MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 
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Nouvelle enquête d’Iris Blanche 6 janvier, 2014

Classé dans : ANNONCES,PUBLICATION DE MES ROMANS — michelehardenne @ 8:43
Nouvelle enquête d'Iris Blanche dans ANNONCES le_bou10

Iris Blanche

Tome 2

Le bourreau des cœurs

Iris Blanche, inspecteur de Police à la criminelle, et Lionel Cassandre, procureur,  se sont unis pour le pire et le meilleur d’une vie à deux.

Marc, ancien compagnon d’Iris, et Alain sont en vacances au port de Gruissan, dans le Sud de la France, où ils s’intéresseront à un meurtre commis en février, à la même époque où Iris et Lionel y séjournaient (Iris Blanche-tome 1).

Iris se  voit confier par sa hiérarchie une enquête concernant un homicide, une femme retrouvée assassinée dans une voiture. Deux jours, plus tard, Lionel est appelé à s’occuper d’un second meurtre, pour lequel le « modus operandi » semble identique.

L’autopsie des victimes révélera que les deux femmes avaient subi quelques années auparavant une transplantation cardiaque, la mutilation de leur corps laissait un grand vide dans leur poitrine, leur coeur ayant été arraché!

Laura, l’ex-madame Cassandre décédée d’une cardiopathie avait également été greffée.

 

Michèle Hardenne

Le 06/01/2014

A paraître pour la mi-février.

 

 
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Iris Blanche, tome 2: « Le bourreau des coeurs

Classé dans : — michelehardenne @ 8:36
Iris Blanche, tome 2:

Iris Blanche- Le bourreau des coeurs

Iris Blanche

Tome 2

Le bourreau des cœurs

Iris Blanche, inspecteur de Police à la criminelle, et Lionel Cassandre, procureur,  se sont unis pour le pire et le meilleur d’une vie à deux.

Marc, ancien compagnon d’Iris, et Alain sont en vacances au port de Gruissan, dans le Sud de la France, où ils s’intéresseront à un meurtre commis en février, à la même époque où Iris et Lionel y séjournaient (Iris Blanche-tome 1).

Iris se  voit confier par sa hiérarchie une enquête concernant un homicide, une femme retrouvée assassinée dans une voiture. Deux jours, plus tard, Lionel est appelé à s’occuper d’un second meurtre, pour lequel le « modus operandi » semble identique.

L’autopsie des victimes révélera que les deux femmes avaient subi quelques années auparavant une transplantation cardiaque, la mutilation de leur corps laissait un grand vide dans leur poitrine, leur coeur ayant été arraché!

Laura, l’ex-madame Cassandre décédée d’une cardiopathie avait également été greffée.

 

Michèle Hardenne

Le 06/01/2014

A paraître pour la mi-février.

 

 
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Iris Blanche, Tome 2 à paraître en février 2014 1 janvier, 2014

Classé dans : ANNONCES,PUBLICATION DE MES ROMANS — michelehardenne @ 11:22

Une seconde enquête d’Iris Blanche paraîtra en cours de février, je vous en offre le synopsis.

Merci de votre fidélité.

Iris Blanche

Tome 2

Le bourreau des cœurs

Iris Blanche, inspecteur de Police à la criminelle, et Lionel Cassandre, procureur,  se sont unis pour le pire et le meilleur d’une vie à deux.

Marc, ancien compagnon d’Iris, et Alain sont en vacances au port de Gruissan, dans le Sud de la France, où ils s’intéresseront à un meurtre commis en février, à la même époque où Iris et Lionel y séjournaient (Iris Blanche-tome 1).

Iris se  voit confier par sa hiérarchie une enquête concernant un homicide, une femme retrouvée assassinée dans une voiture. Deux jours, plus tard, Lionel est appelé à s’occuper d’un second meurtre, pour lequel le « modus operandi » semble identique.

L’autopsie des victimes révélera que les deux femmes avaient subi quelques années auparavant une transplantation cardiaque, la mutilation de leur corps laissait un grand vide dans leur poitrine, leur coeur ayant été arraché!

Laura, l’ex-madame Cassandre décédée d’une cardiopathie avait  également été greffée.

 

                                                                   Michèle Hardenne

Le 01/01/2014

 

 

 
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Nettoyage de Printemps 26 mars, 2013

Classé dans : MOMENT DE VIE — michelehardenne @ 5:12

Nettoyage de Printemps dans MOMENT DE VIE nettoy10

Nettoyage de Printemps

Les beaux jours se préparent à revenir, invitant l’intérieure de la garde-robe et de la commode  à prendre de nouvelles couleurs.

Dans une caisse en carton se glissent des chaussettes norvégiennes, les collants de laine, des écharpes et des bonnets, dans une autre les pulls en mohair et angora, les pantalons de velours, les polars, les pulls à col roulé, des vêtements lourds et trop foncés.

Dans un sac jetable se retrouve des vêtements gardés depuis plusieurs années et finalement qui n’ont plus été portés, et qui pourraient encore faire des heureux.

Le mobilier de la chambre est ainsi allégé, et juste quelques vêtements attendront que finisse la saison.

La commode se voit débarrassée des pyjamas en coton épais, de la lingerie usée, décolorée et dépareillée, des petits sachets de lavande qui n’ont plus d’odeur.

La fin de l’été et celle de l’hiver sont, à la maison, deux raisons pour que j’entame le tri de ce qui ne m’est plus utile, ou qui ne me plait plus, surtout en ce qui concerne les vêtements.

Je venais de terminer la vidange des trois tiroirs de la commode dans laquelle je range ma lingerie, des foulards, des ceintures, quelques bijoux de fantaisies, des petits savons parfumés, lorsque je découvris tout au fond du dernier, un petit coffret en carton épais.

En l’ouvrant, il s’en dégagea les fragrances d’un parfum masculin, dont  j’en avais oublié le nom. L’odeur était imprégnée sur un petit carré de papier épais, qui lui-même était emballé dans de la cellophane. Il y avait également deux lettres manuscrites dont l’une était un pacte que nous avions convenu entre nous et l’autre, juste quelques mots de lui. Et puis, il y avait cet objet « insolite » qu’il m’avait fait parvenir et qui m’avait fait rire aux éclats.

J’avais un sac poubelle à portée de main qui n’attendait que ce dont je voulais me débarrasser à tout jamais, hésitante je regardais la boîte, elle ne tenait pas vraiment de place et puis son contenu avait été de beaux instants entre nous. Je la remis dans le fond du tiroir, avec un journal intime que j’avais tenu lorsque j’étais adolescente et quelques photos de mon enfance.

Quand il ne portera plus son odeur,  alors ce coffret n’aura plus de raison d’être, et probablement qu’un de ces prochains printemps, il quittera ce tiroir aux précieux secrets où nos rêves avaient été partagés et allaient se laisser oublier.

 

M.H. (Michèle Hardenne)

26/03/2013

 

 
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Plume et papier 16 février, 2013

Classé dans : CHANSONS,GRUISSAN — michelehardenne @ 11:11

 

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Plume et papier

 

Quand le ciel est trop gris que dehors il fait froid

Quand j’attends que s’en aille la pluie

Que finisse le goutte à goutte sur le toit

Le soleil, le soleil, n’est pas là

Et sous ma couette je pense si fort à toi

Que je fais naître des mots qui brillent

Des pensées qui me rapprochent de toi

Si douces et tendres à la fois

.
{Refrain:}

Le papier a rendez-vous avec la plume

Mais la plume n’est pas là et le papier l’attend

Quand les mots sont soufflés à la Lune

Personne ne les entend

La plume, la plume est là

La plume est là mais le papier ne la voit pas

Pour les unir je sors du lit

Je sors du lit et je maudis toujours la pluie

Le papier a rendez-vous avec la plume

Mais la plume n’est pas là et le papier l’attend

Mes mots l’attendent aussi

 

La pluie cesse et le jour se lève doucement

Le soleil a fait le tour du monde

Il  entre dans ma chambre maintenant

Et mes mots sont heureux et contents

Ils pourront s’écrire en chantant

Les lettres entreront dans la ronde,

Et déposeront sur le papier les couleurs

De tout ce que j’ai dans le coeur
.

{Refrain}

Le papier a rendez-vous avec la plume

Mais la plume n’est pas là et le papier l’attend

Quand les mots sont soufflés à la Lune

Personne ne les entend

La plume, la plume est là

La plume est là mais le papier ne la voit pas

Pour les unir je sors du lit,

Je sors du lit et je maudis toujours la pluie

Le papier a rendez-vous avec la plume

Mais la plume n’est pas là et le papier l’attend

Mes mots l’attendent aussi

 

Plume et papier je vous offre mes mots les plus doux

Du bonheur à écrire sur une page

Papier et plume embrassez-vous

Ils n’attendent plus que vous

Ils sont nés dans mes rêves les plus fous

Ils m’ont emmenée en voyage

Sans vous mes mots ne veulent plus rien dire du tout 

Et pour les lui dire, j’ai besoin de vous.

 

M.H.(Michèle Hardenne)

16/02/2013

(Petit refrain inspiré par monsieur Trenet, qui reste bien vivant dans la ville qui l’a vu naître )

 

 
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Passager clandestin 8 février, 2013

Classé dans : MOMENT DE VIE — michelehardenne @ 11:11

Passager clandestin dans MOMENT DE VIE araign10

Passager clandestin

 

Il fut un temps, où j’aimais chiner.
Un jour, pour trois fois rien, j’ai trouvé une ancienne cruche à charbon, en cuivre, et je la voyais bien comme porte-parapluie.
Je l’avais placée à la place du mort, et tout en conduisant, je l’admirais, assez fière de la belle occasion que j’avais trouvée.
Puis, dans un tournant, elle bascula et une énorme araignée en sortit, le corps plus gros qu’une pièce de 2 euros.
Seule au volant, je me mis à hurler, la bestiole grimpait le long du pare-brise.
J’ai arrêté mon véhicule, sur la bande des « pneus crevés », et je me suis mise à sortir tout de mon véhicule : la cruche, les tapis de sol, d’autres achats que j’avais faits… Puis, une voiture s’arrêta derrière moi, un homme s’approcha et me dit : Vous voulez un coup de main, mais en général le cric et le pneu de secours se trouvent dans le coffre.
Cet homme très courageux, d’apparence, comprenant ma détresse, se mit à son tour à fouiller l’habitacle.
Pas question que je reprenne la route avec un passager clandestin !
Lorsqu’il découvrit la bestiole, il fit un bond en arrière. Je lui présentai une de mes baskets, qu’il utilisa pour massacrer la bête.
Tout heureux de sa victoire, il me la rendit.
La masse informe, aplatie, occupait la moitié de ma semelle.
Haut de coeur, haut les mains, j’ai pu reprendre mon chemin !

 

M.H. (Michèle Hardenne)

08/02/2013

 

 
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Un jouet de Saint-Nicolas 5 décembre, 2012

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 7:00

Un jouet de Saint-Nicolas dans CONTE camion10

Un jouet de Saint-Nicolas

-       Dis Mamy, Maman elle va revenir bientôt ?

-       Ne t’inquiète pas Éric, elle est juste partie faire quelques courses ! Elle sera là dans cinq minutes.

-       Tu me l’as déjà dit, avant que je ne mange la soupe !

Gilberte avait recueilli sa fille et son petit-fils.

Hélène, après son divorce, s’était installée dans un appartement , proche de l’école de son petit garçon.

Après avoir perdu son travail d’ouvrière à l’usine, les allocations qu’elle percevait ne suffisaient plus à payer les factures, elle avait revendu sa voiture, puis ses meubles, et depuis trois mois habitait chez sa mère.

Éric allait avoir 7 ans, la semaine prochaine.

Ce début d’après-midi, Hélène s’était présentée dans une agence d’intérimaires, qui recherchait une technicienne de surface pour un travail de nuit dans des bureaux. Elle avait été convoquée pour un entretien d’embauche.

Elle avait téléphoné pour annoncer fièrement à sa mère, qu’elle commencerait son nouveau travail dès lundi.

Elle lui demanda de reprendre Éric, dès la sortie de la classe à 15 h 30, qu’elle irait faire quelques achats avant de rentrer.

Il allait être 18 h et Gilberte commençait à s’inquiéter.

Elle avait laissé quelques messages sur le portable de sa fille, mais sans aucune réponse.

Éric avait sorti son plumier de son cartable et assis sur une chaise rehaussée de deux coussins, il allait se mettre à faire ses devoirs.

-       Mamy, il commence à faire noir, elle est où ma maman ?

-      Ne t’inquiète pas mon bouchon, elle a probablement raté son bus, et puis avec les fêtes qui approchent, il doit certainement y avoir beaucoup de monde dans les magasins.

Gilberte avait installé sa chaise devant la fenêtre de la cuisine qui donnait sur l’entrée de l’immeuble.

La pluie avait fait place à de petits flocons qui tombaient en tourbillonnant et qui tapissaient les trottoirs et la chaussée les rendant glissants. Elle guettait l’arrêt de bus qui était à une trentaine de mètres de l’immeuble. Dès qu’elle apercevrait Hélène, elle enfilerait son manteau et irait l’aider à porter ses paniers.

Les infos passaient à la télé et Éric avait depuis longtemps refermé ses cahiers. Il s’était assoupi dans le canapé.

Gilberte le recouvrit d’une épaisse couverture et rapprocha de son petit-fils l’unique radiateur à bain d’huile qui chauffait la pièce. Elle attendait le versement de sa retraite pour faire mettre un peu de mazout dans la citerne du chauffage central.

La petite aiguille de la pendule du salon allait se poser sur le 9.

La dame âgée regagna son poste d’observation, la neige avait recouvert tous les pas des gens qui quittaient ou revenaient dans l’immeuble. Elle laissa deux nouveaux messages sur le répondeur du portable de sa fille puis elle se décida à appeler la police.

Après plusieurs minutes d’attente, le Central lui conseilla d’appeler les hôpitaux. Gilberte lui signala qu’elle n’avait pas de bottin téléphonique, qu’elle gardait son petit-fils et qu’il lui était impossible de faire appel à un voisin. La voix masculine qui était au bout du fil prit ses coordonnées et lui promit de la rappeler.

Une demi-heure plus tard, Gilberte apprenait qu’Hélène avait été transportée aux urgences d’un hôpital.

Elle porta sa main à sa poitrine, sa respiration devenait difficile, des perles de sueurs couvraient son front.

-       Madame, vous allez bien ? insista l’homme.

Gilberte regardait son petit bonhomme qui s’était relevé et qui criait :

-       Mamy, tu ne vas pas mourir ! C’est Maman au téléphone ?

La grand-mère laissa glisser l’appareil de sa main et s’allongea sur le sol.

Éric prit un torchon de vaisselle, le rinça sous l’eau froide du robinet et le passa doucement sur le visage de la vieille dame, tout en lui tenant la main. Gilberte était pâle, on frappa à la porte. Éric, pensant qu’il s’agissait de sa maman, courut ouvrir.

-       Bonjour mon garçon, nous avons reçu un appel et…

Le pompier aperçut Gilberte sur le sol froid de la cuisine, il appela le médecin qui l’accompagnait.

-       Madame a fait un malaise, aidez-moi à l’installer dans le fauteuil.

Après quelques minutes, le visage de Gilberte reprit des couleurs. Éric était resté dans la cuisine avec un infirmier. Il regardait par la fenêtre les véhicules avec leur lampe rouge clignotante. Soudain, une voiture avec une lumière bleue sur le toit, se gara juste à l’entrée de l’immeuble. Éric vit en sortir sa maman, accompagnée par deux policiers. Elle avait le bras plâtré.

Tous les voisins étaient à leur fenêtre, sur leur balcon ou sur le palier. Hélène tête baissée traversait le couloir sans même oser les regarder.

Les yeux rougis, elle entra dans l’appartement et prit son petit garçon dans les bras.

-       Tu pleures parce que tu as mal?

-      Mon chéri, j’ai fait une grosse bêtise et je suis bien punie ! Va dans ta chambre, je vais venir t’y rejoindre.

Elle l’embrassa, Éric obéit.

Après avoir ausculté Gilberte, le médecin invita les pompiers à quitter l’appartement, signalant qu’elle était hors de danger. Dans la cuisine, Hélène assise à une table signait des documents que lui avait remis un des policiers.

Elle reconnaissait avoir enfoui sous son manteau, un camion de pompier qu’elle avait dérobé dans le rayon jouets du grand magasin. Elle avait été repérée par un des vigiles qui l’avait poursuivie dans le parking de la grande surface commerciale. Elle avait glissé sur le béton couvert de fine glace et s’était fracturé le poignet. Elle s’engageait à rembourser le jouet qui s’était cassé lors de sa chute.

-       Que va-t-il se passer maintenant ? demanda-t-elle au policier.

-      Il se peut que le magasin retire sa plainte, ou qu’il vous réclame de plus lourdes indemnités.

-      Mon fils aura 7 ans dans quelques jours et je ne pouvais pas lui offrir ce camion, il en avait fait la demande dans la lettre à Saint-Nicolas que j’ai déposé dans une urne, au magasin !

Les policiers quittèrent l’appartement.

Hélène calée sur la chaise de la cuisine se laissa aller à sangloter. Gilberte était venue la rejoindre, elle avait entendu le policier lire la déposition.

-       Je suis désolée, j’ai si honte d’en être arrivée là !

-       Tu as été suffisamment punie et pour le petit je suis sûre que sa lettre sera lue.

Quelques jours passèrent, Gilberte retira de la boîte aux lettres, un courrier adressé à Hélène. Il provenait de la police et lui signalait que la plainte avait été retirée et que les poursuites avaient été abandonnées du fait qu’il s’agissait d’une première infraction.

Une autre lettre était adressée à Éric, il était invité par le Directeur du magasin à se présenter le 6 décembre, jour de son anniversaire, pour recevoir du Grand Saint-Nicolas, le cadeau qui lui était réservé.

 

M.H. (Hardenne)

05/12/2012

 

 
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Les filles de Minahytu…extrait : La taverne-brasserie. 13 novembre, 2012

Classé dans : RECITS - EXTRAITS — michelehardenne @ 9:21

Les filles de Minahytu est le premier récit que j’ai écrit en 2010, et qui sera édité pour la fin d’année 2013.

Il était un soir de l’été 1983…

***

Quand ils se sont rencontrés, Ben avait vingt-deux ans et travaillait déjà au labo. Lise avait vingt ans et avait trouvé un travail chez un grossiste en fournitures de bureaux.

Pour cette fin du mois d’août, la soirée était agréable et chaude. L’été caniculaire de cette année avait été spectaculaire.

Ben s’était rendu, comme il le faisait presque tous les soirs depuis le début du mois, « Chez Louis », une brasserie, se trouvant à moins de cent mètres de chez lui. Il partageait un immeuble avec quelques autres garçons.

Depuis qu’il habitait le quartier, Ben y allait souvent, le patron était un de ses vieux amis.

Beaucoup de jeunes, en cette période de vacances d’été, s’y donnaient rendez-vous. Un groupe de cinq garçons s’étaient regroupés autour du comptoir et semblaient fêter l’anniversaire de l’un d’entre eux.

Ce soir-là, la petite brasserie n’avait jamais été aussi chahutée. L’intérieur y était assez vieillot ; les murs et le plafond étaient jaunis par les fumées de cigarettes, les hauts tabourets devant le bar étaient recouverts de simili rouge délavé qui présentait des craquelures. Il y avait des petites loges dans le fond de la pièce, qui avaient été créées pour y avoir un peu d’intimités. Chacune était munie de tables en bois avec des pieds en fer forgé et des banquettes recouvertes du même simili rouge craquelé.

Pour la saison, des terrasses avaient été installées à l’extérieur, sous l’auvent. Des petites tables rondes en aluminium avaient été dressées et de belles jardinières garnies de géraniums rouges avaient été posées sur les rebords des fenêtres.

Bien qu’il fût déjà dix heures, la brasserie ne désemplissait pas. Au vu, du brouhaha provoqué par la bande de jeunes qui s’était groupée autour du bar, le patron les invita à s’installer au-dehors. En moins de temps qu’il n’avait fallu pour le dire, la brasserie s’est vidée et toute la jeune clientèle s’est retrouvée à la terrasse.

Le calme était enfin revenu ,on pouvait entendre une radio en fond musical.

Lise s’était réfugiée dans une des petites loges, comme elle le faisait tous les soirs, depuis le début de l’été. Son jeune frère, Max, de deux ans son cadet, avait trouvé ce travail d’étudiant pour l’occuper les mois de vacances. Il venait de finir le lycée et devait entreprendre à la rentrée des études d’Histoire de l’Art.

Max avait toujours été féru d’histoire, mais l’Art c’était autre chose ! Il voulait être artiste-peintre et vivre de son métier.

Depuis qu’il était tout jeune, il avait manifesté un don d’observation peu habituel. Il a commencé, alors qu’il ne savait pas encore parler, à remplacer les mots par des dessins. Adolescent, au lieu d’aborder une fille, il lui faisait son portrait.

Pour ses dix-huit ans, Max était grand et très mince. Il avait de longs cheveux noirs qu’il retenait à la base de son cou par un élastique et ses yeux d’un brun très foncé ne laissaient rien paraître de ses émotions. 

Max était beau et sa beauté naturelle n’attisait pas de convoitise, elle attirait la sympathie, elle était un piège à la confidence.

… à suivre.

 

M.H. (Michèle Hardenne)

 

 
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La fête au Potiron 13 octobre, 2012

Classé dans : LES 4 SAISONS — michelehardenne @ 7:00
 La fête au Potiron dans LES 4 SAISONS images22
 
La fête au Potiron
 
Sur le marché aux légumes, les coloquintes, courgettes et potirons tenaient la vedette.
Ils étaient montrés du doigt par les enfants qui riaient de leur forme, et caressés par les mamans qui jugeaient de leur maturité.
Camille, du haut de ses cinq ans, s’était assise sur un gigantesque potiron qui se trouvait au pied de l’étal.
Il avait la même hauteur que le petit fauteuil qu’elle avait dans sa chambre, mais était du double de sa largeur.
Pendant que sa maman choisissait des légumes de saisons,  tout en discutant avec la commerçante, Camille s’était assoupie sur la grosse courge.
Elle entendait la voix de sa mère, et celle de la commerçante qui lui répondait que le climat se déréglait, qu’il n’y avait plus de saisons, et que les fruits et légumes devenaient de plus en plus chers, que les gens désertaient le marché pour se rendre dans des grands magasins où il y avait, sans doute, plus de choix…
Mais la petite fille n’entendait rien aux paroles des grands.
Elle avait appris une chanson à l’école pour la fête d’ « Halloween » et elle se la répétait dans la tête : 
« Monsieur Potiron,
Veille sur ma maison,
Et dis aux feuilles mortes,
Qui sont devant la porte,
Que Monsieur le vent les fera danser,
Tout au long de la soirée,… ».
-  Faire de moi un gardien de maison, quelle drôle d’idée ! Vu mon poids, le vent se méfiera, et s’il compte m’emporter, il aurait intérêt à savoir souffler ! Alors, pourquoi pas ! Dis-moi fillette, m’emmèneras-tu chez toi ?
Camille sursauta et glissa du potiron.
Sa maman l’aida à se relever, et la petite fille lui expliqua que le potiron était enchanté, qu’il lui avait parlé. Sa maman éclata de rire, elle demanda à la marchande de l’aider à le mettre dans le coffre de la voiture.
L’énorme fruit fut installé sur le seuil de la maison.
La chanson de Camille disait vrai, les feuilles évitaient de s’en approcher et s’éloignaient de la porte, quant au vent, il avait beau souffler, le gardien ne bougeait pas d’un pouce.
En rentrant de l’école, Camille s’asseyait sur lui et lui racontait sa journée.
Le potiron lui faisait également la conversation.
La fête d’Halloween n’aurait lieu que fin de la semaine prochaine.
Camille avait dit à son ami le fruit que la tradition voulait qu’elle se déguise et que, pour cette année, elle mettrait une robe orange et qu’elle porterait un petit chapeau vert pour lui ressembler.
Le potiron trouva que l’idée de se travestir mettrait davantage de gaieté pour une veillée de fête en l’honneur des disparus.
Le grand jour était arrivé, Camille avait revêtu sa tenue de « dame potiron », il ne restait plus qu’à préparer « Monsieur Potiron ».
Camille lui annonça qu’il devrait subir une petite opération pour son déguisement, mais sa maman étant un excellent chirurgien, il ne sentirait rien et serait de loin le plus beau.
Le potiron se laissa porter à la cuisine. Il fut vidé et allégé, son trop plein de chair fut remplacé par une bougie,  il avait les yeux grands ouverts et une large bouche par laquelle, en cette soirée d’Halloween, il pourrait laisser s’échapper sa belle voix.
 
M.H. (Michèle Hardenne)

13/10/2012

 

 
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Nuit étrange 21 septembre, 2012

Classé dans : MOMENT DE VIE — michelehardenne @ 7:00

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Nuit étrange.

La nuit était fraîche et la couette trop légère.

Le réveil sur la table de chevet indiquait trois heures huit.

J’entendais les bruits de la nuit, les habituels craquements du vieux plancher, ceux du chien qui se grattait dans son panier, les voitures dans le lointain.

Le sommeil se fit attendre, puis il finit par gagner, comme à chaque fois, le combat qui m’opposait à lui.

Mais, il fut de courte durée, je venais à peine de fermer les yeux, que ma gorge se serrait, me laissant en bouche un goût salé, et une envie irrésistible de me désaltérer.

D’un coup de pied, le drap se souleva, redressée sur le bord du lit, j’essayais d’ouvrir les yeux, mais je n’y arrivais pas.

Mes paupières restaient fermées.

J’avais beau les toucher, elles semblaient collées.

A tâtons, je me dirigeais vers la salle de bains. Après avoir ouvert le robinet, je me passais de l’eau froide sur le visage,  rien n’y faisait, elles me résistaient.

Il y avait des disques à démaquiller, suspendus dans leur emballage, près de l’armoire à pharmacie, il me suffisait de tendre la main pour les attraper.

Arrivant à en extraire deux du sachet, je les déposais imbibés de leur huile sur mes yeux toujours clos.

Assise sur un tabouret, j’appréciais leur action apaisante et rafraichissante. Puis, ils glissèrent et je pus enfin apercevoir, une araignée jaune et brune descendre le long d’un fil et se glisser dans le sachet, où elle avait installé son nid, qui était rempli de ses petits !

Etrange nuit, étrange rêve !

M.H.(Michèle Hardenne)

21/09/2012

 

 
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Le voisin 10 juin, 2012

Classé dans : MOMENT DE VIE — michelehardenne @ 12:56

Le voisin dans MOMENT DE VIE place_10

Le voisin.

Il est dans sa voiture, le feu venait de passer au rouge.

Il est presque dix-sept heures et le soleil est encore généreux.

La vitre légèrement descendue de son côté, apporte un léger courant d’air dans l’habitacle.

Un cabriolet est juste devant lui. La musique va un peu fort, et deux jeunes filles en tenue légère se sont arrêtées sur le trottoir et sourient béatement aux trois jeunes hommes qui les invitent dans le véhicule.

Il serre les mâchoires tout en serrant le volant. Le feu est au vert.

Il klaxonne.

Le chauffeur du véhicule décapoté se retourne et lui montre son majeur droit. Les autres occupants éclatent de rire en le regardant.

« Pauvres abrutis » marmonne-t-il, en jetant un rapide coup d’œil  aux chiffres numériques de l’heure s’affichant au tableau de bord.

Il lui reste moins de dix minutes pour arriver dans sa résidence et occuper la seule place de parking gratuite appartenant à l’immeuble.

Avant, il ne s’en souciait pas. Il se l’était appropriée et aucun de ses voisins n’auraient voulu avoir à lui expliquer que l’emplacement devait rester libre pour les services d’urgence, et qu’un panneau indiquait qu’il était disponible aux personnes handicapées.

Depuis deux ans qu’il occupait le même appartement, il ne connaissait aucun de ses voisins pouvant occuper à titre privilégié, ce petit rectangle tracé à la peinture blanche sur le béton.

Pourtant, la semaine dernière, lorsqu’il revint de son travail, un véhicule rouge venait de s’y stationner.

Une jeune femme, munie de béquilles, ouvrit son coffre et en sortit un fauteuil roulant.

Il était embêté. Sans doute était-elle en visite ?

Il quitta le parking de la résidence et alla garer son véhicule dans une rue voisine. Il s’était mis à pleuvoir.

Rentré chez lui, de sa fenêtre, il guétta la voiture. Dès qu’elle s’en irait, il y mettrait la sienne.

Il était plus de deux heures du matin, lorsqu’il se mit au lit.

Sa nuit fut agitée. Il y avait une nouvelle locataire dans l’immeuble, mais il y résidait depuis plus longtemps qu’elle.

Il n’avait pas envie de la rencontrer, et puis que lui dirait-il ?

Non, il fallait qu’il y soit le premier, avant elle.

Le lendemain, il était en congé. Il avait quelques jours à récupérer.

Il se leva de bonne heure et se mit à la fenêtre.

La jeune femme quittait la résidence.

Il passa un survêtement, et se pressa d’y mettre sa voiture.

La locataire revint vers dix-sept heure quinze. Il l’avait entendue arriver. Elle s’arrêta, puis fit deux fois le tour de la résidence et finit par se garer ailleurs.

Il la vit revenir dix minutes plus tard. Elle semblait avoir des difficultés pour manœuvrer son fauteuil roulant.

Elle passa près de sa voiture, sortit de son sac un papier et un stylo et glissa le petit mot sur le pare-brise arrière.

Il attendit qu’elle disparaisse et alla chercher le billet.

« bonjour, si vous ne voulez pas de mon handicap, pourriez-vous me laisser cette place de parking ? Merci d’avance. Appartement 108 C ».

En voilà une qui a de l’humour, pensa-t-il !

Il chiffonna le papier et le jeta au sol.

Durant toute la semaine, il avait observé et noté les déplacements de sa voisine.

Il venait d’entrer dans le parking de la résidence, une voiture rouge occupait l’emplacement.

En revenant chez lui à pied, tout en pestant, il passa près du véhicule et pu lire sur la vitre arrière, un mot sur lequel était écrit au rouge à lèvres : « qui va à la chasse, perd sa place ».

 

M.H.(Michèle Hardenne).

 

 
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Non à l’homophobie ! 11 mai, 2012

Classé dans : POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 8:07

(Extrait d’Iris Blanche )

CONFESSION.

 

Il était presque vingt heures, lorsqu’elle coupa le moteur de sa Toyota.

La vitre du salon laissait filtrer la douce lumière de son intérieur. Elle introduit la clé dans la serrure et entra.

Elle déposa son sac de sport, son sac à main et un grand carton dans le hall d’entrée.

Elle jeta un rapide coup d’œil vers le salon.

La table de la salle à manger avait été dressée et de petites bougies étaient disposées sur tous les meubles.

Une bouteille de champagne trempait dans un seau à glace, des serviettes en tissus avaient été pliées sur les assiettes.

Une bonne odeur émergeait de la cuisine.

Marc préparait des roulades de saumon.

Elle s’approcha de lui, le serra à la taille et lui déposa un baiser sur l’épaule.

Il se retourna la prit sans ses bras et en silence l’embrassa longuement.

—    Tu m’as manqué mon amour.

—    Iris, cette soirée est très importante pour nous, j’ai des choses à te dire.

Le ton sérieux dans la voix de Marc, la fit pâlir.

Il l’emmena dans le salon en la tenant par les deux mains et l’invita à s’asseoir dans le canapé.

Il se leva, ouvrit la bouteille de champagne et en remplit les coupes.

—    Que fête-t-on ?

—    Toi et l’amour que j’ai pour toi !

Il alla choisir un CD et l’inséra dans le lecteur.

Il lui avait composé une compile de morceaux de guitare classique et de piano, la musique qu’elle préférait et l’invita à danser.

Elle se laissa entraîner, se blottit contre lui et se laissa embrasser.

Son baiser était doux et fiévreux.

Il lui proposa de passer à table, apporta les entrées, suivi du menu spécial “fête” qu’il avait passé l’après-midi à préparer et remplit les verres de vins de premiers crus en accord parfait avec son menu.

Marc était tendre et sensuel, elle se laissait emporter par ses attentions.

Chaque fois qu’elle voulait lui parler, il s’approchait de ses lèvres et elle succombait à son charme.

Il l’emmena dans leur chambre, des bougies scintillaient de mille feux ; des petits photophores en recouvraient tout le mobilier.

Ils firent l’amour passionnément, jamais elle n’avait connu Marc aussi charnel et sensuel.

Il la prenait avec plus de vigueur qu’elle ne lui avait jamais connu, ses coups de reins étaient forts, elle en ressentait de la douleur et du plaisir. Leurs ébats se poursuivirent une grande partie de la nuit. Éreintée, elle se blottit dans ses bras.

—    Marc, que t’arrive-t-il ?

—    Je voulais que tu saches que tu es la femme la plus adorable qu’un homme puisse souhaiter, que j’aurais voulu pouvoir te donner plus d’amour, tu le mérites… tu mérites d’être aimée pour toi et toi seule, j’aurais voulu faire ton bonheur et te rendre heureuse.

—    Marc, tu me rends heureuse, je t’aime et tu es mon unique amour…

—    J’aurais voulu être différent, je te jure que j’ai essayé.

—    Je ne comprends rien à ce que tu me dis. C’est cette fille, Carole ?

—    Oui et non !

Iris se redressa dans le lit, des larmes aux coins des yeux. Marc du bout des doigts récupéra une larme qui coulait le long de sa joue.

—    Carole me fait chanter… Elle nous fait chanter.

—    Du chantage et qui “nous” et pourquoi “nous” ?

—    Elle sait qu’Alain et moi sommes amants !

—    Vous êtes amants, tu es homosexuel…Marc, depuis combien de temps cela dure-t-il ?

—    Nous nous aimons depuis plus de vingt ans.

—    Mais, Alain est marié, il a des enfants…

Marc se mit à sourire.

—    Ce n’est pas incompatible d’être homosexuel et de fonder une famille.

—    Jeanne était au courant ?

—    Non, si Alain ne s’était pas fait prendre avec sa voisine, ils seraient toujours ensemble. Elle savait qu’il délogeait, elle n’a pas accepté que cela se passe chez eux.

 

Il la prit dans ses bras, elle se blottit contre lui, il l’embrassa tendrement sur le front.

—    Si tu l’aimes pourquoi ne vivez-vous pas ensemble ? Les homosexuels peuvent cohabiter légalement.

—    À cause de notre métier, nous avions peur de ne plus être crédibles et de passer pour des pervers. Tout le monde ne réagit pas aussi bien que toi !

—    Comment cela a-t-il commencé ?

—    Alain et moi fréquentions le même lycée. Il est arrivé en cours d’année du dernier cycle. J’avais dix-sept ans et une petite amie. Nous nous sommes retrouvés pendant un congé scolaire dans un camp de vacances, nous partagions la même chambre. Il avait réussi à obtenir une bouteille de vodka et nous l’avons bue lors d’une soirée. La tête me tournait, j’étais prêt à m’évanouir. Il m’a tenu dans ses bras et m’a embrassé. J’ai adoré ce premier baiser, il me procurait plus de plaisir que ceux d’Anna, mon amie de l’époque. Nous nous sommes embrassés longuement et nous avons fait l’amour… Je te choque ?

—    Je ne suis pas juge, mais simple flic !

Elle respirait doucement et avait posé sa main sur le cœur de son compagnon.

—    Après le camp, nous avons continué notre vie où nous l’avions laissée. Lors du bal de fin d’année, j’avais eu mon permis et mes parents m’ont offert une voiture. Anna m’a demandé de la raccompagner, nous avons fait l’amour dans la voiture et j’ai détesté ce moment. C’était la première fois que je couchais avec une fille. Je pensais que le problème venait d’Anna, j’ai eu d’autres copines, mais je n’en avais aucun plaisir. Alain jouait mieux la comédie que moi. Il disait que les filles ne l’impliquaient pas émotionnellement et que le plaisir qu’il en avait était purement sexuel. Moi c’était le contraire, si je n’en avais pas le désir, je n’en avais aucun plaisir. J’avais honte de ma déviance et je ne me l’expliquais pas.

—    Tes parents étaient au courant que tu préférais les garçons ?

—    Pas les garçons, j’étais follement amoureux d’Alain. Mes parents l’acceptaient.

Je l’ai été à la première seconde quand je l’ai rencontré. Son attirance pour moi était partagée. Après le Lycée on se voyait régulièrement, puis nous avons pris un appartement en commun. Nous avons fait l’école de police ensemble, nous voulions tous les deux être à la criminelle. Le soir où nous avons obtenu notre brevet, nous avons fait la tournée des bars. Nous avons atterri dans un night-club et nous nous sommes fait draguer par deux filles, Jeanne et Alice. Au petit matin, chacun a raccompagné une fille. Alice avait déjà beaucoup d’expérience et elle s’est rendu compte qu’elle ne me donnait aucun plaisir. La première nuit que nous avons passée ensemble, elle a mis cet échec sur le compte de la boisson. Alain et Jeanne continuaient à se voir.

—    Tu n’étais pas jaloux ?

—    Alain sauvait les apparences. Et puis, Jeanne lui a annoncé qu’elle était enceinte et il l’a épousée.

—    Elle ne s’est pas rendu compte qu’il… était gay ?

Iris leva la tête et regarda Marc, il lui donna un baiser.

« Non, elle n’aurait pas pu » se répondit-elle.

Marc lui souriait.

—    Quand je t’ai connu, tu sortais avec Alice, elle savait pour toi ?

—    J’ai revu Alice au mariage d’Alain. Nous avons passé la nuit ensemble et elle a compris que je n’étais pas sous l’emprise de la boisson. Son frère vivait avec un de ses collègues de travail. Elle me comprenait, mais elle voulait partager sa vie avec un homme, un vrai. Pour les collègues de travail, nous faisions semblant d’être ensemble. Et puis, Alice t’a repérée.

Elle avait prévu notre séparation aux yeux des autres en douceur. Elle trouvait que cela paraîtrait plus viril si nous nous séparions parce que j’avais une autre femme qu’elle dans ma vie. Elle a organisé notre rencontre, nos rendez-vous, puis elle a rencontré son mari, et est restée pour moi une amie et une confidente.

—    Marc, je suis une femme et cela fait dix ans que nous vivons maritalement, pourquoi n’ai-je pas soupçonné un seul instant que tu ne m’aimais pas ?

—    Tu te trompes Iris, dès que nous avons dansé ensemble j’en ai eu des frissons. Tu me plaisais, je te désirais. Je t’ai adorée la première fois que nous avons fait l’amour, tu ne me demandais rien de plus que ce que je pouvais t’offrir. Je t’aime Iris, n’en doute jamais.

—    Mais ton coeur n’est pas à moi.

—    Je le regrette chérie, j’ai cru que je changerais, et sincèrement au plus profond de mon être je pensais que je guérirais !

—    Mais tu n’es pas malade, Marc.

—    Toi, tu le penses. Mais je suis hors-norme, si le bureau venait à savoir que deux de leurs inspecteurs de la criminelle sont des “folles” je te laisse imaginer l’ambiance du travail.

—    Marc, nous sommes au vingt et unième siècle, il y a des couples lesbiens dans mon équipe, elles font du super bon travail, on se fout se savoir qu’elles broutent du gazon.

—    Je t’adore mon amour, mais les femmes qui vivent en couples sont plus fortes que nous pour affirmer leur choix. Les machos leur trouvent des circonstances atténuantes.

—    Ne m’appelle plus mon amour, Marc, j’ai le cœur qui se fissure.

—    Tu resteras mon unique amour de “femme” dans ma tête. Il n’y a jamais eu que toi et il n’y aura jamais que toi.

—    Et Carole, que vient-elle faire dans ta romance ?

—    Cette pute avait rendez-vous avec un de ses amants dans un motel à la sortie de la ville. Elle a reconnu la voiture d’Alain. Elle a fait croire au gérant de l’hôtel qu’elle était attendue. Cet imbécile a cru qu’on faisait une partie à trois et lui a renseigné notre chambre. La porte n’était pas verrouillée, elle est entrée et nous a surpris au pieu. Elle a sorti son portable et nous a pris en photo. Le temps d’enfiler un jean, elle était partie.

—    Elle vous fait chanter  et combien réclame-t-elle ?

—    Elle nous échange son silence et son portable contre cinquante mille euros.

 

http://michelehardenne.unblog.fr/mes-romans-vos-commentaires/

 

 
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Comme un oiseau de nuit 19 avril, 2012

Classé dans : MOMENT DE VIE — michelehardenne @ 10:17

Comme un oiseau de nuit dans MOMENT DE VIE oiseau10

L’oiseau de nuit

 

Comme un oiseau de nuit,

Tu te caches de la foule et du bruit,

Tu fuis l’agitation du jour,

Et tu rêves de ton grand amour.

 

Les jours, pour toi, sont de pluie,

Et du ciel, tu n’en vois que le gris,

 

Le matin ne te réchauffe plus,

Alors, tu ne te lèves plus,

Tu attends du  soleil le couchant,

Pour continuer à paraître vivant.

 

Les jours, pour toi, sont gris,

Et le ciel reste chargé de pluie.

 

Tandis qu’elle danse le jour,

Tu espères tant de son amour,

Mais, elle ne te voit pas, et tu en crèves,

Alors, tu te couches avec tes rêves.

 

Comme un oiseau de nuit,

Si triste est ta mélodie.

 

M.H.(Michèle Hardenne)

 

 
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Retour vers un futur 14 avril, 2012

Classé dans : MOMENT DE VIE — michelehardenne @ 11:07

 

Retour vers un futur dans MOMENT DE VIE route_10

Retour vers un futur

Il se tenait devant la porte de l’appartement.

Le lit avait été fait, les rideaux étaient tirés, la poubelle était vidée, les sanitaires avaient été récurés et javelisés, tout y était en ordre et sentait le frais.

Il jeta un dernier regard dans cette petite pièce qu’il avait occupé pendant une semaine, puis ferma la porte.

Sa valise était plus lourde qu’à son arrivée, il la jeta sans la ménager dans le coffre de la voiture.

Le petit port de plaisance était encore endormi, et le ciel avait des reflets roses et gris.

Il préférait partir à l’aube pour éviter le trafic.

En ce dernier jour de vacances, nombreux sont ceux qui prendraient la route.

Lui, il devait s’attendre à des « bouchons », sur les mille kilomètres que sa voiture allait devoir avaler.

Il retournait vers le nord, rentrait chez lui, avec des tas d’images que son esprit avait emmagasinées et de nouveaux projets à réaliser.

Il savait qu’il allait la retrouver, mais le fait de l’avoir quitter, en l’abandonnant ces quelques jours, allait lui permettre de l’affronter différemment.

C’est elle, qui l’avait presque obligé à s’éloigner. Elle s’était tellement accaparée de sa vie, qu’elle l’étouffait, en lui ôtant jour après jours ses besoins de liberté, allant même jusqu’à le priver de rêver.

La quitter lui était impensable, mais il devait prendre ses distances avec elle.

Le temps était venu de muer de cette peau de chagrin qui le rendait terne et presque invisible dans sa vie.

Il prit la décision de partir un matin de pluie, et ce matin, le soleil l’accompagnait pour son retour.

Pendant le trajet, il souriait à l’idée que si lui en une semaine avait changé, demain ce serait à elle de prendre un nouveau départ.

L’habitude est une compagne qui avec le temps peut prendre le contrôle d’une vie, alors parfois, il est bon de s’en séparer, pour retrouver son essentiel et donner un nouveau goût à sa vie.

 

M.H.(Michèle Hardenne)

 

 
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Amnésie. 23 mars, 2012

Classé dans : MOMENT DE VIE — michelehardenne @ 11:00

Amnésie. dans MOMENT DE VIE amnasi10

Amnésie 

Eric venait de se réveiller, ses côtes étaient douloureuses et sa jambe droite semblait lui peser des tonnes.

Une femme toute vêtue de blanc, venait d’entrer dans la petite chambre, elle se dirigea vers la fenêtre, leva le store et prit une grande inspiration d’air frais.

« La journée sera splendide, le printemps est vraiment là », dit-elle en lui souriant.

Elle s’approcha d’Eric, l’aida à se redresser en lui glissant un épais oreiller dans le dos, et un autre derrière la nuque.

« J’ai une bonne nouvelle à vous annoncer, cet après-midi vous pourrez vous doucher », lui lança-t-elle, en lui servant un verre d’eau.

Eric caressait sa jambe plâtrée. Elle le démangeait de plus en plus. Il avait bien essayé de se gratter la cuisse avec une revue qu’il avait enroulée, mais l’interstice était étroit.

Il passa la main sur son crâne duveteux, en s’arrêtant sur la cicatrice qu’il avait sur le front.

Eric était arrivé, en ambulance. Plus d’un mois s’était écoulé depuis son hospitalisation.

Il lui avait fallu plusieurs jours pour se souvenir des circonstances de l’accident.

Nuit après nuit, il se voyait au volant de sa voiture, et puis, il y a eu cette moto. Il l’avait aperçue dans le rétroviseur, elle avait accéléré pour le dépasser, il y avait ce grand virage, et le camion qui venait en face.

Trois jours s’étaient passés, le chirurgien l’avait appelé par son nom. Il avait dû le trouver dans son portefeuille, où il rangeait sa carte d’identité.

Lorsqu’Eric ouvrit les yeux, il avait la tête et le torse couverts de bandage, un plâtre lui immobilisant la jambe jusqu’à la cuisse, ne laissant apparaître que le violet de ses orteils.

La prononciation de son nom, à cet instant, lui parut étrange.

Avec le temps, sa mémoire se reconstruisit, des noms, des endroits, des rires d’enfants, des goûters d’anniversaires, des vacances en bord de mer, une jolie femme qu’il embrassait tendrement, toutes ces images s’animaient à nouveau au rythme de son cœur qui battait de plus en plus fort dans sa poitrine.

Eric revenait à la vie, mais il restait bien seul.

Pendant son séjour à l’hôpital, il n’avait eu que la visite du personnel médical.

Que devenaient tous ces souvenirs, les avaient-ils rêvés ?

Dans le tiroir de la table de nuit se trouvait quelques-unes de ses affaires : une montre, une paire de lunettes, un portefeuille, et un téléphone portable.

Il consulta le répertoire qui ne contenait que quelques noms.

L’hôpital avait dû les appeler, mais personne n’était venu à son chevet.

Eric n’avait rien oublié, si ce n’est d’aimer !

 

M.H.(Michèle Hardenne)

 

 
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Derrière une vitre. 2 décembre, 2011

Classé dans : MOMENT DE VIE — michelehardenne @ 13:35

 Derrière une vitre. dans MOMENT DE VIE vitre_10

Derrière une vitre 

Elle était assise devant son écran et le regardait, dans l’attente que s’affiche le message auquel elle s’était habituée depuis deux mois.

Ce matin-là, elle s’était levée de bonne heure, avait fait un peu de rangement dans le deux pièces qu’elle occupait.

Elle ne disposait que de peu de mobilier.

Dans la première pièce, elle possédait un lit, qu’elle avait placé près de la fenêtre ; un meuble bas lui servant de table de nuit et sur lequel trainaient des livres et revues en pagaille ; un verre d’eau à moitié vide, un réveil et le téléphone. Une petite table, deux chaises en bois verni, un meuble de cuisine comprenant un évier et un plan de travail sur lequel étaient posés un micro-ondes, et un percolateur.

Un frigo et une cuisinière, ainsi qu’une penderie, complétaient l’essentiel de ce qu’elle possédait.

La deuxième pièce était une salle de bains équipée d’une douche, d’un lavabo, d’un wc et d’un placard, dans lequel elle stockait des produits de nettoyage, et quelques réserves de nourriture.

Quand elle est arrivée dans cette ville, il y a trois ans, elle avait un travail. Elle avait trouvé son logement en lisant une annonce sur un site web, il devait être provisoire, le temps d’obtenir un appartement plus confortable.

Depuis six mois, elle avait beau s’inscrire dans des agences d’aide à l’emploi, elle n’en recevait aucune nouvelle.

Les faibles allocations qu’elle percevait, ne suffisaient plus à payer le crédit de sa voiture.

Les factures en attente de paiement s’amoncelaient dans la soupière posée sur la table, elle en attendait les rappels et proposerait de payer leur montant en plusieurs fois.

« Plaie d’argent, n’est pas mortelle » lui avait écrit Louis.

Louis, elle l’avait rencontré, sur un réseau social.

C’est une collègue du bureau qui lui avait renseigné le site.

Elle s’y était inscrite et sur très peu de temps, la liste de ses « amis » était passée à quarante.

Elle restait des nuits entières à correspondre et à échanger des moments de vie, avec des personnes au nom aussi étrange que Capsule, Loupgarou, Nymphedelune, et puis un soir, elle avait lu sur l’écran de son PC, une demande « d’ajout d’ami » au nom de Louis.

En discussion instantanée, Ils partageaient dans ce monde virtuel, leur vie en direct.

Ils se souhaitaient le « bonjour », prenaient un « café », parlaient de la pluie et du beau temps, et finissaient par se souhaiter une bonne nuit, remplie de rêves doux accompagnés d’un « tendre bisou ». 

Depuis, qu’elle restait chez elle, elle avait pris l’habitude d’allumer son PC dès son lever, et tout en prenant sa première tasse de café, elle envoyait à son ami son « bonjour » matinal.

Il ne lui fallait pas plus d’une minute, pour recevoir de gentils mots en retour.

Elle tapait sur son clavier, aussi vite qu’elle aurait pu les lui dire en parlant, ces mots qui allaient ensoleillés leur journée.

Louis vivait seul, dans un autre pays, à des milliers de kilomètres d’elle.

Mais la distance, calculée en ondes, ne signifiait plus rien.

Elle était assise devant son PC, elle attendait que s’affiche l’écran, elle espérait qu’elle pourrait encore lui  écrire, une dernière fois et lui dire « au revoir ».

Il faisait si froid dans ce deux pièces, elle n’avait plus de chauffage.

Elle n’avait pas pu se faire une tasse de café, qu’elle aurait prise entre ses mains glacées et qui lui aurait apporté un peu de chaleur.

Elle plongea sa main dans la soupière et en ressortit une lettre du fournisseur d’électricité, il l’avait prévenu à plusieurs reprises, mais elle pensait qu’elle trouverait une solution et que tout allait finir par s’arranger.

Derrière une vitre, elle voyait le monde, mais ce matin, le volet s’est fermé.

M.H.   (Michèle Hardenne)

 

 
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La princesse et le chevalier. 29 octobre, 2011

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 0:05

 La princesse et le chevalier. dans CONTE passio10

La princesse et le chevalier

Mirella travaillait dans une agence de voyage, depuis une dizaine d’années.

Elle s’asseyait devant son bureau à huit heures tapantes, et fermait la porte vers dix-huit heures.

Son travail consistait à répondre à des demandes de renseignements, formulées sur le site internet de son employeur.

Elle était le contact virtuel, la personne que l’on joignait d’un « clic » et qui vous répondait en déposant dans votre boîte mail, du rêve.

Il devait être 16 heures, elle n’avait répondu qu’à trois demandes : un week-end pour un couple à Paris, un séjour d’une semaine à Agadir pour un homme à la retraite, et une réponse de renseignement relatif à une location d’un appartement sur la côte.

Il n’avait pas arrêté de pleuvoir de la journée.

L’agence était située près d’un centre commercial, et en cette veille de week-end, la rue ne désemplissait pas.

Quelques visages venaient se coller à la vitrine, mais le gong de la porte restait silencieux.

Son employeur  Henri, s’occupait d’accueillir et de conseiller les clients.

L’agence comptait également deux autres personnes : Lory, qui avait dû s’absenter pour reprendre ses enfants à l’école, et Eric qui était en mission à l’étranger.

Henri proposa à Mirella de fermer l’agence vers 17 heures.

Elle s’en réjouissait, le manque de lumière de la journée l’avait assommée, elle se sentait si fatiguée.

Elle regarda l’heure affichée à la droite de son écran et laissa s’échapper un sourire.

Henri était parti depuis une demi-heure.

Elle retira son oreillette, se passa une main dans les cheveux, rangea rapidement son stylo et son carnet dans le tiroir du bureau, se leva et enfila son imperméable.

Avant de tirer la porte, elle enclencha l’alarme.

Elle venait à peine de descendre le rideau de fer, qu’elle fut bousculée par un homme qui lui saisit son sac et fila, la laissant les genoux sur le sol mouillé.

Mirella se mit à crier, mais la rue s’était vidée. Elle se retrouva seule, sans portable et sans argent.

Elle sortit de la poche de son manteau, un trousseau de clés, et se rendit au parking du centre commercial.

Elle s’apprêtait à entrer dans sa voiture, lorsqu’une main se déposa sur son épaule.

Elle sursauta, se retourna et vit au bout du bras d’un homme, son sac.

Il l’attira à lui et l’embrassa.

« Comment l’as-tu récupéré, lui demanda- t-elle surprise ?

Eric lui fit un doux sourire.

« Je passais à l’agence pour saluer Henri et déposer des dossiers, lorsqu’ un type m’a foncé dessus. J’ai reconnu le sac que je t’ai offert. Je l’ai récupéré, et le type a filé sans demander son reste » lui répondit Eric en la serrant dans ses bras.

« Tu es mon chevalier »…

« Au service de ma princesse » finit-il par lui dire en se saisissant des clés de la voiture !

M.H. 

 

 
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Les filles de Minahytu : la légende. 20 juin, 2011

Classé dans : RECITS - EXTRAITS — michelehardenne @ 20:41

Les filles de Minahytu : la légende. dans RECITS - EXTRAITS bigban10 

Minahytu : la légende

… 

Son histoire, transmise de génération en génération, racontait que Minahytu provenait d’une contrée en aval du Nil.

Son peuple cultivait la terre.

Le sol était fertile, grâce aux nombreuses nappes aquifères qu’il contenait et aux apports de sédiments du fleuve.

Il y avait quatre saisons: quand la première saison commençait, son peuple labourait la terre, la deuxième il semait, la troisième il récoltait, la quatrième il nettoyait et préparait la terre pour la saison suivante.

Ce peuple adorait le Soleil.

Il lui  offrait une partie des récoltes lors de la première et de la quatrième saison, afin qu’il puisse faire profiter de ses bienfaits les autres parties du monde.

Pour eux, le monde continuait de l’autre côté des montagnes, des forêts.

Lorsque le Soleil se montrait moins souvent ou, lorsqu’il partageait sa lumière et sa chaleur avec les autres parties du monde, les arbres de la forêt, qui comme les gens transpiraient, séchaient moins vite.

Le Soleil n’aspirait plus d’un seul coup l’eau que contenait leur corps fibreux.

L’eau les quittait lentement et mettait plus de temps pour le rejoindre. 

Cette eau prenait la forme d’une grosse masse compacte, et avant de le nourrir, retombait sous forme de gouttelettes et retournait à la terre.

Le Soleil les faisait profiter d’un cycle, pour les quatre saisons. 

La contrée était une vallée qui bénéficiait d’une nature luxuriante, il y avait de petits lacs, de vertes pâtures, où les bêtes de somme, les chèvres et les vaches pouvaient paître.

Il y avait aussi des forêts de cèdres, de chênes, de platanes et d’arbres plus hauts encore aux feuillages plus denses et dont son peuple utilisait le bois pour construire l’habitat, pour se chauffer et fabriquer les outils agricoles.

Il y avait de vastes plaines, qu’il cultivait pour se nourrir.

Son peuple ne consommait pas de viande.

Et pendant des millénaires, ce peuple pacifiste, qui restait dans la vallée, déposait les produits de ses récoltes au  Soleil qui leur offrait un cycle, et puis un autre.

Il n’y avait pas de hiérarchie, ce peuple était uni; ils travaillaient ensemble, mangeaient ensemble, les aînés conseillaient les plus jeunes et transmettaient leur savoir, les plus jeunes les aidaient.

La jalousie, la convoitise n’existaient pas.

Ce peuple vivait en osmose avec la nature et les animaux qui prospéraient dans la vallée, chacun donnant à l’autre ses richesses.

Un jour, lors d’une troisième saison, des hommes venus de l’autre partie du monde, descendirent dans la vallée et emmenèrent tous les jeunes , abandonnant les aînés et les nouveau-nés “filles”, ne laissant qu’un bébé garçon.

Ils n’opposèrent aucune résistance.

Les hommes entraînèrent les jeunes gens en amont du Nil.

Après des jours et des nuits de marche, ils arrivèrent dans une vallée où ne régnait que la sécheresse.

Pas de forêt, pas de pâtures à l’herbe verte et grasse, pas de lacs, le sol n’était que terre poudreuse, sèche et brûlante.

Ces hommes ne bénéficiaient d’aucun cycle, ils maudissaient le “soleil Bienfaiteur”, ne lui faisaient aucune offrande, allant jusqu’à le provoquer.

Certains s’attribuèrent des pouvoirs, prétendant être les fils du Soleil .

Le Soleil fut plus généreux que jamais.

Il ne disparaissait plus, ne cédait plus sa place à la nuit et de ses rayons brûlants et destructeurs, les irradia jusqu’a les faire disparaître.

Le peuple de la vallée fut le seurl épargné, mais ne se réduisant qu’à quelques vieillards et des nouveau-nés  ne put perpétuer le cycle.

Il ne savait plus respecter les saisons : la terre n’était plus labourée, il n’y avait plus eu de semis, ni de moissons et plus d’offrandes au Soleil.

Les aînés gardaient espoir et continuaient leur enseignement des traditions dans l’art ancestral de l’agriculture, à ce peuple réduit à une dizaine de fillettes et un seul garçon. 

N’ayant plus de récolte de fruits, de légumes, de céréales, desquels une partie était offerte au soleil pendant la première et quatrième saison, le cycle fut interrompu.

La forêt tomba malade, les terres et les lacs devinrent secs.

Les jeunes filles se rendaient au fleuve, plusieurs fois par jours, pour ramener l’eau boueuse qui servait à abreuver le petit cheptel de vaches et de chèvres.

Les bêtes leur fournissaient du lait, dont elles faisaient du fromage, qui était leur seule nourriture.

Les animaux se nourrissaient des quelques herbes rares et fragiles, qui perçaient la croûte de terre aride et de vieux bois secs provenant de la forêt.

Les animaux tombèrent malades, ils mirent bas des êtres difformes et stériles.

Leur lait, devenu rare, était empoisonné.

Les anciens s’éteignirent, ce peuple était voué à son extinction.

Il ne resta plus que quatre survivants : un jeune garçon et trois jeunes filles, dont Minahytu.

Elle était la plus âgée.

Comme signe de reconnaissance en tant qu’ « aînée » responsable de son peuple, elle portait à l’annulaire droit, un anneau de métal.

Le Soleil , comme chaque matin s’apprêtait à se lever.

Minahytu, dès qu’elle aperçut ses premières lueurs, courut à travers les plaines désertifiées, traversa la forêt de bois mort et grimpa sur la plus haute montagne qui n’était plus qu’un énorme rocher.

À perte de vue, l’autre partie du monde n’était qu’une mer de sable.

Le Soleil avait faim, il avait aspiré toute trace de vie.

Elle se dressa sur le rocher, torse nu, et s’adressa à lui.

Elle voulait qu’il accepte son corps en compensation des dons que son peuple n’avait pas pu perpétuer.

Elle lui lança son anneau, gardant à son doigt une trace bleutée, pour lui montrer qu’elle renonçait à sa vie d’humaine.

Elle le suppliait de lui accorder un cycle, un seul, afin que la vie puisse revenir dans la vallée.

Une lumière blanche, aveuglante, plus forte que jamais envahit le ciel.

La jeune fille du haut du rocher était prête à s’offrir en sacrifice, elle allait sauter et se jeter dans la mer de sable, lorsqu’une boule de feu vint percuter le rocher, la projetant très loin en arrière.

Le rocher éclata, se fendit en son centre et de sa bouche, il recracha des milliers de cailloux incandescents.

Un des cailloux vint toucher le sein gauche de la jeune fille et y laissa une trace noire, un cercle parfait représentant un « Soleil ».

Il l’avait acceptée en offrande puis il disparut faisant place à la nuit.

Des morceaux de la lumière blanche tombèrent avec fracas sur le sable, épargnant la vallée.

Le sable s’enflamma, de l’eau tomba du ciel, éteignit l’incendie et la mer de sable devint un océan. 

M.H.

 

 
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Un rêve voit le jour. 26 avril, 2011

Classé dans : TOUT CE QUI EST AUTRE — michelehardenne @ 10:31

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Je l’ai fait naître de mon imagination des nuits où le sommeil ne voulait pas m’emporter avec lui, des nuits où la lune me tenait compagnie et maintenant…elle vit!

« Iris Blanche » vient de prendre corps!

Je vis un rêve éveillée et je vous le dois, à vous internautes et compagnons de la toile qui me lisez et qui m’encouragez.

Je vis un bonheur intense et je vous dis merci!

M.H.

 

 
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Extrait d’Iris Blanche: suspicion. 30 janvier, 2011

Classé dans : RECITS - EXTRAITS — michelehardenne @ 10:32

… 

Ce mercredi, Marc avait été appelé à cinq heures du matin. Une prostituée du centre-ville avait abattu son client. Il sauta du lit, passa à la salle de bains, enfila un jeans et un pull à col roulé.

        Une affaire classique, je te ramène les croissants ! Lui avait-il dit en l’embrassant sur le front.

        J’y compte bien ! Lui avait-elle répondu en remontant la couette sur sa tête.

Iris s’était levée vers la demi de six heures. De la fenêtre de la cuisine, elle regardait le jardin sous son épais manteau de neige blanche. Elle se remplit une tasse de café et se rendit dans le salon. 

De la baie vitrée, elle apercevait sa petite Toyota couverte de neige.

Les voitures qui remontaient la rue semblaient faire du surplace. 

Elle commençait son service à huit heures. Le commissariat se trouvait dans le quartier nord de la ville. Sur route dégagée, elle mettait moins d’un quart d’heure pour s’y rendre. 

Là, il allait falloir déneiger sa voiture. 

Elle allait se rendre à la salle de bains, lorsque son regard s’arrêta sur la table de la salle à manger.

        Marc, où as-tu la tête ?

Le GSM de Marc vibrait sur la petite table. Iris le prit en main, il y avait un message.

Instinctivement, elle appuya sur la touche de lecture du message : « On se voit à midi, je t’aime ».

Iris se laissa tomber sur le canapé et relut le message.

Il était anonyme, seul le numéro permettrait d’identifier le correspondant. Elle consulta le journal des appelants. Le numéro apparut six fois. Elle en consulta le détail : « Chez « Vilvaldi » à vingt heures, je t’aime ».

Le message datait d’hier, mardi.

Marc était rentré vers dix-sept heures et après s’être changé, était reparti vers dix-neuf heures trente ; un homme s’était noyé dans sa baignoire.

Il avait rejoint Iris dans son lit, vers la demi d’une heure.

Le message de lundi lui fit monter les larmes aux yeux : « J’ai adoré notre premier week-end, je t’aime ».

Marc s’était rendu chez Alain, son collègue et copain d’enfance. Il lui avait dit qu’ils iraient faire du ski de fond tant qu’il y avait encore de la poudreuse.

Iris détestait la neige, le froid.

Elle se rappelait si bien ce qu’il lui avait dit ce soir là :

        Nous aurons notre prochain week-end, juste toi et moi, au soleil. Depuis le départ de Jeanne et des enfants, Alain ne va pas bien. Pour son anniversaire, je lui ai fait la surprise, j’ai réservé une nuitée dans une petite auberge, histoire qu’on se retrouve entre hommes.

        Tu as bien fait, il n’est pas de très bonne compagnie ton copain ces temps-ci. Mercredi, il a failli me percuter dans le couloir, il ne s’est même pas excusé.

Iris lui avait préparé sa valise et y avait ajouté une bouteille de whisky qu’elle avait emballée en y mettant une petite carte à l’attention d’Alain :                                               

« La vie commence à quarante ans ! Bonne renaissance ! »

Elle essuya ses larmes du revers de la blouse de son pyjama et lança le portable de Marc de toutes ses forces sur le carrelage.

L’appareil dans une dernière agonie émit un nouveau tremblement. Iris, dans un coup de pied rageur, l’envoya finir sa vie sous le buffet. 

 

 
 

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