MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 

Un jour de repassage. 15 juin, 2011

Classé dans : CONTE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 20:28

 Un jour de repassage. dans CONTE repass10courage Fanette !

Un jour de repassage.

Une chemise souillée, à l’odeur âcre trainait dans une manne en attendant de pouvoir prendre un bain.

Cela faisait une semaine qu’elle attendait en compagnie de vieux essuies, pantalons, chaussettes, slips, que vienne enfin son tour de profiter d’une eau chaude parfumée à la lavande ou au muguet.

La manne commençait à se vider, les autres vêtements étaient passés en premier, du fait qu’ils étaient foncés.

Elle, à l’origine, était d’un blanc immaculé, avec de jolis boutons nacrés et sa matière était tissée du plus beau et du plus fin des cotons.

Elle était de nature délicate et devait être entretenue avec précaution.

Le grand jour tant attendu était enfin arrivé.

La chemise se laissa emporter dans une mousse onctueuse et dans une eau au parfum des premières fleurs du printemps ; elle eut droit à un doux massage, plusieurs rinçages, un séchage aux quatre vents et finit par atterrir sur la table de repassage.

Comme, elle la chérissait cette bonne vienne planche.

Elle se laissa coucher sur le molleton et en apprécia sa douceur, puis se laissa caresser par un fer dont elle réclamait la chaleur.

La chemise fut ensuite pendue sur un cintre, complètement défroissée, parfumée et tout l’éclat de sa beauté, elle le devait à ce jour de repassage.

M.H. 

 

 

Vers le soleil couchant. 11 juin, 2011

Classé dans : CONTE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 8:55

 Vers le soleil couchant. dans CONTE soleil11

Vers le soleil couchant.

Il était une fois, une petite maison située au fond d’une impasse, près du centre d’une grande ville.

La ruelle était étroite et bordée d’immeubles,  à deux ou trois étages, abandonnés par leur propriétaire depuis plusieurs années.

Les toitures servaient de refuge aux pigeons et il n’était pas rare de voir pousser des arbres sur les cheminées.

Marie n’avait pas voulu quitter sa petite maison suite au plan d’urbanisation imposé par la ville; son quartier avait été considéré comme insalubre et ses voisins avaient accepté de céder leurs biens à des promoteurs immobiliers.

La maison de Marie ne comportait pas d’étage, elle était la dernière et fermait la ruelle.

Elle y avait été si heureuse, y avait vu naître ses quatre enfants, son amour avec qui elle avait partagé cinquante années de sa vie et qui l’avait quitté il y a six ans, et ses garçons qui étaient  partis poursuivre leur vie à l’étranger.

Depuis  le départ de Jean, elle ne recevait plus des nouvelles de ses enfants qu’une fois par an; une jolie carte scintillante et parfois musicale sur laquelle ils lui souhaitaient une « bonne année ».

Sur le mur de la cuisine, la pièce principale dans laquelle Marie passait ses journées, toutes les cartes y étaient fixées avec des punaises colorées.

Cette nuit-là, la pluie n’avait pas cessé de tomber.

Marie avait senti le changement de temps, ses doigts tordus la faisaient souffrir depuis quelques jours, et des douleurs lui secouaient la colonne vertébrale courbée par le poids des années et de la solitude.

Elle dormait dans son fauteuil, placé devant un foyer en fonte dans lequel brûlait du bois qu’elle avait récupéré des portes brisées des vieux immeubles voisins.

Le soleil ne s’était pas encore levé, Marie, recroquevillée dans son fauteuil aux accoudoirs usés, n’avait pas réussi à s’endormir.

Le bruit de la pendule était étouffé par les gouttes d’eau qui tombaient dans la bassine qu’elle avait placée sur le buffet, le feu s’endormait dans le poêle et un froid glacial s’était emparé de son petit espace.

Marie se couvrit de son châle et se leva.

Une brume épaisse avait envahi la ruelle.

Elle chercha un morceau de bois pour nourrir son compagnon de survie, mais le dernier se mourrait.

Elle en avait stocké dans la cave, il devait lui en rester suffisamment que pour finir la semaine.

Elle ouvrit la porte et son pied glissa sur le carrelage humide.

Marie dévala les huit marches de l’escalier de pierre.

Il avait tant plus cette nuit-là, que la cave s’était transformée en un océan, Marie y retrouva Jean qui l’emmena sur le dos d’un dauphin et tous deux partirent, ensemble, vers le soleil couchant.

M.H. 

 

 

La petite fille et le goéland. 10 juin, 2011

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 11:22

La petite fille et le goéland. dans CONTE ugk8rg10

La petite fille et le goéland.

Il était une fois, une petite fille qui vivait sur un nuage.

Elle enfilait des perles de pluie et se faisait des colliers scintillants, qu’elle rangeait dans un coffret, qu’elle gardait précieusement à ses côtés.

Un jour, une perle lui glissa des mains et elle se pencha au bord du nuage pour la rattraper.

Un vent qui passait par là, se prit dans les pans de sa robe de soie et la petite fille bascula.

Elle croisa dans sa descente vertigineuse des oiseaux qui se moquaient d’elle.

-« Dis-donc Princesse, regarde où tu vas, tu as bien failli me heurter, quand on n’a pas des ailes on ne vole pas ! s’écria un pigeon qui passait par là.

La petite fille laissa s’échapper des cris, elle appelait au secours, mais le vent emportait ses sons.

Un goéland qui planait au-dessus d’une mer tranquille, avait repéré au travers de la limpidité des eaux salées, un banc de poissons qui semblait bien pressé et goûteux à souhait.

Sourire au bec, il allait s’apprêter à plonger lorsqu’une masse blanche informe le frôla, tomba dans la mer et l’éclaboussa.

La petite fille se mêla aux poissons, créant un remous dans les eaux :

- Dis-donc Princesse, regarde où tu vas, tu viens de briser nos rangs, quand on n’est pas un poisson, la mer n’est pas faite pour toi !

La petite fille était confuse et s’excusa auprès d’une sardine qui avait mauvaise mine et paraissait très en colère.

L’élément liquide avait ralenti sa chute et les volants de sa robe remplis d’air la ramenèrent à la surface de l’eau.

Elle tomba nez à bec avec le goéland, qui ailes croisées lui montrait son mécontentement.

- « C’est malin, tu m’as gâché mon dîner » lui lança-t-il très fâché, « et puis d’où viens-tu, a-t’on idée de plonger de cette façon dans le garde-manger ?

-« Je suis désolée Monsieur le Goéland, mais j’ai voulu attraper ma perle de pluie qui a glissé de mon nuage et je suis passée par-dessus bord » lui avoua poliment la demoiselle.

Le goéland regarda le ciel et aperçut le nuage blanc.

Les yeux étoilés de la jeune fille et son sourire s’ouvrant sur des dents éclatantes de soleil, attendrirent l’oiseau.

- « Pour ta perle, je crois que c’est comme pour mon repas, tu peux lui dire adieu, la mer a donné, la mer a repris » lui dit-il en riant.

Le goéland se proposa de la ramener chez elle, le nuage l’attendait.

Pendant le voyage, il lui raconta des histoires qu’il avait vécues en survolant les océans.

Il la déposa sur son nuage et lui promit de venir souvent lui rendre visite.

Depuis, il n’est pas rare de voir, lorsque l’on est en bord de mer, un goéland qui s’en va rejoindre un nuage blanc, où l’attend impatiemment une petite fille qui enfile des perles de pluie.

Elle en fait des colliers, qu’elle lui passe autour du cou et qu’il va offrir à l’océan pour le remercier des bons petits repas qu’il lui laisse savourer.

M.H. 

 

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