MICHELE HARDENNE

Je suis une rêveuse et je vous invite à visiter un jardin imaginaire où les mots sont des fleurs qui poussent dans le champ de mes lubies.

 

Le vieux 17 janvier, 2014

Classé dans : MOMENT DE VIE,POESIES, TEXTES — michelehardenne @ 9:39

Le vieux dans MOMENT DE VIE mainsa10

Le vieux

 

Il vient de se lever,

Passe à la salle de bains

Ne regarde plus son reflet

Laisse trembler ses mains.

 

Il se fait un café

Grille un peu de pain

Puis allume la télé

Comme chaque matin.

 

Il laisse passer les heures

Guettant la fenêtre

Il attend le facteur

Et peut-être une lettre.

 

Le temps ne compte plus

Il est passé midi

Il met son vieux pardessus

Et sort de chez lui.

 

Il ne reconnait pas les gens

Il ne connait que la rue

Et puis, il voit ce vieux banc

Il sait qu’il ne s’est pas perdu.

 

Il laisse passer les heures

Guettant les oiseaux

Un peu de pain et de beurre

Attirent des pigeons.

 

Le temps ne compte plus

Il reste là, assis

Les oiseaux ne reviendront plus

Il retourne chez lui.

 

M.H.(Michèle Hardenne)

17/01/2013

 

 

Le vieux banc de bois 18 décembre, 2013

Classé dans : LES 4 SAISONS — michelehardenne @ 23:50
Le vieux banc de bois dans LES 4 SAISONS dyn00610

Un vieux banc en hiver

Le vieux banc de bois

 

Son verni est devenu mat et s’est écaillé

Ses pieds se laissent chausser de feuilles mouillées

Il attend de jour comme de nuit

Que quelqu’un lui tienne à nouveau compagnie.

 

Les statues de pierre semblent le regarder

Mais elles sont muettes et restent figées

Il y a bien les pigeons qui viennent le narguer

Mais dès la tombée du soir, il les voit s’en aller.

 

Il n’aime pas l’hiver, il n’aime pas la pluie

Il pleure de voir le ciel quand il se couvre de gris

Installé au milieu d’une allée d’un jardin

Un vieux banc solitaire a son  bois chagrin.

 

M.H. (Michèle Hardenne)

19/12/2013

 

 

 

Le temps des balançoires 3 juillet, 2012

Classé dans : MOMENT DE VIE — michelehardenne @ 19:12

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Le temps des balançoires.

J’étais assise sur un banc, et tout en mangeant un sandwich, je lisais des mots tagués sur les murs d’un immeuble abandonné.

Dans un dessin réalisé à la peinture en aérosol, « confiance, espoir, liberté » se détachaient d’un ensemble de traits qui représentaient une ville futuriste.

Le vieux bâtiment était un building, de sept étages qui étaient inachevés.

Un projet de la ville qui n’avait pu aboutir, faute de moyens, sans doute !

Il devait comporter une quarantaine de logements, destinés à être occupés par une population à faible revenu.

Avant qu’il ne soit érigé, il y avait à sa place un jardin d’enfants, avec des balançoires, un bac à sable, de jolies allées avec des bancs, des chênes et des platanes.

Je m’en souviens comme si cela était hier !

Et je m’y revois gamine, me sentant libre, les nattes dans le vent, tirant sur mes bras et laissant mes pieds flotter dans le vide, regardant plus haut, toujours plus haut, voulant toucher du nez le soleil, et en toute confiance, j’avais l’espoir d’y arriver !

 

M.H. (Michèle Hardenne)  

 

 

Léon, le rat de bibliothèque 25 juin, 2012

Classé dans : CONTE — michelehardenne @ 10:47

Léon, le rat de bibliothèque dans CONTE rat10

Léon, le rat de bibliothèque

La famille s’était installée dans le bâtiment, il y a bien longtemps.

Léon se souvient de ses jeunes années, quand lui et ses frères couraient dans les rayonnages, et après avoir effrayé quelques visiteurs, se réfugiaient dans les coins les plus reculés, où la lumière avait du mal à passer.

Il aimait grimper sur les étagères les plus hautes.

Elles étaient très poussiéreuses, mais il pouvait avoir une vue d’ensemble des tables, qui à une époque étaient couvertes de livres et encyclopédies consultés par une jeunesse avide de connaissances.

A la mort de ses parents, pris au piège dans les caves, le reste de sa famille avait déménagé. Ses sœurs étaient parties pour l’opéra, ses frères vers les égouts de la ville, et ses cousins et cousines à la campagne.

Léon se plaisait dans cette bibliothèque et puis, il n’y était pas seul, il avait une amie, Mademoiselle Angèle !

Il se souvenait d’elle, alors qu’elle était une toute jeune fille.

Elle portait des lunettes avec des verres grossissants, et une fin d’après-midi, alors qu’elle remontait des livres de poésie du dix-neuvième siècle sur la plus haute des étagères,  leur regard s’était croisé.

On ignore lequel des deux fut le plus apeuré.

Elle avait failli glisser de l’échelle bancale, et lui, il s’était coincé la queue entre « Les chants de Maldoror » et « L’après-midi d’un faune ». Lautréamont et Mallarmé n’étaient pas parmi ses auteurs favoris, il avait eu beaucoup de mal à les digérer.

Léon adorait les livres, surtout ceux avec des couvertures en cuir et fines dorures.

Angèle avait bien essayé de le faire fuir, en le poursuivant avec du Maupassant et du Flaubert. Elle avait même presque réussi à l’assommer avec un roman plus volumineux de Victor Hugo.

L’agilité de Léon avait eu raison des ressources littéraires d’Angèle.

Un soir, alors qu’elle rangeait les derniers livres qui trainaient sur une table, et tout en faisant de la place dans une rangée, elle toucha une matière aussi douce que du velours.

L’étagère n’étant pas bien haute, elle monta sur un tabouret et aperçut une masse informe, inerte, toute recroquevillée.

Elle hésita à la déplacer, puis reconnut le rat qui la narguait depuis plusieurs mois.

La créature semblait en piteux état. Elle avait les yeux mi-clos et le ventre ballonné.

Angèle aperçut un Walter Scott, « Le lai du dernier ménestrel » dont le cœur avait été déchiqueté.

La bibliothécaire prit le coupable entre deux livres et le plaça sur une table de lecture.

Elle se rendit ensuite dans le rayonnage contenant les encyclopédies et traités de médecine.

Elle parcourut rapidement les quelques pages traitant de l’indigestion.

Souffrant elle-même de l’estomac, elle avait dans son sac un flacon de bicarbonate de sodium.

Léon gémissait sur la table, il se tordait de douleur.

Angèle dilua la poudre dans l’eau, prit son mouchoir, le trempa dans le verre et fit couler goutte à goutte le liquide dans la bouche du petit animal.

Leur regard se croisa à nouveau, mais il n’y avait plus de peur, juste un peu d’inquiétude dans celui d’Angèle, et de la gratitude dans celui de Léon.

Elle aménagea dans le tiroir de son bureau, un petit espace et l’y installa.

Le lendemain matin, Léon avait quitté sa couche de fortune.

En fin de journée, Angèle l’entendit chicoter. Elle avait gardé les restes de son repas de midi, et les déposa sur la plus haute des étagères, où elle savait qu’il résidait.

Léon se régala de pain de mie et de fromage.

Jour après jour, Angèle lui installait un petit plateau, contenant ce mets qu’il s’était mis à apprécier, tant et si bien qu’il s’était désintéressé des livres.

Il ne les rongeait plus. Il attendait que son amie ferme la grande porte et l’éclairage des lampes des tables, pour la rejoindre sur son bureau.

Pendant qu’elle lui faisait la lecture, Léon s’empiffrait de nourriture plus terrestre.

Pour se rapprocher d’elle, il s’installa sur les étagères des livres pour enfants. Il avait une préférence pour les contes des frères Grimm, même si le « Joueur de Flûte de Hamelin », lui avait donné des cauchemars.

A présent la bibliothèque est fermée, mais dans un petit appartement du centre-ville, un vieux rat fait la lecture à une dame âgée, dont les verres de lunettes grossissants ne sont  plus d’aucune utilité.

 

M.H.(Michèle Hardenne)

 

 

 
 

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