MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

24 mars, 2012

Le héron et la salamandre

Classé dans : FABLE — michelehardenne @ 18:57

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Le héron et la salamandre.

 

Un héron bien fatigué, venant du Sud, venait de faire une halte au bord d’un étang.

Il trempa une de ses hautes pattes dans l’eau,  puis y plongea son bec jaune orangé.

Le bassin d’eau n’était plus qu’une mare boueuse.

Il avait été creusé, dans un petit jardin de ville, il y a bien longtemps.

La maison était à vendre, depuis plusieurs années, et une végétation sauvage, avait envahi ce petit endroit, qui avait dû être un paradis.

Des rosiers grimpants, aux tiges brunes recouvertes d’épaisses épines, formaient une barricade sur une baie en arceau, dont le métal était rouillé, et qui devait être l’entrée du jardinet.

Un banc de bois mouluré, aux pieds en fer forgé, était presque totalement habillé de lierre.

D’énormes hortensias, placés de chaque côté du banc, s’étalaient en plongeant leurs vieilles branches vers le pont vermoulu, qui surplombait l’étang.

Les grosses pierres rongées, qui parsemaient, de-ci de-là, le contour  du bassin, étaient à présent couvertes de mousse.

Cet endroit avec ce minuscule lac artificiel avait dû être si romantique !

En témoignent, les topiaires d’ifs et de buis, qui avaient encore des formes animalières.

Le héron immobile, son cou long et grêle dressé, guettait le passage de sa proie.

En ressortant son bec en forme de poignard de la vase, des petites bulles étaient montées à la surface.

Il avait les yeux fixés sur la feuille d’un pontedéria.

La plante occupait une place de choix au milieu des joncs.

Il l’avait vue bouger, il patienta quelques minutes puis, il vit une forme allongée se déplacer vers le bord.

En d’autres temps, le héron l’aurait happée, et s’en serait régalé.

L’idée, instinctivement, lui avait traversé l’esprit, mais il se retint.

L’hôte qui occupait ces lieux,  à la vue de ce grand oiseau, fila se cacher, derrière une pierre.

Seul dépassait un bout de sa queue noire, tachetée de jaune.

Le héron, le regard amusé, allongea son cou, et de son bec la titilla.

La salamandre grimpa sur un rocher pour faire face à son adversaire.

Le héron la trouvant fort à son goût et bien courageuse, ouvrit un large bec, qu’il referma rapidement sur une poignée de sphaigne, qu’il se mit à recracher aussi vite.

La salamandre en voulant se redresser pour l’affronter, glissa de la pierre, et roula jusque dans la mare.

Le héron se mit à donner des coups de becs dans l’eau, mais il ne vit que son image.

L’eau ayant retrouvé sa sérénité, il quitta le jardinet,  se promettant qu’il ne jouerait plus avec sa nourriture !

 

M.H.(Michèle Hardenne)

6 mars, 2012

Le crapaud et le corbeau

Classé dans : FABLE — michelehardenne @ 0:37

Le crapaud et le corbeau dans FABLE crapau10

Le crapaud et le corbeau

Monsieur crapaud se mit à coasser,
Un air en avance sur la saison.
Puis maître corbeau s’en vint à passer,
Sifflant gaiement une belle chanson.

Soudain, l’oiseau posé sur une branche,
Surpris, s’étonna d’entendre un son gras.
Et puis, il vit en habit du dimanche,
Un jeune et drôle batracien en voix.

C’est alors que l’oiseau, ainsi tant couronné,
Se sentant encensé, s’en donna à cœur joie,
Que de plus en plus fort, il se mit à siffler.
Notre bon ami en fut tout à son émoi !

Et c’est dans la mare que le beau crapaud,
Louant le corbeau posé sur la branche .
Soufflant de son mieux dans son bel appeau,
Il donna au corbeau, les coudées franches.

Ah, mon ami, lui dit celui-ci fièrement,
Comme il paraît doux de se baigner dans votre eau !
Mais, même si votre chant est sifflé dignement,
Mes bien belles plumes, préfèrent vous voir de la haut !

Monsieur crapaud étant quelque peu sourd,
Il ne saisit que la moitié des mots;
Il crut comprendre que ses beaux atours
Rendaient bien envieux ce maître corbeau.

Mais quand il s’envola, une plume tomba.
Sur la vague de l’eau, elle se mit à flotter.
Comprenant maintenant, son si dur célibat,
Le batracien, de l’Amour, se mit à douter !

M.H. & P.S

(texte écrit en collaboration avec http://paulstendhal.unblog.fr )

8 février, 2012

Monsieur Corbeau

Classé dans : FABLE — michelehardenne @ 11:15

 

Monsieur Corbeau dans FABLE p1180514

Monsieur Corbeau.

 

Monsieur Corbeau, ce matin sourit.

Il a passé la nuit à se lisser les plumes,

Il les voulait luisantes au lever de la brume,

C’est qu’il a un rendez-vous important aujourd’hui !

 

Mesdames les Pies se sont rassemblées,

Elles tiennent salon, sur le peuplier

Après avoir passé l’été à jacasser,

Elles n’attendent plus que leur invité.

 

Ça y est, le rideau du jour se lève doucement,

Elles sont prêtes pour entamer leur symphonie

Et toutes en habit de cérémonie,

Elles attendent que leur hôte soit enfin présent.

 

Monsieur Corbeau aime prendre son temps,

Sur le piquet d’une clôture, il épie et attend

Que se presse la foule pour cet évènement,

Qu’il annonce depuis bien longtemps.

 

Mais, il commence à faire sombre,

Le soleil, las d’attendre, est fatigué,

Le jardin en ce printemps est déserté,

Et sur le sol, en silence, se trainent les ombres.

 

Les pies ont fait dans le jardin de la place,

Elles ont chassé tous les oiseaux chanteurs.

Les moineaux, les mésanges et le merle moqueur,

Se sont, alors, installés dans le jardin d’en face.

 

Lorsque la Lune dépose son voile lentement,

S’en retournent dans leur nid, les Pies.

Et quand dans la nuit, plus aucune plume ne brille,

On sait qu’il n’y aura plus de croassements.

 

M.H. (Michèle Hardenne)

7 novembre, 2011

Le sapin et le saule.

Classé dans : FABLE — michelehardenne @ 11:40

Le sapin et le saule. dans FABLE saule_10 

Le sapin et le saule

Dans mon jardin se côtoyaient un saule et un sapin.

Du printemps à l’automne, le saule était si imposant et prenait tant de place, que le sapin s’effaçait du paysage et se faisait oublier.

Les oiseaux préféraient de loin, le saule, qui leur offrait une protection derrière les longues feuilles vert tendre, ils y trouvaient un abri et pouvaient y  installer leur nid sur les plus hautes branches.

Le sapin avait été planté avant le saule, et était l’aîné des arbres du jardin.

Il avait été acheté, il y a bien des hivers, et fut, une nuit seulement, le roi d’une fête.

Ensuite, la motte fut enterrée et oubliée.

Le sapin avait mis longtemps à grandir, et puis les saisons passèrent et d’autres arbres vinrent remplir l’espace vert.

Et, c’est en ce matin de novembre, que je le redécouvrais !

Un ciel bas, une pluie battante et un vent froid du nord, donnaient  au  saule des allures de spectre.

Ses branches ressemblaient à de longs doigts filamenteux s’agitant  en tous sens, et les dernières feuilles aux reflets ocre étaient les lambeaux d’une robe qui avait été de bal, durant les belles saisons, et  maintenant, cet arbre faisait peur aux oiseaux.

Tandis que le sapin, qui était au fond du jardin, avait repris de sa superbe, iI se présentait fier et droit dans une tenue vert bleuté, son feuillage était touffu, le vent le caressait et les oiseaux  le courtisaient.

De l’automne au printemps, le saule se faisait discret, et de tous les arbres du jardin, le tour était enfin venu au sapin d’ouvrir la cérémonie des festivités de cette fin d’année.

Pour toutes les saisons, un bal y est donné.

Dans mon jardin, il n’est pas le plus grand, ni le plus parfumé, ni porteur des plus beaux fruits, mais il est là, fidèle et discret, sans grand apparat, et pour moi, il a tout d’un roi.

M.H. 

26 juillet, 2011

Le loup et la brebis.

Classé dans : FABLE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 14:00

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Le loup et la brebis

- Brebis y es-tu ?

- Loup, je suis là !

- Pourquoi te caches-tu ?

- Parce que j’ai peur… de moi !

- Mais, c’est de moi que tu devrais avoir peur !

- Toi, tu ne pourrais pas me faire de mal, tu es un gentil !

- Je suis un loup féroce et ton prédateur !

- Non loup, tu es un poète et j’ai lu dans mon coeur tes écrits,

tu chantes l’amour, la vie, la joie et l’amitié,

les fées et les elfes t’accompagnent dans tes nuits

où tu hurles à la Lune ton besoin de liberté

Elles sont tes muses et tu es leur ami,

Tandis que moi, je ne suis…qu’une brebis!

- Mais tu es une reine dans ce pré

et si tu te montrais, tu pourrais toi aussi

faire partie de la féérie de cette forêt

même si je l’avoue tu me mets en appétit!

- Non loup, tu ne me comprends pas

Je ne peux bêler à la Lune l’amour, la vie, la joie et l’amitié

Et c’est pour cela que j’ai peur de moi

Je suis une brebis qui ne sait pas rêver !

Et dans mon pré, l’herbe est bien réelle,

Je la sens sous mes pieds

A moins qu’il ne me pousse une paire d’ailes

Je ne pourrais jamais le quitter !

- Voyons ma douce brebis,

il est très facile de rêver

il suffit d’avoir des amis

et de les laisser t’emmener

Montre-toi et laisse-moi te guider

Pendant que j’hurlerai, tu n’auras qu’à bêler !

M.H.

17 juillet, 2011

Un arbre du hasard.

Classé dans : FABLE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 8:36

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Un arbre du hasard.

Il y a des arbres qui peuvent porter des fruits exceptionnels, comme celui que j’ai rencontré dans une clairière, où j’ai l’habitude de m’y promener en fin de journée.

Ce début de soirée, je me baladais sur le sentier de la Poésie, de jeunes arbres venaient d’être fraîchement plantés.

Je touchais leurs feuilles veloutées et certains étaient plus particuliers que d’autres, je  me mettais à genoux pour les observer de plus près.

Puis, mon regard se posa sur un arbrisseau.

Il était un peu à l’écart des autres, quoi que planté récemment, il portait déjà des fruits.

Gourmande de nature, j’avais envie d’y goûter.

L’arbre était couvert de feuilles d’un vert tendre, en caressant son tronc j’en ressentais une apaisante sensation et de ses fruits et en y approchant mon oreille, j’entendais une douce mélodie.

Sur ce chemin particulier, j’ai trouvé un arbre du hasard, j’ai goûté un de ses fruits et me suis trouvée transportée dans un monde de poésie et d’amitié.

Ce type d’arbre particulier quand on le découvre il faut le protéger ! 

M.H.

pour une personne d’une très grande sensibilité que je remercie de son amitié :

http://paulstendhal.unblog.fr

29 juin, 2011

Monsieur Dico.

Classé dans : FABLE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 6:59

Monsieur Dico. dans FABLE conc-d10 

Monsieur Dico.

Monsieur Dico

est rigolo.

Il est très beau

avec ses mots.

Ses yeux sont pleins de définitions

qui donnent au mot un nom.

Son sourire n’est pas commun

parfois masculin ou féminin.

Monsieur Dico, c’est mon copain

Et je l’aime bien.

M.H.

 

13 juin, 2011

Une mouche-party.

Classé dans : FABLE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 18:45

Une mouche-party. dans FABLE images21 

Une mouche-party

Une mouche bien dodue se régalait sur une tartine de confiture qui avait été abandonnée sur une assiette à la cuisine.

L’insecte velu s’empiffrait en faisant de grands bruits qui alertèrent d’autres congénères qui volaient dans le quartier.

- « Poussez pas, il y en aura pour tout le monde » dit la première arrivée, en s’exprimant la trompe pleine.

- « Cette susbtance me semble plus appétissante que celle que j’ai l’habitude de consommer » s’exclama une scatophage du fumier, qui venait de faire un atterrissage remarqué de par l’odeur qu’elle dégageait.

- «  Je préfère directement me nourrir à la source, mais en cette saison, les plus rouges sont cuits » avoua en faisant une grimace une Ceratitis capitata.

-«  Beurk, comment peut-on se délecter de cette mélasse transformée, modifiée, dénaturée » dit avec dégoût une imposante mouche bleue qui se tenait sur la croute du pain, «rien ne vaut la bonne viande, bien rouge » précisa-t-elle en trempant le bout de sa patte dans la substance sucrée et collante.

La mouche bien dodue se mit à sourire, puis regarda ses invitées :

- «Moi, je n’ai pas à me plaindre de la nourriture que l’on me sert dans cette maison, j’ai l’avantage de la variété et je n’en suis jamais à court, les humains se plaignent de nous voir si nombreuses, mais à partir du moment où ils nous procurent ce dont nous avons besoin, pourquoi ferions-nous la fine mouche !

M.H. 

10 juin, 2011

Le voisin du dessous

Classé dans : FABLE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 6:59

 Le voisin du dessous dans FABLE taupe10

Le voisin du dessous.

 Elle se promène dans le jardin en longeant les clôtures.

Depuis des années, à emprunter le même chemin,  le gazon n’y a plus poussé laissant un sentier de terre qui se transforme en rigole lorsqu’il pleut.

Je la regarde en buvant mon café sur la terrasse qui surplombe les pelouses.

Tout à coup, elle dévie de son habituel trajet et truffe plaquée dans l’herbe humide, elle se dirige vers le centre de la parcelle.

Elle s’arrête, se couche et se met à gémir.

Je l’appelle, elle ne bouge plus.

Je lui propose un biscuit, je frappe dans les mains, rien n’y fait …ma chienne est pétrifiée!

Je me dépêche à aller la rejoindre, pensant qu’elle a peut-être un malaise, elle n’est plus toute jeune.

Au fur et à mesure que je m’en approche, son corps dodu se met à onduler et sa queue touffue frappe le gazon projetant quelques perles de rosée.

Elle n’est pas seule.

Une petite tête brune sort de terre et semble faire la conversation avec mon mastodonte adoré.

Le temps que je m’en approche pour la saluer et la petite bête a disparu.

Ma chienne me boude, elle a l’air de me reprocher d’être intervenue en courant et d’avoir fait fuir le nouveau voisin du dessous avec lequel elle venait de sympathiser.

J’ai beau lui expliquer, que sa copine reviendra, mais elle reste couchée devant le petit monticule de terre, son regard ocré fixé sur l’entrée du petit cratère.

J’ai effrayé avec mes pas brusques le voisin du dessous et j’en ai tiré une leçon : pour garder de bonnes relations avec son voisinage, la douceur, la gentillesse, la politesse restent les clés qui ouvrent les portes de l’amitié.

 

M.H.

 

4 juin, 2011

La chute d’une feuille.

Classé dans : FABLE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 6:41

La chute d'une feuille. dans FABLE images18 

La chute d’une feuille.

On m’a raconté, quand j’étais petite, l’histoire d’un homme qui vivait sur une superbe île où il faisait beau et bon vivre.

Il y était heureux sans soucis et sans vêtements – il se couvrait juste d’une feuille pour ne pas effrayer les oiseaux- et la nature qui était son amie le comblait de toutes ses richesses.

Un jour, une créature est apparue au pied d’un magnifique pommier.

Elle venait de cueillir un des fruits bien mûr et allait le croquer, lorsque l’homme la surprit.

De rage, il se mit à crier et en contractant ses muscles, la feuille qu’il portait en unique vêtement tomba, un vent de mer l’emporta et les ennuis commencèrent…

La colère n’est jamais bonne conseillère !

M.H.