MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 

Le bonhomme s’en est allé 23 février, 2012

Classé dans : CONTE,LES 4 SAISONS — michelehardenne @ 0:15

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Le bonhomme s’en est allé

 

L’hiver s’en va peu à peu, et la pluie fait son apparition,

Faisant disparaître des trottoirs, les quelques traces de sel.

Dans les jardins, les pies et les corneilles font l’animation ;

Toutes se dandinent sur le gazon, et ne sont pas de celles

A se laisser intimider, par le vieux chat de la maison.

 

La semaine dernière, il était encore au bord de l’étang.

Son chapeau claque servait de perchoir aux passereaux et moineaux,

Qui s’amusaient à lui tenir compagnie les jours de beaux temps,

Et s’enfuyaient dès que sur le balai, se posaient des vanneaux

Qu’il était rare de voir de passage ici, en cette saison.

 

Le froid qui s’était installé, faisait sourire l’individu.

Avec le vent glacial se prenant dans son écharpe de laine,

Des cailloux en guise de boutons noirs sur son ventre dodu,

Il se tenait si fier et droit, et était tourné vers la plaine,

Son regard foncé, semblant rejoindre la ligne de l’horizon.

 

Puis un matin, il a disparu, abandonnant  son chapeau,

Son balai, son nez en noisetier et ses yeux de charbon noir.

Les oiseaux à sa place, furent surpris d’apercevoir un crapaud,

Regrettant que ce nouvel hôte ne puisse servir de perchoir.

Le bonhomme de neige, devait sans doute avoir quelques raisons !

 

M.H. (Michèle Hardenne)

 

 

Un premier amour 21 février, 2012

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 0:14

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Un premier amour

 

Il était assis devant l’écran de son ordinateur.

Ses doigts s’activaient sur le clavier, puis ils le quittaient.

Il se laissait glisser au fond de son fauteuil, relevait ses lunettes sur son front, et relisait ce qu’il venait d’écrire.

Puis, il se redressait, se rapprochait de l’écran, et faisait disparaître les unes après les autres, les lettres qu’il avait mis tant de temps à choisir.

Un soupir lui échappa. Il se leva et se rendit jusqu’à la fenêtre, tira le rideau, et l’ouvrit.

Tout en fermant les yeux, il prit une grande inspiration.

Un pigeon venait de se poser sur le bord rouillé de la balustrade.

Il le regarda et n’eut pas le cœur à le chasser.

Ils étaient nombreux ces volatiles dans le quartier, et la trace de leur visite avait fait lever le nez de plus d’un passant.

Un juron monta jusqu’au balcon, il se pencha et l’oiseau s’en alla.

Le son avait été émis par un homme âgé, qui quelques mètres plus bas, se frottait l’épaule.

Il se mit à rire.

Il allait revenir devant sa table de bureau, lorsqu’il aperçut un jeune garçon d’à peine dix ans, assis sur le bord de la vitrine de Lucie, la fleuriste.

L’air était un peu plus doux que les jours précédents.

Il se prépara un café, puis vint à nouveau se placer devant la fenêtre.

Le garçonnet tenait dans ses mains quelques pièces de monnaie, qu’il comptait et recomptait encore.

Une cliente sortit de la boutique, elle s’approcha de lui, lui parla, puis pris dans son sac un billet, qu’elle lui tendit.

De son appartement, il ne pouvait entendre ce qu’ils se disaient.

Le petit homme entra dans le magasin et en ressortit avec une rose rouge dans un bel emballage transparent.

Il dut se pencher pour le voir traverser la rue, et venir rejoindre une petite fille assise sur le banc se trouvant au pied de son immeuble.

Il put alors remarquer le sourire du gamin, et l’entendre dire en tendant la rose à la demoiselle, à peine plus âgée que lui : « je t’aime !».

Il ferma la fenêtre, s’installa devant l’écran, et laissa ses doigts l’emporter vers le souvenir de ses premières amours.

M.H. (Michèle Hardenne)

 

 

L’amour pour seul bagage 7 février, 2012

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 12:31

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L’amour pour seul bagage.

Il se frottait les mains, comme s’il chiffonnait un morceau de papier journal.

Puis, il les portait à ses lèvres et soufflait dessus, donnant l’impression qu’il voulait réveiller une flamme endormie au creux de celles-ci.

Ses yeux rougis par le froid glacial, portaient en leur coin la trace blanchâtre de larmes salées qui séchaient au fur et à mesure qu’elles coulaient.

Le col de son épais loden lui protégeait le cou et les joues, et son minuscule bonnet de laine ne laissait entrevoir qu’une partie de son visage.

Assis sur une bouche d’aération d’un magasin, tout recroquevillé, il prenait moins de place qu’un chien.

Les passants qui défilaient dans la rue, baissaient les yeux  à son approche.

Certains, lui jetaient un regard haineux, lui reprochant peut-être sa présence, à côté d’une vitrine décorée de rouge et or, d’où l’on voyait scintiller des bijoux déposés sur des cœurs de soie.

Près de lui, il y avait une canette de soda au bord éventré et un carton sur lequel était écrit « ge fin ».

Les enfants montraient du doigt  l’écriteau à leurs parents, qui en souriant les félicitaient pour avoir remarqué  les mots mal écrits.

Un couple regardait l’étalage du magasin. Il la tenait par l’épaule, pendant qu’elle collait son nez contre la vitre.

Puis, ses yeux se posèrent sur l’homme qui était à moins d’une trentaine de centimètres d’elle.

Elle aperçût une fine chaîne dorée qui dépassait des mains du miséreux.

Elle s’agenouilla auprès de lui, sortit de son sac un bâton de rouge, attrapa le carton, le retourna puis écrivit : « merci ». Elle déposa la boîte dessus, fouilla dans la poche de son manteau et y glissa quelques pièces.

Tout en l’observant, l’homme avait desserré ses mains rugueuses et ses lèvres gercées s’ouvraient sur un timide sourire.

Le jeune homme déposa à son tour, un peu de monnaie dans la canette.

Puis, ils changèrent de trottoir.

« Il ne lui reste plus que son amour et il est avec elle », lui souffla-t-elle à l’oreille.

L’homme ferma les yeux et embrassa le petit cœur en or, qu’il gardait bien au chaud entre ses mains.

M.H. (Michèle Hardenne)

 

 

Un lutin dans le sapin. 19 décembre, 2011

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 8:03

 

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Un lutin dans le sapin.

 

Il ne restait plus que quelques nuits avant Noël.

J’aime cette période, quand les rues et les façades des maisons prennent des allures de fête.

Aucune autre période de l’année ne nécessite tant de belles décorations, d’illuminations.

Mais Noël, sans un sapin dans la grande pièce de séjour, ne serait pas une veillée exceptionnelle à laquelle toute la famille serait conviée. Les cadeaux emballés de papiers précieux aux rubans de soie ou de satin, n’apporteraient pas autant de joie, s’ils étaient simplement déposés sur un guéridon dans l’entrée.

La veillée de Noël sera toujours une soirée privilégiée, où l’on se retrouve, grands-parents, oncles et tantes, cousins et cousines, frères et sœurs, et parfois à la famille vient se joindre un voisin ou une voisine.

Je me souviens d’un vingt-quatre décembre, où la soirée allait se passer à la maison.

Cette année-là, je venais d’aller chercher le sapin chez un pépiniériste qui s’était installé sur le parking du centre commercial.

Il ne restait exposé que quelques pièces avec le pied recouvert d’un épais plastique noir.

Le vendeur me laissait libre de le choisir. J’avais beau les regarder, ils me semblaient plus chétifs les uns que les autres.

C’est alors qu’un vieil homme s’approcha de moi, il me salua en soulevant d’un doigt le bord du bonnet qui lui couvrait la tête, et une partie des yeux.

« Profitez-en ma petite dame, nous les faisons à moitié prix, ce soir, et ce sont les derniers », me dit –il d’une voix enrouée.

« Ils n’ont pas l’air en bien grande forme », lui répondis-je.

« Qu’à cela ne tienne, il n’en sera que plus beau, une fois que vous l’aurez décoré. Et puis, vous savez, il ne faut jamais vous fier aux apparences ! ».

Je pris celui que je venais de toucher. Le vieil homme le déposa dans le coffre de ma petite voiture, où il s’’adapta parfaitement.

Installé dans le salon, je lui trouvais une mine encore plus triste que celle qu’il faisait sur le parking.

Je l’avais enfoui dans un pot, où la motte semblait se perdre. Il m’avait fallu remettre de la terre pour le stabiliser.

J’avais été au grenier chercher dans les cartons, les décorations des années passées.

Des boules de verres, des petits personnages en terre cuite peints à la main, quelques pommes de pin dorées, des colliers de perles nacrées, des rubans de soie argentés et pour finir une guirlande lumineuse, allaient parer cet arbre qui dans la nature aurait pu être majestueux.

Je l’avais placé dans un coin de la pièce et avait étendu à ses pieds une épaisse couche d’ouate pour rappeler la neige  sur laquelle les cadeaux viendraient se déposer.

Les branches alourdies par le poids de sa parure, le rapetissait davantage tout en élargissant sa base. L’étoile que j’avais placée sur son sommet, s’inclinait en cachant son brillant.

J’avais changé quelques ampoules défectueuses de la guirlande et je l’avais allumée avant de la mettre dans le sapin, mais une fois installée, elle refusa de l’éclairer.

Il se faisait tard, la veillée de Noël avait lieu le lendemain.

Assise dans le canapé, je regardais le triste sapin en pensant à la soirée qui serait une fête avec ou sans illuminations. Quand soudain, je vis les boules s’agiter, les pommes de pin se couvrir de paillettes brillantes, les perles prendre des éclats irisés, les branches se redresser et l’étoile pointer fièrement sur le sommet.

La guirlande lumineuse se mit à clignoter, faisant briller de mille feux les ornements dont était paré l’arbre et cet alors qu’il apparut.

Il était vêtu d’un costume de strass et portait des bottes dorées, sa tête était couverte d’un chapeau pointu avec au bout un petit grelot. Il se dandinait sur une branche du sapin,  et lançait de la poussière d’étoiles qui en retombant étincelait sur les accessoires.

Il me regarda, secoua sa tête et dans un tintement de clochette, il disparut.

Depuis, lorsqu’arrive les préparatifs de la fête de Noël, je sais que ce n’est pas le sapin qui a le plus d’importance, mais le petit lutin qui s’y accroche, pour faire de la veillée une nuit de féérie.

 

M.H.(Michèle Hardenne)

 

 

Les rêves d’un enfant. 4 décembre, 2011

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 21:12

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Les rêves d’un enfant

En cette fin de décembre, les devantures des magasins restent éclairées durant la nuit.

Justin dans son lit n’arrive pas à s’endormir.

Les rideaux de la fenêtre de sa chambre ne sont pas suffisamment épais, et des lumières multicolores clignotantes s’invitent en projetant de jolies couleurs sur les murs et le plafond.

Les bras croisés derrière la nuque, la couette repoussée vers le pied du lit, il regarde en souriant les affiches qui sont fixées sur le mur d’en face.

Soudain, il se frotte les yeux.

Il entend des bruits qui proviennent d’une boîte, déposée sur le dessus du bac, où il range ses jouets.

Dans cette boîte, il y a des « lego » pour construire un château médiéval et aussi des figurines de chevaliers, un dragon, une princesse, un roi,  un berger, des moutons, des chevaux.

Il n’a pas encore eu le temps de déballer tout son contenu.

Il venait de la recevoir, elle avait été déposée sur le sol devant la cheminée, et c’est son papa qui l’avait découverte. Elle était emballée dans un papier brillant rouge et sur le gros nœud en satin or, était écrit au feutre noir le nom du petit garçon. 

Comme il se faisait tard, Justin avait juste pu ôter l’emballage. Son papa devait aller travailler, et il lui avait promis, que demain, dimanche, il l’aiderait à construire le château.

Justin s’assied sur son lit et voit le carton qui se met à bouger.

Il se lève et se dirige vers le bac à jouet. A peine s’en approche-t-il, qu’une dizaine de chevaliers s’en échappent et, sur leur fière monture, lui passent entre les jambes et se dirigent sous le lit.

Les lumières multicolores sont plus vives et leurs clignotements plus rapides.

Justin ne reconnait plus sa chambre, ses pieds foulent un sentier de cailloux jaunes.

Il porte un gilet en laine de brebis, et est chaussé de sabots en bois. Dans sa main, il tient un bâton.

« Allons Jouvenceau, fais place, au Seigneur et à sa Damoiselle », s’écrie une voix d’homme derrière lui.

Justin s’écarte du chemin et  les yeux grands écarquillés, laisse passer une troupe de chevaliers en armure, entourant un homme corpulent, richement  vêtu, et une jeune fille.

Le clignotement avait cessé et une lumière orangée inondait la pièce.

Justin dormait paisiblement, ses bras dépassaient de la couette et dans ses mains légèrement ouvertes, il tenait… dans l’une, une figurine de princesse, dans l’autre, celle d’un dragon.

M.H. (Michèle Hardenne)

 

 

Une femme au coeur Soleil et au regard de Lune. 5 novembre, 2011

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 1:02

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Une femme au cœur Soleil et au regard de Lune

Il était une fois, une femme qui, de par sa nature se voulait maternelle. 

Elle ressentait la peine des autres, la respirait et avait un besoin viscéral d’entrer dans leur vie, pour leur apporter un peu de cet espoir, qui comme les couleurs d’un arc-en-ciel étalait une palette du merveilleux, autour d’eux.

Il y avait tellement de gens qu’elle rencontrait, qui affichaient dans leur regard et leur sourire tout le gris d’une pluie d’hiver, qu’elle se sentait attirée par leurs tristes attraits en pensant qu’il serait si facile de leur redonner la joie, et les étincelles d’un éclat de soleil.

Elle ne cherchait pas à les rencontrer, ils venaient à elle, et elle les aimait.

Elle n’avait qu’un cœur et ne pouvait le partager, alors elle se mettait à rêver.

Elle imaginait un endroit, où le soleil était si généreux, que tout le monde pouvait en profiter, et qu’à elle seule, la chaleur de l’astre suffisait à leur faire oublier leur misère, leur malheur, leur solitude, et elle se voyait, parmi eux, comme eux.

Elle les invitait à venir dans son plurivers et à y fêter l’amitié.

Mais au bout d’un temps, ses compagnons préférèrent la Lune, qui soulageait leur infortune, faisant fi de la souffrance des autres, qui avaient tant à espérer.

La Lune avait, aussi, le reflet de la femme.

Elles se connaissaient si bien, pour avoir échangé tant de nuits,  pleurs et tristesse, dans des songes muets qui demeureraient secrets.

La Lune se faisait amie et confidente, amour et amante, pour  écouter et apaiser tous ceux qui l’admiraient.

Il était une fois, une femme qui rêvait d’avoir un cœur Soleil et un regard de Lune, afin de pouvoir partager ses éclats d’amitié.

M.H. 

 

 

La princesse et le chevalier. 29 octobre, 2011

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 0:05

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La princesse et le chevalier

Mirella travaillait dans une agence de voyage, depuis une dizaine d’années.

Elle s’asseyait devant son bureau à huit heures tapantes, et fermait la porte vers dix-huit heures.

Son travail consistait à répondre à des demandes de renseignements, formulées sur le site internet de son employeur.

Elle était le contact virtuel, la personne que l’on joignait d’un « clic » et qui vous répondait en déposant dans votre boîte mail, du rêve.

Il devait être 16 heures, elle n’avait répondu qu’à trois demandes : un week-end pour un couple à Paris, un séjour d’une semaine à Agadir pour un homme à la retraite, et une réponse de renseignement relatif à une location d’un appartement sur la côte.

Il n’avait pas arrêté de pleuvoir de la journée.

L’agence était située près d’un centre commercial, et en cette veille de week-end, la rue ne désemplissait pas.

Quelques visages venaient se coller à la vitrine, mais le gong de la porte restait silencieux.

Son employeur  Henri, s’occupait d’accueillir et de conseiller les clients.

L’agence comptait également deux autres personnes : Lory, qui avait dû s’absenter pour reprendre ses enfants à l’école, et Eric qui était en mission à l’étranger.

Henri proposa à Mirella de fermer l’agence vers 17 heures.

Elle s’en réjouissait, le manque de lumière de la journée l’avait assommée, elle se sentait si fatiguée.

Elle regarda l’heure affichée à la droite de son écran et laissa s’échapper un sourire.

Henri était parti depuis une demi-heure.

Elle retira son oreillette, se passa une main dans les cheveux, rangea rapidement son stylo et son carnet dans le tiroir du bureau, se leva et enfila son imperméable.

Avant de tirer la porte, elle enclencha l’alarme.

Elle venait à peine de descendre le rideau de fer, qu’elle fut bousculée par un homme qui lui saisit son sac et fila, la laissant les genoux sur le sol mouillé.

Mirella se mit à crier, mais la rue s’était vidée. Elle se retrouva seule, sans portable et sans argent.

Elle sortit de la poche de son manteau, un trousseau de clés, et se rendit au parking du centre commercial.

Elle s’apprêtait à entrer dans sa voiture, lorsqu’une main se déposa sur son épaule.

Elle sursauta, se retourna et vit au bout du bras d’un homme, son sac.

Il l’attira à lui et l’embrassa.

« Comment l’as-tu récupéré, lui demanda- t-elle surprise ?

Eric lui fit un doux sourire.

« Je passais à l’agence pour saluer Henri et déposer des dossiers, lorsqu’ un type m’a foncé dessus. J’ai reconnu le sac que je t’ai offert. Je l’ai récupéré, et le type a filé sans demander son reste » lui répondit Eric en la serrant dans ses bras.

« Tu es mon chevalier »…

« Au service de ma princesse » finit-il par lui dire en se saisissant des clés de la voiture !

M.H. 

 

 

Le petit moulin. 19 octobre, 2011

Classé dans : CONTE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 0:51

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Le petit moulin.

Il était au fond du jardin, le lierre le recouvrait dans sa totalité et certains soirs de lune, il ressemblait à un gardien qui s’imposait et veillait devant la grille de la maison.

Le petit moulin avait été installé au centre de la propriété, il y a bien longtemps, et tout au long de l’année, il  avait fait la joie du monde qui vivait dans son entourage.

Je me souviens de ses quatre longs bras qui saluaient  le soleil, dès le retour du printemps, et embrassaient l’air chargé du parfum de mille fleurs, qui comme un ruisseau se jetait à ses pieds.

Un vieil abreuvoir en pierre avait été déposé à ses côtés et avait la visite de nombreux petits oiseaux qui venaient s’y baigner et s’y désaltérer.

Les insectes proliféraient  et les fleurs leurs souriaient.

La vie était colorée dans le jardin et le moulin, au corps charpenté, y était la pièce maîtresse.

Il avait été fabriqué  par un artisan en ébénisterie et était la reproduction fidèle d’un moulin à grain de son village.

Il avait une hauteur de deux mètres, un corps pyramidal dont la base faisait plus d’un mètre, surmontée d’une tête dont le périmètre dépassait les cinquante centimètres.

Sa fière allure, il la devait principalement à ses pales qui par deux, d’un bout à l’autre, dépassaient les trois mètres.

Un soir d’orage, le vent se fit si violent que les pales se mirent à tourner, déstabilisant  le colosse de bois, qui se renversa sur le tapis de fleurs.

Le lendemain matin, le jardin n’était plus qu’un champ de bataille où les branches des saules et des marronniers jonchaient  le gazon.

Les fleurs étaient couchées sur le sol, elles avaient perdu de leur superbe et le moulin gisait sur une terre humide, étant blessé, à l’agonie.

Le moulin n’était pas réparable, il était devenu manchot et sa tête qui contenait le mécanisme supportant les pales était détruit.

Il fut placé dans le fond du jardin, près d’une haie de charmes, dans un des coins les plus sombres et les plus humides, et se laissa oublier.

Aujourd’hui, ce moulin va renaître. Il vient d’être découvert par un jardinier, qui taillait la haie.

Cet amoureux de la nature, dégagea le lierre et s’arrêta net devant un tronc qui aurait pu être celui d’un vieil arbre.

Il sortit le moulin de la terre dans laquelle il s’était enfoncé, et le mit au soleil.

Il alla chercher ses outils et le nettoya.

Il trouva les pales, les répara et les refixa sur le visage de bois.

Le mécanisme était inutilisable, les pales ne pouvaient plus tourner.

Il passa toute sa journée à le restaurer, avec les moyens dont il disposait, puis lorsque le soleil se coucha, il le déplaça et l’installa au centre du jardin.

Le jardinier était heureux, le moulin retrouva toute sa fierté, il allait devenir à nouveau l’hôte du jardin.

Sur ses pales immobiles, les oiseaux  y trouveront une aire de repos, dans le corps du moulin, des ouvertures permettront aux mésanges d’y faire leur nid, les fleurs pourront dès le printemps y dresser un tapis de mille fragrances, qui feront revenir les abeilles et les papillons.

Quant au jardinier, il était aussi poète, et le moulin est la source de bien de ses inspirations.

M.H. 

 

 

Une mer d’Octobre. 6 octobre, 2011

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 7:41

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Une mer d’octobre.

Elle se faisait dorer la coquille au soleil. Elle aimait que le petit vent d’été la fasse rouler dans l’herbe,
Elle avait déjà parcouru plusieurs mètres, depuis qu’elle avait quitté ses parents. Elle distinguait encore la haute stature de son père, mais n’apercevait plus sa mère.

Elle avait glissé de sa petite couette végétale, une matinée de fin d’octobre, et n’avait même pas essayé de se retenir à ses sœurs.
Elle était tombée sur un sol moelleux, recouvert d’une herbe grasse et des dizaines de petites fourmis étaient venues la saluer et auraient tant aimé l’emporter dans leur maison.

La pluie était tombée et les insectes s’en étaient allés, la laissant seule dans le pré. Un vent plus violent l’avait poussée de plus en plus loin, et l’avait approchée d’une mare.

Un colvert, à l’œil vif la prit avant qu’elle ne tombe dans l’eau et d’un battement d’ailes, il s’envola.
Le lendemain, le paysage avait changé.

Elle se réveilla dans un endroit où les feuilles sous la pluie formaient une mer d’octobre, et la petite noisette réalisa alors qu’une nouvelle vie allait enfin pouvoir commencer !

M.H.

 

 

Une promenade en forêt. 30 septembre, 2011

Classé dans : CONTE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 21:22

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Une promenade en forêt

La chaleur s’était installée depuis plusieurs semaines.

Le petit ruisseau, qui aurait dû se dessiner au centre de la clairière, n’était plus qu’un sentier dont la terre argileuse se craquelait et, seules, quelques grosses pierres y exposaient leur ventre coloré.

De l’aube jusqu’au petit matin, la vie dans la forêt s’animait et mille chants l’égayait.

Le lever du jour, était le moment préféré de la petite famille pour quitter le nid, construit dans un des plus vieux arbres de la forêt, afin d’aller ramasser quelques faines, noisettes, glands et diverses graines d’épicéas et de sapins.

Ce matin là, dès que le petit dernier eut quitté le houppier, le ciel se mit à s’assombrir et les oiseaux s’arrêtèrent de chanter.

La forêt se taisait.

La mère se dressa sur ses pattes arrière et tout en poussant de petits cris, elle invita les trois écureuillons à se hâter de la suivre, jusqu’au prochain arbre, où devait être rangée la réserve de provisions.

Les petits, les bras chargés de victuailles, avaient bien du mal à avancer.

Le vent venait de se lever, les fourmis en files organisées s’activaient à se glisser sous les rochers, les lièvres regagnaient leurs terriers.

Tandis que les oiseaux se regroupaient sur les cimes des arbres, prêts à s’envoler, un sifflement strident se glissa entre les plus hautes branches, avertissant le monde de la forêt d’un danger imminent.

L’arbre n’était plus très loin, juste à quelques mètres du ruisseau, de l’autre côté, sur la berge d’en face.

Tous les écureuillons avaient une si lourde charge à transporter, qu’ils ne pouvaient se mouvoir comme à leur habitude, en bondissant.

Ils devaient tenir fermement la nourriture entre leurs pattes de devant et se déplacer en trottinant.

Ils étaient arrivés devant le ruisseau.

Le ciel gronda et les nuages en habit de nuit se mirent à pleurer à grosses gouttes.

Un des trois petits et la mère avaient eu le temps de traverser le fossé et de se mettre à l’abri au creux de l’arbre, laissant deux de ses frères sur la rive opposée.

Le petit dernier qui transportait quelques noix, les laissa s’échapper et elles allèrent se fracasser contre un énorme rocher.

Les gouttes de pluie étaient si grosses, qu’elles éclataient sur le sol et il ne fallut pas longtemps pour que le large sillon devienne une flaque boueuse, puis une marre brunâtre pour redevenir un ruisseau qui rapidement commença à déborder.

Un des deux écureuils prit une branche sur la tête, il s’écroula sur la berge et lâcha les graines qu’il tenait contre son ventre pour les protéger de l’eau.

Le plus jeune ramassa un bout de bois et s’en servi pour attraper deux coquilles de noix qui flottaient et qui se laissaient entraîner par les flots.

Il aida son frère à se relever et lui couvrit la tête d’une des coques.

Les casques, ainsi improvisés, les protégeaient à la fois de la pluie et des branches qui frôlaient leurs petites têtes.

Il leur était impossible de traverser le ruisseau, mais alléger de leurs lourdes provisions, ils grimpèrent le long du tronc d’un arbre et d’un bond parvinrent sur l’autre berge.

Un promeneur qui passait par cet endroit, aperçut deux écureuils volants casqués et trouva que la nature avait bien des leçons à nous donner.

Ainsi, lorsque nous sortons sous la pluie, en forêt, pensons à nous couvrir !

M.H. 

 

 

Dans la cour de récré. 21 septembre, 2011

Classé dans : CONTE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 11:35

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Dans la cour de récré.

La haute grille est ouverte, il l’a franchi, tête baissée, corps voûté par le lourd cartable qu’il porte sur le dos.

Au fond d’une cour carrée, il y a un préau avec un banc, il le voit, il s’y dirige en marchant sur les dalles de béton.

Il les compte dans sa tête, sur la quarantième il marque un arrêt.

Il est devant un marronnier et il doit le contourner.

Il s’est levé tôt et semble être le premier.

Une large feuille vient se poser sur son épaule.

Il lève les yeux et il l’aperçoit.

Des petits yeux noirs et luisants le fixent.

Tous deux restent immobiles.

Le grand oiseau noir se met à sautiller sur les branches et se rapproche de Pierre.

Pierre se met à reculer et se pose sur la trente-neuvième dalle.

L’oiseau ouvre ses ailes et semble s’étirer comme s’il venait de sortir d’un sommeil, puis il se frotte le bec sur le tronc de l’arbre centenaire.

Pierre se met à sourire et plus la jolie fente sur son visage s’élargit, plus l’oiseau se cogne le bec sur l’arbre.

Dans la cour, le son s’amplifie et se fait musical et rythmé.

Pierre fait glisser son cartable, le dépose sur le sol, l’ouvre et en sort une petite boîte dans laquelle se trouve son déjeuner.

Il arrache d’une de ses tartines, la croûte qu’il ne mangera pas et la tend vers l’oiseau.

Doucement, Pierre, le morceau de pain tenu du bout des doigts, s’assied sur le sol froid, posant son dos contre le tronc et il se met à l’appeler.

La musique cesse et un corps luisant bleu foncé vient se poser à ses côtés.

Pierre arrache des morceaux de la croûte et les lance à l’oiseau qui habilement de son bec acéré s’en saisit.

L’enfant a le regard brillant, il lui parle doucement.

Ils sont tellement proches, qu’il pourrait presque lui caresser le plumage.

Des rires d’enfants font sursauter l’oiseau, qui en prenant le dernier croûton s’envole se réfugier dans le marronnier au feuillage encore épais et qui commence à prendre des teintes rousses.

Pierre se relève, jette un dernier regard dans l’arbre et laisse s’échapper un petit rire.

L’oiseau en sifflant incline la tête.

Au moment, où l’enfant remet son cartable sur son dos, une grande plume noire vient se poser à ses pieds.

Pierre la ramasse et l’enfouit dans la poche de son blouson.

Cette plume, il la taillera et la trempera dans une encre au couleur de l’oiseau et il sait déjà qu’il l’utilisera pour écrire les mots qu’il apprendra à l’école, où il vient de faire sa rentrée.

M.H. 

 

 

La rentrée de Julien. 12 septembre, 2011

Classé dans : CONTE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 7:27

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La rentrée de Julien.

La lune se faisait timide, elle attendait que s’en aille le soleil.

Julien s’était couché plus tôt.

Demain serait un grand jour, il fallait qu’il se lève de bonne heure, il y aurait tant de choses à faire.

Il avait pris un bain chaud dont les effets devaient l’apaiser et le plonger plus rapidement dans le sommeil.

Mais, Julien, sous sa couette imprimée de petits dessins représentant des fusées dans l’espace, ne pouvait fermer les yeux !

Il la regardait, elle brillait de mille lueurs orangées et elle avait de longs cheveux fins et argentés au bout desquels des étoiles dorées y étaient suspendues.

Julien sentait son corps s’enfoncer dans le moelleux du matelas, tandis que ses pensées le quittaient pour partir s’accrocher aux étoiles.

Il voyait le bout de ses petits doigts tendus pour les attraper, il se sentait si léger, il volait…

Il voyait la terre devenir une bille, il venait de toucher la première étoile, lorsque la porte de la chambre s’ouvrit dans un grincement et que sa mère apparut.

Elle tira les rideaux et le soleil entra dans la petite chambre.

Elle aida son enfant à faire sa toilette, puis elle lui servit son petit déjeuner, elle lui attacha les lacets de ses nouvelles chaussures en cuir marine, l’aida à passer sa veste et lui tendit un cartable en toile jaune avec en lettres de couleur bleu, écrit : Julien.

Julien venait d’avoir trois ans et ce matin, il irait jouer dans la cour des grands !

Cette nuit, le petit bonhomme avait emporté avec lui un peu de son innocence qu’il est allé déposer sur le cœur d’une étoile, afin qu’elle puisse la conserver pour l’éternité.

M.H. 

 

 

Le Pech et l’olivier. 29 août, 2011

Classé dans : CONTE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 8:35

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L’olivier.

Le pech, en cette chaude saison, était le premier à bénéficier des rayons du soleil qui dès son lever le baignait de belles couleurs dans les tons orangés.

Cette montagne était caressée par quatre vents et l’herbe qui en recouvrait le sol aride était couchée et jaunie.

Il était difficile d’accéder à ce petit plateau ; il fallait traverser la plaine, quitter la route de béton et s’engager dans des chemins de rocailles.

De nombreux sentiers menaient aux vignobles situés sur des coteaux pleinement exposés et, les ceps tordus, coiffés d’un feuillage riche de vert qui protégeaient les fruits qui commençaient à être mûrs, dans un alignement parfait, invitaient à être traversés.

Après avoir escaladé quelques roches agressives de par leurs côtés escarpés, il fallait ensuite s’enfoncer dans une forêt de cyprès de Montpellier, où le vent n’y était pas invité, se laisser enivrer par les fortes odeurs d’épices qui s’en dégageaient et parcourir des kilomètres dans une nature où aucun chemin n’était balisé.

Martin y avait été amené au début de l’été et pour lui cet endroit avait tout du goût du paradis.

Il s’y était fait rapidement une amie : Mélusine, une palombe au plumage clair de lune, qui prenait plaisir à venir se poser sur l’unique olivier, qui avait poussé en plein centre du plateau et qui fournissait à Martin un peu d’ombre lorsque le soleil, ayant dépassé le zénith, se faisait brûlant.

Pendant que Martin se nourrissait des herbes sèches, participant ainsi à limiter un risque d’incendie dans ce site protégé, Mélusine lui tenait compagnie.

Elle demeurait muette et c’était en s’empiffrant d’herbes craquantes que l’âne lui contait son histoire d’avant, tandis qu’elle l’écoutait.

Martin était heureux et sa joie s’exprimait de bien des façons : il gambadait en sautant au-dessus de jeunes plants de lavande sauvage, donnait à sa voix des intonations théâtrales et surtout se mettait à composer pour son amie ailée de jolis poèmes qui lui étaient inspirés par le souffle des quatre vents.

Mélusine n’était pas sa seule auditrice, parfois des cigales se mettaient à applaudir à la fin d’une stance ou d’un sonnet et des libellules posées sur quelques baies sauvages, tout en battant des ailes, exprimaient leur contentement.

La palombe était séduite et conquise par cet âne poète qui mettait tout son cœur à narrer les sentiments les plus beaux dont il se sentait envahi et qu’il avait tant de bonheur à partager avec son amie.

Dans son envolée poétique, Martin invita Mélusine à partager une valse de mots, puis une autre, tant et si bien  qu’il en était arrivé à ne plus se nourrir.

Le décor du plateau changea, la nature qui s’offrait aux rayons ardents du soleil prenait de plus en plus des reflets d’or.

Les herbes devinrent chaque jour plus hautes et plus sèches, fournissant un abri de fortune pour les insectes qui venaient agrandir l’auditoire de l’âne poète.

Le vent du Sud avait colporté les mots qui chantaient, en une douce mélodie, la beauté sauvage de la montagne, le vent de l’Est avait emporté ceux relatifs aux odeurs de la garrigue, le vent de l’Ouest s’était nourri de ceux qui portent l’espoir et enfin le vent du Nord en avait caressé les plus tendres.

Quant aux mots d’amour, Mélusine les avait saisis et conservés sous son aile gauche, Martin les lui avait offerts comme un bouquet de fleurs aux milles senteurs.

Mais ce jour-là, les nuages se disputaient le ciel et le soleil ne s’était pas montré.

Mélusine avait rejoint son ami et s’était posée comme à l’accoutumée sur l’olivier.

Pendant que Martin lui récitait une de ses compositions, un grondement se fit entendre au loin, suivit par un éclat de lumière qui telle une flèche tirée du ciel, s’abattit sur l’olivier qui se fendit en deux.

Mélusine qui n’avait encore émis aucun son, laissa subitement s’échapper un sifflement tellement strident que les vents qui s’étaient apaisés se mirent à souffler avec force, attisant la lueur de l’éclat et transformant l’olivier en un arbre incandescent.

Martin plongea dans les flammes à l’appel de son amie et c’est ainsi, que depuis plusieurs années, dès les premiers rayons du soleil sur le pech, il est possible de voir une créature d’éther, née de la fusion  d’un âne et d’une palombe, s’accrocher à la chevelure des quatre vents, et d’entendre ces mots qui chantent la beauté de la montagne, de respirer ceux aux senteurs de garrigue et de retrouver le cœur plein d’espoir, une âme de poète.

M .H. 

 

 

Le chevalier du sable. 25 juillet, 2011

Classé dans : CONTE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 21:21

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Le chevalier du sable.

Je regarde un petit garçon

Qui tient d’une main pelle et râteau,

Et dans l’autre, un petit seau

Qu’il a remplit au ras bord d’eau.

Il s’assied sur un sable mouillé,

Pose la main sur son front,

Regarde le soleil qui est déjà haut

Puis, prend sa pelle et se met à creuser.

Il dessine d’abord les contours, un carré,

Il vide ensuite l’eau de son seau,

Formant dans une rainure un ruisseau

Que le sol a bien vite fait d’avaler.

Le petit garçon prend le sable hydraté

Et en remplit le minuscule seau de plastique.

Puis, il le retourne en faisant une mimique.

Hésitant, le sable se laisse glisser

Et le gamin se met à rire,

Décrochant chez moi un sourire

Qui me donne envie de participer

A la création d’un château formidable,

Pour ce petit chevalier de sable

Qui ne demande qu’à rêver !

M.H. 

 

 

Marine et une amitié d’été. 22 juillet, 2011

Classé dans : CONTE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 15:13

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Marine et une amitié d’été.

Ce mois de juillet avait si bien commencé.

Marine était assise sur une souche d’arbre qui avait dû être crachée par la mer récemment ; le bois en était poreux et encore humide.

Elle aimait venir s’asseoir en bord de mer, laissant le vent lui emmêler les cheveux, le sable lui fouetter doucement le visage et l’air… cet air si rafraichissant, riche en sel et aux fortes odeurs iodées qui la grisait, lui apportant tant de sérénité.

Elle avait foulé pour la première fois cette plage au sable blanc et fin, au début de l’été et elle aimait tant venir s’y promener.

Ce jour-là, le soleil en était à son midi et sa générosité était telle que le sable en était bouillant.

Marine avait emporté son déjeuner qui se composait: d’un pain fourré garni d’une feuille de salade, de quelques rondelles de tomates, d’une tranche de fromage, et elle comptait se trouver un emplacement agréable pour improviser un pique-nique en bord de mer.

La plage était recouverte de parasols multicolores, des vacanciers avait pris d’assaut le moindre centimètre carré de sable pour être les plus proches de l’eau salée.

Marine dût longer la plage pour finalement trouver une petite crique désertée, entourée de rochers escarpés, contre lesquels venaient s’échouer les vagues.

Il restait un peu de sable au sec, protégé des embruns par un rocher plus massif qui déposait sur la petite surface une zone d’ombre.

Assise à même le sable, elle mangeait tout en regardant un ciel lavande sans nuage.

Soudain, une silhouette se dessina sur le sable, Marine se retourna et vit un goéland d’une taille impressionnante.

L’oiseau la fixait de ses yeux jaunes et brillants.

La fillette prit un morceau de pain et le lui tendit, il allongea le cou et s’en saisit.

La moitié de la mie fut ainsi partagée, puis le goéland s’inclina, ouvrit ses larges ailes et s’envola.

Chaque jour, Marine se rendait dans la petite baie et son ami ailé l’y attendait.

Elle lui faisait la conversation, partageait de la nourriture qu’elle prenait en plus grande quantité et passait en sa compagnie un peu de l’été.

Mais la chaleur des premières semaines avait été chassée par une nuit d’orage ; le temps s’était rafraîchit, le soleil se faisait discret et la plage fut abandonnée.

Pour rien au monde, Marine n’aurait manqué le rendez-vous quotidien avec son nouvel ami.

Vêtue de vêtements plus chauds, elle se rendit sur la plage et vit, dans le ciel plombé de gris, son ami qui dansait avec les vagues d’une mer plus houleuse.

Elle le salua et d’un grand coup d’aile, il vint se poser sur le sable à ses côtés.

Marine lui lança quelques morceaux de pain, mais ceux-ci furent emportés par la mer.

Le goéland prit alors son envol, monta dans le ciel, fit un demi-tour et plongea dans l’océan pour en extraire les quignons avant même qu’ils ne soient engloutis, puis il venait rejoindre la petite fille qui tout en riant le félicitait et le caressait.

En bord de mer, les nuages gris ne s’installent pas, le vent y est roi et il se plait à les chasser vers la terre.

C’est ainsi que le lendemain, le soleil fit son retour et la plage retrouva toute son animation, ses bruits, ses odeurs d’huile parfumée qui se mélangeait à l’air marin.

Marine retourna à la crique et se mit à observer le ciel, à nouveau azuré, à la recherche de son ami.

Elle l’attendit, jusqu’à ce que le soleil descende sur la montagne, mais cette fois-là, elle ne le vit pas.

Deux, puis trois jours passèrent.

C’était son dernier jour de vacances d’été et comme à son habitude, avec un déjeuner pour deux, Marine se dirigea vers la baie dans l’espoir qu’il serait au rendez-vous et c’est alors qu’elle l’aperçut.

Une petite fille lui lançait des morceaux de poissons, provenant d’un reste de repas.

Le goéland lui lança un regard, puis il se mit à rire.

Marine ouvrit son sac, en sortit un morceau de pain qu’elle lui montra.

Mais l’oiseau se mit à rire de plus belle, tout en se régalant des morceaux de poissons que lui jetait l’enfant.

Marine vit alors à proximité une souche d’arbre, elle s’y assit et regarda l’oiseau s’amuser d’une nouvelle amie qui lui présentait une nourriture plus appétissante que celle qu’elle pouvait lui offrir.

Le goéland ne la regardait plus, elle était devenue invisible.

Marine prit le pain, le découpa en petits morceaux et le jeta à ses pieds.

Les doigts de la mer se traînèrent sur le sable et emportèrent cette amitié éphémère qui disparut du ciel et de la terre.

Il était une fin d’un mois de juillet où une petite fille comprit que l’amitié, la vraie, devait durer plus d’un été.

M.H. 

 

 

Le soldat et la danseuse. 19 juillet, 2011

Classé dans : CONTE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 7:42

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Le soldat et la danseuse.

Dans le tiroir d’une vieille armoire, oublié dans le recoin du grenier, j’ai trouvé un écrin de velours aux couleurs délavées.

Cette petite boîte à bijoux, je l’ai découverte en voulant faire du rangement et utiliser l’espace de la penderie pour y mettre les vêtements que j’avais portés la saison passée.

Le tiroir n’avait pas été facile à ouvrir ; le bois en était déformé, depuis le temps qu’il était resté fermé et c’est en passant la main dans le fond de ce caisson, que mes doigts rencontrèrent la boîte en carton recouverte d’un tissu qui avait dû être rouge vif, il y a bien des années.

Assise en tailleur sur le plancher, l’écrin entre les mains, je soufflais dessus soulevant un nuage d’une fine poussière qui se mit à danser dans un rayon de lumière, filtré par la tabatière.

Je souriais et une foule de souvenirs me revinrent à l’esprit.

Je me voyais, dans ma chambre d’enfant, je devais avoir sept ou huit ans, assise sur mon lit et je jouais «  à la danseuse et au soldat ».

Ma petite ballerine, je l’avais découpée dans un papier « steinsbach », sur lequel je l’avais dessinée.

J’avais collé sur sa silhouette de papier un petit morceau de soie bleue ciel, récupéré d’une vieille robe à maman, en guise de corsage et un morceau de tulle provenant de vieux voilages était devenu un gracieux tutu.

Quant au soldat, je l’avais pris parmi une série de « petits hommes » que mon frère collectionnait et qu’il laissait sur une étagère au-dessus de son lit.

Il en avait tellement, qu’un de plus ou un de moins ne se voyait même pas.

Ce soldat de plomb m’avait plu, il avait l’air si malheureux avec son képi tordu et comme il ne possédait qu’une jambe, il ne pouvait rester debout sur l’étagère et devait s’appuyer contre un modèle réduit de voiture métallisée pour rester digne et fier.

Je l’avais vu comme un danseur d’opéra et pour ma danseuse « étoile », il lui fallait un cavalier particulier !

Des journées entières, je les ai faits danser et la petite boîte à bijoux était leur foyer, la nuit, je les y couchais.

En ouvrant l’écrin, une larme me glissa sur la joue, mon couple de danseur y était toujours.

Ils avaient un peu perdu de leur jolie couleur, mais ils étaient toujours côte à côte et en regardant le petit soldat et la petite danseuse de plus près, je remarquais qu’ils souriaient et que leurs mains s’étaient unies.

M.H. 

 

 

Sauvetage virtuel. 8 juillet, 2011

Classé dans : CONTE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 7:30

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Sauvetage virtuel.

Ma boîte mail me signale que j’ai un message.

Je clique sur le petit oiseau qui bat des ailes dans le coin droit de l’écran et je vais le lire.

Il s’agit d’un appel au secours : « je me suis planté, je n’arrive plus à accéder à mon blog, je mets les mots de passe mais j’y arrive pas… ».

Mon pauvre ami virtuel pour qui la technologie est comme une belle femme : »jolie à regarder mais si on veut éviter les ennuis…on s’y intéresse de loin », semblait vraiment perdu, égaré, paniqué, énervé.

Notre informaticien en herbe à voulu faire un peu de ménage dans la mémoire de son ordinateur et a supprimé des fonctions d’accès à la connexion de certaines pages « internet » s’isolant par la même occasion d’un univers auquel il s’était accroché.

Depuis son île dans l’océan indien, cet internaute est venu nous rendre visite sur une plate-forme tout aussi exotique.

Il y a planté sa tente et, décalage horaire oblige, il passe tôt le matin pour nous saluer de ses écrits remplis de soleil.

L’angoisse se lisant dans ses mots, il fallait le secourir, je ne pouvais le laisser davantage s’isoler, un sauvetage informatique s’imposait, il me fallait de l’assistance – l’informatique n’étant pas vraiment ma tasse de thé-, il ne me restait qu’à lancer un appel à l’aide sur la plate-forme.

Le message fut vite interpellé, la solidarité virtuelle a fonctionné, tous les habitués y allaient de leurs petits mots d’encouragement, un modérateur spécialisé a lancé la bouée de son savoir et enfin notre ami a pu nous laisser un message : 

                                 YOUUPPIIEEEEEE je vous ai retrouvé….MERCI …. 

M.H. 

 

 

Aurore et le hérisson. 29 juin, 2011

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 11:31

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Aurore et le hérisson

Il était une fois une jeune fille qui vivait dans une prairie.

Sa maison était un champignon ; il était petit, mais il faisait si bon y vivre. 

Les vaches et la jument la connaissaient et prenaient grand soin de ne pas piétiner la demeure de la demoiselle, pour rien au monde, ils n’auraient souhaité qu’elle déménage dans le pré voisin.

Cette locataire était leur amie.

Aurore était de la taille d’une mouche, avec sa jolie robe couleur de rosée, ses cheveux brillants en fil d’araignée, ses grands yeux d’un vert tendre et une jolie paire d’ailes scintillantes, les animaux la reconnaissaient et chaque matin, aux premières lueurs du jour, elle allait les saluer pour le remettre le bonjour.

Elle s’était levée de bonne heure, ce matin là, elle vola jusqu’au soleil et ramena dans son panier quelques poussières de lumière qu’elle distribua à ses amis, pour leur faire oublier la nuit.

Elle commença par déposer sur les naseaux de Félice un peu de poussière du jour.

La jument ouvrit un œil et la remercia pour ce présent, encore plus lumineux que celui du jour d’avant.

Ensuite, ce fut le tour des vaches, qui la complimentèrent en agitant les oreilles et la queue.

Aurore avait rempli son panier, plus que d’habitude.

Il est vrai que ce jour là, le soleil fut plus généreux.

Il lui en restait pour ses voisins, de la prairie d’à côté, mais c’était son cousin Germain qui s’en occupait.

Il habitait dans une magnifique amanite, avec sa femme et ses trois bambins.

Germain n’était jamais pressé de faire sa tournée pour le lever du jour.

Dans son pré, les vaches étaient plus grosses et faisaient la grasse matinée, quant au cheval, il passait de longues heures à se prélasser.

Aurore alla donc le trouver.

A quelques mètres du champignon occupé par son cousin, elle vit une créature qui semblait s’être égarée.

Elle alla la saluer.

Mais l’étranger n’était pas commode, à peine l’eut-elle approché qu’il se transforma en une boule recouverte de piquants.

Aurore hésita à lui offrir un peu de sa poussière du jour, peut-être qu’il était de ces animaux qui préfèrent l’eau de Lune.

Elle se présenta à lui et de sa douce voix lui proposa un peu du contenu de son panier.

Les piquants disparurent pour laisser apparaître une jolie fourrure couleur de terre et la boule se déplia pour donner forme à un petit être qui avait de jolis yeux doux et un museau brillant comme une perle noire.

Il lui expliqua qu’il avait dû quitter l’endroit où il vivait, que sa maison avait été détruite par des hommes qui cultivaient le champ où il avait passé l’hiver et qu’il était à la recherche de sa famille.

C’était la première fois qu’Aurore voyait cette espèce d’animal.

Elle l’invita à venir se reposer près de son champignon, ce voyageur semblait exténué.

Pendant qu’il dormait, Aurore alla interroger ses amis.

Félice se souvenait d’avoir déjà croisé une famille qui ressemblait à ce petit animal au printemps dernier, elle l’avait vu se diriger vers la ferme et elle était sûre qu’il y était encore.

Après deux levers de soleil, l’invité d’Aurore accepta qu’elle lui offre un peu de sa poussière.

Elle lui révéla que des membres de sa famille avaient trouvé refuge dans une grange au-delà de la prairie et que s’il le souhaitait, elle se ferait un plaisir de l’y accompagner.

Il fut ravi de la nouvelle et lui proposa de monter sur le sommet de la tête.

Aurore avait préparé pour le voyage un peu d’eau de lune, il fallait qu’elle en fasse provision pour prévoir son retour.

Le trajet du champignon à la grange mettrait au moins un lever de soleil et un de lune.

Il fallait absolument qu’elle soit rentrée avant le prochain retour du jour, sinon ses amis de la prairie ne se réveilleraient pas.

Son nouveau compagnon fut accueilli à bras ouverts par la famille qui vivaient dans la grange, il y vécu heureux de nombreuses années.

Quant à Aurore, elle avait regagné son petit champignon et avec l’aide des vaches et de la jument ils avaient construit un joli abri pour accueillir les soirs d’été son nouvel ami le hérisson.

M.H. 

 

 

Lusina et le clair de Lune. 26 juin, 2011

Classé dans : CONTE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 20:41

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 (photo réalisée par http://lusina.unblog.fr/)

Lusina et le clair de Lune.

Une nuit de clair de Lune, une petite fille était assise sur le bord d’une fenêtre grande ouverte.

Elle s’adressait à la demoiselle du ciel.

Elle le faisait chaque nuit qu’elle l’apercevait.

Dès que la Lune apparaissait, au travers de la vitre de sa chambre, Lusina sortait de son lit, ouvrait la fenêtre, prenait appui sur le bord et elle lui parlait.

Elle lui racontait sa journée passée à l’école, les devoirs difficiles qu’elle n’arrivait pas à terminer, le nouveau chaton qui était venu dans le jardin et qu’elle avait recueilli.

Depuis que sa maman l’avait quittée, suite à une longue maladie, la petite fille ne pouvait rater aucun clair de Lune.

Sa maman lui avait dit, en l’embrassant une dernière fois : « poussin, je vais bientôt partir, très loin, on ne pourra plus se voir, on ne pourra plus se parler, mais où que j’aille, soit sûre que je t’entendrais ».

- « Tu vas me quitter maman, pour toujours » lui avait dit de sa petite voix tremblante Lusina, tout en laissant couler les larmes sur ses joues et en posant sa petite tête brune sur le coeur de sa mère.

- Il te suffira de regarder la Lune et de lui parler, elle me racontera tout ce que tu lui diras.

- « Mais la Lune est si haute et si loin, il faudra que je crie très fort pour que tu m’entendes » lui dit Lusina inquiète.

- Mais non, ma Chérie pour toi chaque soir, la Lune, je la décrocherais et la rapprocherais de toi ainsi tu pourras lui parler tout bas !

 M.H. (Michèle Hardenne)

 

 

Les mots du Pierrot. 17 juin, 2011

Classé dans : CONTE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 18:30

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Les mots du Pierrot.

Il était une fois, un chaton au pelage noir et roux, qui mit en boule, sommeillait sur le coussin moelleux d’une chaise du jardin.

De temps en temps, un petit bruit lui faisait ouvrir l’œil.

Le repas sur pattes qui se promenait sur le gazon dégageait une bonne odeur de souris jeune et fraîche, mais le chaton avait déjà dîné et était plus que rassasié.

Il regardait la lune et s’imaginait que s’il était doté  d’une paire d’ailes, il pourrait se diriger vers la demoiselle blonde qui lui souriait.

Le chemin de la chaise à la lune ne semblait pas poser de problème, malgré la distance, il ferait un petit arrêt sur une étoile qui brillait, là tout près, et puis d’un bond ailé, il irait se poser sur la suivante, et avant d’arriver à destination, il pourrait toujours faire une dernière pause sur celle qu’il avait déjà remarquée, il y a plusieurs nuits, et qui de toutes était la plus étincelante.

Pour voyager, rien n’était plus facile, il avait déjà tenté cette expédition, mais avait dû y renoncer suite à l’appel de sa mère.

Il ferma les yeux, ses poils s’hérissèrent pour permettre à ses petites ailes de se déployer, il roula sa queue sur son dos pour bien les maintenir, il laissa un ronronnement le secouer et la magie s’opéra, le chaton s’envola.

Il eut rapidement atteint la première étoile sur laquelle il se posa, le temps de reprendre son souffle.

Ensuite, il se mit à sautiller sur des ronds dans l’espace, se laissa glisser sur la voie lactée et finit par atterrir sans aucune difficulté sur la dernière étoile.

Sur le bord de l’objet céleste, un Pierrot de Lune effeuillait sa plume et jetait ses mots dans le vide astral.

Le chaton s’approcha de lui et au clair de la lune lui demanda : « Pourquoi jettes-tu ces mots, ils sont beaux et pourraient peut-être encore être utiles ?

Le Pierrot regarda le petit animal ailé et le caressa, puis il lui répondit : « ce sont des mots d’amitiés, d’amour et de liberté, je ne les jette pas, je les sème dans le vent de l’univers et si mes calculs sont exacts, ils devraient se déposer sur cette Terre.

« Mais c’est chez moi » répondit le chaton surpris, « comment se fait-il que je ne les ai jamais reçus, ou vus ? S’inquiéta-t-il.

« Mais mots se déposent parfois sur des nuages ou sur la cime des grands arbres, parfois ils se mêlent au fil de l’eau, à l’air du vent, à la poussière du sable, aux épis du blé, sur le cœur des fleurs  pour finir dans celui des hommes» lui dit d’une douce voix mélodieuse le Pierrot qui ne cessait de lancer des petits morceaux de plumes, qui repoussaient aussi vite qu’il ne les détachait.

« Et tu en jettes souvent ? Demanda le chaton en ronronnant.

« Chaque fois que la Lune apparaît !

Le chaton resta auprès de son ami Pierrot, tout le temps que dura le clair de Lune, puis il le quitta pour revenir sur son coussin avant le lever du soleil.

Au petit matin, le chaton fut réveillé par une abeille et il remarqua qu’elle tenait un mot …d’amitié.

M.H. 

 

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