans une rangée, elle toucha une matière aussi douce que du velours.

L’étagère n’étant pas bien haute, elle monta sur un tabouret et aperçut une masse informe, inerte, toute recroquevillée.

Elle hésita à la déplacer, puis reconnut le rat qui la narguait depuis plusieurs mois.

La créature semblait en piteux état. Elle avait les yeux mi-clos et le ventre ballonné.

Angèle aperçut un Walter Scott, « Le lai du dernier ménestrel » dont le cœur avait été déchiqueté.

La bibliothécaire prit le coupable entre deux livres et le plaça sur une table de lecture.

Elle se rendit ensuite dans le rayonnage contenant les encyclopédies et traités de médecine.

Elle parcourut rapidement les quelques pages traitant de l’indigestion.

Souffrant elle-même de l’estomac, elle avait dans son sac un flacon de bicarbonate de sodium.

Léon gémissait sur la table, il se tordait de douleur.

Angèle dilua la poudre dans l’eau, prit son mouchoir, le trempa dans le verre et fit couler goutte à goutte le liquide dans la bouche du petit animal.

Leur regard se croisa à nouveau, mais il n’y avait plus de peur, juste un peu d’inquiétude dans celui d’Angèle, et de la gratitude dans celui de Léon.

Elle aménagea dans le tiroir de son bureau, un petit espace et l’y installa.

Le lendemain matin, Léon avait quitté sa couche de fortune.

En fin de journée, Angèle l’entendit chicoter. Elle avait gardé les restes de son repas de midi, et les déposa sur la plus haute des étagères, où elle savait qu’il résidait.

Léon se régala de pain de mie et de fromage.

Jour après jour, Angèle lui installait un petit plateau, contenant ce mets qu’il s’était mis à apprécier, tant et si bien qu’il s’était désintéressé des livres.

Il ne les rongeait plus. Il attendait que son amie ferme la grande porte et l’éclairage des lampes des tables, pour la rejoindre sur son bureau.

Pendant qu’elle lui faisait la lecture, Léon s’empiffrait de nourriture plus terrestre.

Pour se rapprocher d’elle, il s’installa sur les étagères des livres pour enfants. Il avait une préférence pour les contes des frères Grimm, même si le « Joueur de Flûte de Hamelin », lui avait donné des cauchemars.

A présent la bibliothèque est fermée, mais dans un petit appartement du centre-ville, un vieux rat fait la lecture à une dame âgée, dont les verres de lunettes grossissants ne sont  plus d’aucune utilité.

 

M.H.(Michèle Hardenne)

 

 

 

Le coquelicot et la pâquerette 24 mai, 2012

Classé dans : CONTE,LES 4 SAISONS — michelehardenne @ 11:45

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Le coquelicot et la pâquerette.

Cette petite plante poussant dans la pelouse, aux bords des chemins et dans les prés, fait son apparition à la période de Pâques, et porte le joli nom de pâquerette.

Elle s’ouvre le jour pour s’épanouir au soleil, et elle se ferme lorsque le temps est à la pluie, et la nuit pour protéger son cœur d’or, des rayons de lune un peu indiscrets.

Elle se laisse cueillir pour former des petits bouquets à offrir, ou tresser en couronne dans de jeunes chevelures.

Aux printemps des premières amours, elle se laisse parfois effeuiller par des « je t’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, …pas du tout ».

Dans le gazon, elle est souvent mal aimée, alors que pour les insectes, elle est d’une grande nécessité.

Mais dans les prés, et les jardins, il y a aussi des coquelicots, d’apparence si fragiles avec leur tige fine et velue, et leurs quatres pétales un peu froissés aussi doux que de la soie et d’un rouge particulier.

Cette fleur est la favorite des peintres, et surtout des impressionnistes, mais elle inspire également les poètes.

J’aime les prendre en photo.

Dans le jardin, munie de mon appareil, j’avais remarqué un joli coquelicot au milieu de quelques pâquerettes. Une tache rouge sur un tapis blanc.

Dans l’objectif, en zoomant sur la petite marguerite, je fus surprise de voir qu’elle était fermée, alors que ses sœurs s’ouvraient aux éclats du soleil.

A quelques centimètres d’elle, un coquelicot se penchait, lui faisant de l’ombre.

« Tu vois, je te l’avais bien dit, dès que je suis présent dans un jardin, on ne voit plus que moi. Regarde-toi, tu as l’air chétive, tu aurais pu au moins lui faire un sourire ! Et puis, tiens-toi droite, tu es au ras du gazon, et tu n’as aucune allure ! », lui dit fièrement le coquelicot en la narguant.

La pâquerette s’était refermée pour ne plus entendre son encombrant voisin. Elle savait qu’elle ne pouvait rivaliser avec ses couleurs. Mais, en son for intérieur, elle souriait, car elle avait remarqué combien il se fânait rapidement, et que c’était sans doute la raison qui poussait les artistes à s’en inspirer. Tandis qu’elle, elle pouvait profiter de tout l’été.

 

M.H. (Michèle Hardenne)

 

 

Le lilas et le muguet 30 avril, 2012

Classé dans : CONTE,LES 4 SAISONS — michelehardenne @ 9:48

Le lilas et le muguet dans CONTE lilas_10

Le lilas et le muguet.

Dans le jardin, les pies et les merles faisaient le guet. Les fleurs du jardin, par manque de luminosité et de chaleur en ce mois d’avril, peinaient pour éclore et étaient désertées par la foule des petits insectes qui auraient pu se réjouir de les butiner.

Les oiseaux étaient plus visibles sur le gazon et dans le potager  à la recherche de quelques vermisseaux à se mettre sous le bec que perchés dans les arbres où ils commençaient à faire leur nid.

Un merle s’était installé dans le saule. Son excellente vue lui permettait de surveiller le lilas qui portait de jolies fleurs blanches  en bouquet. L’oiseau aurait apprécié que le parfum qui émanait de cet arbre attire davantage d’abeilles ou de papillons. Mais, excepté quelques taches brunes jurant sur le vert des jeunes feuilles, le lilas ne semblait animé que par le vent.

Le merle, s’en approchant, remarqua que les pustules le couvrant remuaient. Il les toucha du bec et en fit tomber quelques unes sur le sol.

Ce qui aurait pu être une graine ou un fruit se mit alors à bouger. L’oiseau intrigué en prit un dans le bec et le recracha tout aussi rapidement.

La carapace cireuse de couleur brune ne semblait pas faire partie de ses mets préférés.

Au pied du lilas, du muguet exposait fièrement ses petites clochettes aux timides rayons du soleil. L’oiseau cherchant désespérément une nourriture adaptée à sa progéniture se mit à gratter la terre humifère dans laquelle se plaisait le muguet. Son regard fut attiré par ce qui paraissait être de petites baies rouges. Il voulu en prendre une becquée, mais elles se mirent également à bouger. Leurs carapaces rouges ne cédant pas à ses coups de bec, le merle les recracha.

Sous un pied de lilas garnit de muguet, criocères et cochenilles  se moquèrent d’un pauvre merle affamé qui n’eut d’autres solutions que de retourner sur la branche du saule, en attente d’une nourriture plus succulente. En ce mois d’avril, même si les fragrances du jardin ouvrent l’appétit, le buffet n’en est pas pour autant plus accueillant !

 

M.H.(Michèle Hardenne)

 

 

Le voyageur 23 avril, 2012

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 10:06

 

 

Le voyageur dans CONTE boisle11

Le voyageur

 

Accroché à un morceau de bois mort, il regardait la mer et rêvait à nouveau de partir en voyage.

Il avait aimé vivre de belles aventures dans le château de sable, qu’un petit garçon avait construit pour lui.

C’était le mois dernier.

Le petit homme et sa famille étaient venus passer quelques jours au bord de mer.

Il faisait froid, et la plage était déserte.

Le garçonnet se dépêchait de finir son repas de midi, pour se rendre à quelques mètres d’un sable mouillé par les vagues qui venaient y mourir.

Il n’avait qu’une petite pelle et un minuscule seau pour créer son univers de jeu.

Le gamin l’avait découvert ensevelli sous un coquillage,  il avait été le plonger dans l’eau salée et l’avait fièrement montré à ses parents.

Le petit personnage de plastique ressemblait tellement à celui qu’il avait laissé à la maison. Il l’avait reçu dans une boîte de céréales.

Il était presque identique, si ce n’est qu’il lui manquait une main et que son costume avait perdu de ses couleurs vives.

Mais pour le garçon, ce compagnon de jeux était particulier.

Le dernier jour de vacances, une pluie verglaçante s’était mise à tomber. Les jeux de la plage n’auraient pas lieu, à peine aurait-il le temps de faire une ultime promenade sur la plage.

Il enfila ses bottes de caoutchouc, ferma son ciré jaune et protégea sa tête blonde en portant le capuchon.

La main dans une poche, il tenait fermement le jouet, lorsqu’il aperçut dans le sable un vieux morceau de bois, rongé par les eaux et vents marins.

Il regarda l’océan, puis attacha avec un élastique le petit corps en plastique sur le rondin, et le lança en souhaitant à cet ami extraordinaire de faire un beau voyage.

Je riais de voir mon chien courir après les goélands, et plonger dans une eau encore fraîche pour la saison.

La mer était calme, le ciel azuré,  et il était si bon de pouvoir enfin profiter de ces quelques jours au bord de mer.

Lorsque mon chien me rejoignit, il tenait fièrement dans la gueule,  un bois sur lequel un petit personnage en plastique souriait.

Je pris le bonhomme et le mis dans une poche,  tandis que le chien se remit à courir dans le sable.

 

 

 

M.H.(Michèle Hardenne)

 

 

Il était une fête à Pâques 7 avril, 2012

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 11:14

Il était une fête à Pâques dans CONTE dmy5sc13

 

Il était une fête à Pâques.

 

Ce matin, la terre tremble au bout du jardin. C’est qu’il y a de l’agitation là-dessous !

Le petit monticule de terre était apparu la semaine dernière et une hase en sortit fièrement accompagnée de trois de ses lapereaux.

Dans le terrier, toute la petite famille se préparait pour participer à la fête de Pâques.

Depuis plusieurs générations, c’est le plus clair des petits qui sort le premier et cette année, il est tout blanc !

Cette tradition remonte à bien longtemps, chez la famille Lapin, elle se transmet de père en fils.

Tout a commencé, un jour de printemps.

Une vieille femme vivait paisiblement dans cette maison.

Elle aimait son jardin et y apportait beaucoup de soin. Elle y avait aménagé des parterres et des allées couverts de fleurs, un joli petit potager et affectionnait particulièrement son poulailler.

Les quatre poules, qui y vivaient, étaient de bonnes pondeuses et il n’y avait pas un jour où le nid se trouvait vide.

La fête de Pâques approchait, la vieille dame s’en réjouissait. Ses enfant et petits-enfants viendraient passer la journée auprès d’elle, elle leur préparerait un succulent repas et leur offrirait des œufs frais, qu’elle aurait colorés.

Elle aimait raconter à ses petits-enfants que la veille de Pâques elle nourrissait ses poules avec des paillettes d’arc-en-ciel qui donnaient leurs jolies couleurs aux œufs.

Au début de la semaine des préparatifs de la fête, elle se rendit au poulailler et s’étonna de voir les plumes qui s’étaient accrochées au grillage.

La porte de l’entrée était ouverte. Plongeant la main dans un seau de graines, elle les lança en les appelant par leur petit nom, mais aucune des poules ne se montra.

Elle glissa la tête à l’intérieur et en aperçut une qui tremblait sur son nid. En y passant la main, elle ne ramassa que des coquilles vides.

La vieille dame prit la poule dans ses bras et la consola, tout en maudissant le renard qui avait dû se faire un repas de roi.

Le poulailler fut réparé et la poule se remit à pondre.

Mais, il n’y aurait pas assez d’œufs que pour les offrir à ses petits-enfants et la vieille femme n’avait pas suffisamment d’argent que pour en acheter.

Alors, il lui vint une idée. Elle se souvint qu’au dernier Noël, elle avait reçu du chocolat, mais ses mauvaises dents ne lui permettaient plus de le croquer.

Elle le fit fondre dans un poêlon et le mit refroidir dans des coquetiers. Chacun donnant la forme d’un demi-œuf, elle les assembla et les emballa dans du papier coloré.

Le jour de Pâques arriva. Le soleil était au rendez-vous.

Les petits-enfants jouaient au jardin, lorsque elle les entendit l’appeler : « mamy, mamy, viens voir, ce sont les lapins qui font des œufs, cette année ! ».

La vieille dame se rendit au poulailler et qu’elle ne fut sa surprise de voir un lapin blanc sur le nid de brindilles.

Depuis ce jour, à chaque Pâques, des œufs colorés garnissent les jardins.

Qui sait, peut-être que cette année, pourriez-vous, vous aussi, voir un lapin blanc les protéger !

 

M.H.(Michèle Hardenne)

 

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